Auteur Sujet: Triforce Pentalogy Part V - The legend of Zelda : End of Triforce  (Lu 8575 fois)

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Je me remets tranquillement à l'écriture. Voilà enfin le dénouement de cette épopée titanesque. Vous devriez bien sûr avoir lu les quatre parties précédentes avant de lire celle-ci. C'est ma partie record, je l'ai terminée en une semaine seulement. :P Par contre elle est quand même relativement plus courte que les précédentes.

PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
PARTIE 5
La légende de Zelda, la Fin de la Triforce

1-Chez le maître des ténèbres

   Oni-Link se réveilla avec une migraine atroce. Il venait de faire un cauchemar terrible : il avait rêvé qu’il pénétrait dans la tour de Ganondorf, qu’il faisait face à ce dernier et que des moblins le projetaient avec violence dans une cellule obscure et insalubre. Ah non, c’était la réalité…

   L’humidité ajoutée à l’obscurité était oppressante et étouffante. Il balaya les environs du regard. La seule lumière qui parvenait à lui venait d’une mince rainure dans le lisse mur de pierre noir comme la suie et cette lueur était grise, froide et tamisée. Elle permettait seulement de distinguer les barreaux de fer qui entouraient la cellule et sa porte. Seul le seigneur du mal pouvait l’ouvrir, l’ayant scellée par un simple sortilège. Il n’y avait nul gardien, le maître des ténèbres croyant (avec raison) qu’il était impossible que son captif puisse s’échapper.

   Oni-Link se leva avec difficulté, triturant ses tempes, et constata dans un mélange de surprise et de joie qu’il portait toujours son épée ainsi que l’écu d’Assayli avec lui. Ganondorf était vraiment confiant. Et c’en était effrayant.

   Le jeune homme avait déjà réussi à fendre le roc grâce à son arme magique, alors pourquoi ne parviendrait-il pas à trancher de simples barres de métal ? Il tenta le coup, frappant avec toute la puissance que lui permettait l’étroitesse de sa cellule… sans succès, et en outre il faillit bien se casser le poignet. Il n’y avait même pas une minuscule rayure sur les barreaux, qui étaient sans doute protégés par un autre sortilège. Pris de vertige, le héros se rassit. À ce moment, une série de réminiscences se mit à défiler dans ses pensées : Fehan se faisant couper la main ; une tête aux yeux vitreux, en l’occurrence celle de Naec ; le visage grimaçant de malice de Ganondorf. Une rage énorme se mit à gronder en lui, tel un orage. Puis ce courroux se mua en angoisse, car il n’avait visiblement aucune chance de vaincre ce démon immortel qu’était le maître des ténèbres.

   - Ne pense pas ainsi, le fit sursauter sa sombre moitié, qui se faisait fort discrète afin de ne pas le déranger. Personne ne possède aucune faiblesse, pas même les déesses. Tu te rappelles de l’hydre ? Il était invincible, et pourtant nous avons réussi à nous en débarrasser. De plus, les défauts de Ganondorf sont flagrants : il n’est doté d’aucune compassion et est beaucoup trop confiant en lui. Il te faudra jouer le jeu et profiter des rares chances qu’il te laissera malgré lui à l’occasion. Il ne faut jamais perdre espoir. Jamais. Tu devrais pourtant le savoir, toi qui a été confronté à tellement d’obstacles. Maintenant calme-toi et garde des forces pour le duel final, qui n’a jamais été aussi imminent. Ganondorf l’a dit lui-même, il souhaite faire un combat à la loyale avec toi. Mais sache qu’il faut parfois être déloyal si nos desseins sont bons.

   Oni-Link se sentit soudain étonnamment rempli d’assurance. Un bruit de bas le tira de ses réflexions : quelqu’un s’approchait de lui. Il fut soulagé de constater que les échos sonores qui se dirigeaient en sa direction étaient légers et irréguliers et n’avaient rien de commun avec la démarche sûre et fière du maître des ténèbres. Il s’agissait en fait d’un moblin tenant un plateau, que la créature glissa sous la porte. Avant de revenir sur ses pas, le monstre couina d’un ton grossier :

   - Maître donner toi traitement de faveur. Nous seulement droit parties moins gouteuses. Pâté de moblin, miam !

   Le héros eut seulement un haut-le-cœur à la vue de la purée immonde qui emplissait l’assiette qui lui était destinée et le commentaire du moblin ne faisait que l’horrifier encore davantage. Il ignorait jusqu’alors que cette race pratiquait le cannibalisme de manière courante.

   - Je ne mangerai pas cela, même sous la torture, déclara Oni-Link, dégoûté.

   - Tu le dois pourtant, sinon tu n’auras aucune force. Tu es déjà harassé par ton dernier combat.

   Oni-Link ferma les yeux. Sauver Hyrule lui semblait plus facile que de manger cette affreuse chose. Il prit néanmoins une profonde respiration et avala tout rond le contenu entier de son assiette. Un arrière-goût bileux et une odeur de putréfaction persistèrent. Il tomba endormi avec répugnance et rêva qu’il mangeait des dizaines de pâtés de moblins.

   Il se réveilla dans un état tout aussi nauséeux. Peu de temps après, il constata qu’un individu le fixait de l’autre côté des barreaux. Cette personne avait une chevelure écarlate et une cape sombre qui lui disaient vaguement quelque chose. Sa vision ne le trompait pas, car il s’agissait en effet de Ganondorf. Celui-ci dit d’une voix rauque :

   - Que dirais-tu d’une petite visite de mon magnifique antre ?

   Oni-Link voulut répliquer, mais Link Noir s’interposa dans son esprit et lui conseilla d’accepter, puisqu’il s’agissait d’une occasion inespérée. Par conséquent, le héros acquiesça.

   - Bien, fit Ganondorf, qui s’approcha et ouvrir la porte de sa cellule dans un grincement. Suis-moi.

   Le jeune homme obtempéra. Pendant que tous deux marchaient, le prince de l’obscurité commenta :

   - Tu as beaucoup changé depuis notre dernière visite. Notre éventuel combat sera sûrement plus intéressant que l’ancien.

   - Vas-y, attaque le pendant qu’il parle, lui conseilla sa sombre moitié.

   - Comment il s’appelle, ton copain que te parle tout le temps ? demanda le maître des ténèbres.

   Oni-Link sentit pour une énième fois le désespoir l’envahir. Son ennemi semblait à la fois omniscient et omnipotent, ce qui était absolument terrifiant.

   Le duo singulier, qui venait de parcourir un long corridor aussi ténébreux que le reste, se mit à gravir un escalier en colimaçon.

   - Nous arrivons bientôt à la limite des cachots souterrains. Je t’emmène maintenant vers mon armée. Tu verras comment ta ridicule Union d’Hyrule n’avait dès le début aucune chance.

   Ils débouchèrent sur une vaste pièce circulaire, dont le plafond était invisible car il était tellement élevé qu’il se perdait dans la pénombre ambiante. Le panorama était sidérant : une panoplie de moblins s’affairaient un peu partout autour de créatures diverses, qui étaient enfermées dans des cages s’empilant jusqu’à perte de vue. Il devait bien y avoir trente mille bêtes.

   - Joli, n’est-ce pas ? commenta Ganondorf. Les monstres que vous avez combattus pour l’instant n’étaient qu’un amuse-gueule. J’ai fini par me lasser, et je viens de servir le dîner. À l’instant où on se parle, tes amis sont déjà tous morts. Comme l’autre minable qui était avec toi. Tu l’aimais bien, hein ? C’est triste. Je crois que vais pleurer.

   Pris d’un élan de fureur, Oni-Link extirpa Excalibur des Fées et la planta dans le corps du maître des ténèbres qui lui faisait dos et scrutait les alentours… ou du moins il essaya, car sa lama rencontra un obstacle invisible avant même qu’il puisse le toucher qui la fit ricocher et tomber au sol dans un strident cliquetis.

   - Bien essayé, ricane le seigneur du mal, qui attira l’arme vers lui par télékinésie avant que le héros n’ait pu la récupérer.

   - Redonne-moi ça immédiatement ! explosa Oni-Link.

   L’ignorant, Ganondorf mania quelques instants l’épée et la soupesant, déclara :

   - Joli petit joujou. Malheureusement, elle ne fera pas le poids contre la mienne.

   Il soupira.

   - Bon, assez joué.

   Ils retournèrent lentement vers les cachots. Soumis, Oni-Link entra par lui-même dans sa cellule.

   - Je t’appellerai quand j’aurai envie de me battre. Je te souhaite de passer une mauvaise nuit et de faire d’horribles cauchemars.


2-Immolation pour Eluld

   Les minotaures foncèrent tête baissée et cornes devant vers le singulier rassemblement d’animaux qui leur faisait face. La collision fut extrêmement brutale et nombre de bêtes furent projetées plusieurs pieds dans les airs, et les autres furent pour la plupart piétinés. Le commandant des Onoadiens s’écria :

   - Replions-nous ! Tout le monde vers le Feu Éternel, même les civils ! Car là repose notre dernier salut !

   Les quelques hommes-animaux qui possédaient la capacité de se transformer en perroquets firent rapidement le tour de la ville et répandirent le message. Les quelques centaines de villageois ayant survécu sur la dizaine de milliers de gens qui constituaient auparavant la cité se dirigèrent en grande hâte vers la plaine, la plupart sous leur forme bestiale, tandis qu’une fumée épaisse s’élevait des habitations. Les minotaures donnaient leur coup fatal et leur sac portait enfin fruit après tous leurs efforts pour conquérir Onoa.

   Bientôt, tout les Onoadins furent ressemblés autour de l’immense brasier. Plusieurs minotaures les avaient suivis et étaient dangereusement près. Le commandant des hommes-animaux dit d’une voix suffisamment puissante pour couvrir le crépitement assourdissant des flammes :

   - Faisons comme ces quatre individus que nous avons aperçus il y a de cela longtemps et sacrifions-nous pour notre divinité. Nous avons tout fait pour défendre notre cité, mais nous avons malencontreusement perdu. Rejoignons nos frères et sœurs tombés au combat aux côtés d’Eluld.

   Alors que les minotaures parvenaient à eux, tous les Onoadiens se jetèrent de plein gré dans le feu, qui les entoura.


3-Combat final

   - À partir de maintenant, il faut cesser de se communiquer des informations importantes, déclara Link Noir à l’intention de son alter ego. Sinon, Ganondorf saura nos plans. Rappelle-toi de tout ce que nous avons imaginé comme tactique.

   Oni-Link avait rapidement repris des forces. Cette journée-là, il se sentait en pleine forme, malgré son environnement accablant. Il s’était malgré lui accommodé au goût du moblin, qu’il avait pensé faire légèrement griller avant d’ingérer, ce qui s’était révélé une excellent idée. Il dormait à même le sol dur, froid et crasseux, mais il avait visité tellement d’endroits hostiles que cela ne lui causait pas réellement problème.

   Ganondorf vint le visiter durant la matinée. Il lui dit :
   
   - L’amitié et l’amour, quel sentiments inutiles… la régime par la terreur est la solution, je t’assure. Tout le monde vivra en paix, sauf les gens qui s’opposeront à moi. N’es-tu pas d’accord avec moi, gamin ?

   Le maître des ténèbres aimait bien appeler son ennemi « gamin », peut-être afin de se donner un air supérieur. Ignorant l’air arrogant de son interlocuteur, Oni-Link répliqua :

   - L’amitié et l’amour, c’est ce qui fait ma force. C’est la raison pour laquelle je te vaincrai.

   Le seigneur du mal éclata d’un rire grave et méchant.

   - Très drôle, vraiment. Tu penses que tu vas me vaincre ? Alors suis-moi, nous allons nous battre. J’ai envie de me dégourdir les bras un peu et j’attends ce moment depuis si longtemps. Oui, si longtemps…

   Oni-Link déglutit, mais il reprit rapidement contenance et décocha un regard agressif au prince de l’obscurité. Ce dernier ouvrit la porte de sa cellule et le convia à le suivre dans un dédale d’escaliers et de couloirs. Ils montèrent longtemps et Ganondorf en profita pour monologuer :

   - Tu savais que je possède la Triforce au complet ? En effet, je suis le maître de la Triforce. Le triangle sacré aurait dû se diviser en trois puisque mon cœur était mauvais, mais j’ai trouvé un moyen de contourner cette règle. Maintenant, mon pouvoir est supérieur à celui des déesses. Oui, je suis un dieu. Sinon, tu as aimé les polymorphes ? et l’hydre ? J’ai été surpris que tu réussisses à te débarrasser de ce dernier, mais bon il faut avouer que tu ne t’es contenté que de l’enfermer au lieu de l’abattre… Tiens, voilà, nous arrivons au sommet de la tour.

   Ils montèrent la dernière marche et une trappe se referma derrière eux dans un puissant claquement. Le ciel était rouge et parsemé de nuages noirs et déchiquetés. Un vent aigre gémissait et le tonnerre grondait au loin. En contrebas, on pouvait apercevoir le faîte des montagnes qui perçaient les nuages.

   Ganondorf avança de quelques pas, mais Oni-Link demeura immobile. Il dégaina lentement Excalibur des Fées et attrapa l’écu d’Assayli de l’autre main. Le maître des ténèbres se retourna et, souriant, fit apparaître une immense épée, qui faisait deux fois la taille de celle du héros, bien que celle-là se tînt à deux mains au lieu d’une. La lame était rouge et dentelée, et un halo violet en émanait.

   - Je vais te laisse des chances au début, sinon ce sera moins amusant, dit le prince de l’obscurité.

   Un éclair fendit les cieux, comme pour annoncer le début du duel, ou alors sonner le glas pour Oni-Link.

   Les deux adversaires restèrent un long moment sans bouger. C’est le jeune homme qui fit le premier geste : il fit un pas en avant.

   Ganondorf exécuta un grand arc de cercle flamboyant de son épée.

   Oni-Link voulut bloquer le coup mais celui-ci était tellement puissant qu’il fut expulsé loin derrière. Tous les os de son corps craquèrent quand il atterrit sur la pierre.

   - C’est tout ce dont tu es capable ? rigola le maître des ténèbres.

   Le héros essuya le sang qui se mettait à perler de sa lèvre inférieure, récupéra son épée qui se trouvait à son côté et se releva. Ses longues semaines d’entraînement ne devaient pas être vaines. Déterminé, il fonça vers le seigneur du mal et effectua une série de feintes avant d’essayer d’atteindre son flanc droit ; sa cible lui fit échapper son épée d’un simple mouvement de sa cape. Ganondorf rit. Oni-Link, ne se laissant pas impressionner, reprit une nouvelle fois son épée et visa tête, torse et jambe ; le prince de l’obscurité para de sa large lame. Le jeune homme était déjà essoufflé. Cette fois-ci, il visa la jugulaire d’un coup d’estoc : à sa grande surprise, il réussit à percer le garde de son opposant ; or il rencontra, comme cela avait été le cas précédemment, une sorte de champ d’énergie qui fit dévier sa lame. Le seigneur du mal ne lui laisse nul repos et passa à son tour à l’attaque, faisant pleuvoir sur lui des coups mêlant rapidité, puissance et précision. Oni-Link ne put que reculer pour éviter certaines attaques, jusqu’à ce qu’il atteigne le bord de la tour.

   Puis il tomba. Fermant les yeux, il entendit un rire tonitruant.


4-Lueur d’espoir

   Après s’être empiffré de pommes dorées, Mido en avait pris quelques-unes avec lui et était revenu dans les Bois Perdus, cherchant le chemin de retour. Étrangement, dès qu’il commença à se perdre, il déboucha au Village Kokiri. La nuit étant tombé depuis longtemps, tout le monde dormait encore. Le Kokiri se hâta vers l’endroit où reposait le Bourgeon Mojo. Il jeta un fruit dans la bouche de ce dernier. Alors le végétal lui dit :

   - En fait, ce fruit n’est doté d’aucun réel pouvoir. Le vrai fruit doré, c’est ton courage, ton amour.

   À cet instant se produisit quelque chose d’extraordinaire : le Bourgeon Mojo se mit à croître dangereusement vite, jusqu’à atteindre la taille de l’ancien Arbre Mojo. Plus spectaculaire encore, l’Arbre Mojo se déracina et, lentement mais sûrement, traversa la forêt lentement mais sûrement en direction du champ de bataille. Mido était bouche bée.

***
   
   Le cri de Sisma s’était répercuté jusqu’à Eznecla et Calatia. Eznecla étant au prise avec les centaures, ils ne pouvaient guère envoyer d’autres soldats. Néanmoins, à Calatia, le stupide roi Hector était décédé – à la grande joie d’une bonne partie de la population) – et le nouveau souverain, ayant appris la venue d’Oni-Link et de sa troupe il y avait un certain temps et le danger qui mettait en péril son propre royaume, avait décidé d’agir quand le hurlement avait secoué la cité. C’est ainsi que près de deux mille guerriers armées jusqu’aux dents, avec des harnois marqués du blason calatien, en l’occurrence une crois blanche surmontée de deux étoiles, se mirent en route vers Hyrule.

***

   Les Onoadiens apparurent devant une colossale porte au cœur d’une sombre clairière aux arbres minuscules comparés à ceux qui poussaient dans leur monde. Le commandant déclara :

   - Nous voilà maintenant arrivés au royaume d’Eluld. C’est drôle, je me l’imaginais beaucoup plus enflammé que cela.

   À cet instant parvint aux oreilles des hommes animaux la rumeur lointaine d’une bataille.

   - La guerre se ferait-elle-même chez les divinités ? soupira le chef des hommes-animaux, découragés. Si c’est le cas, nous devons prêter main forte au camp prônant le bien. Car telle est la volonté d’Eluld.


5-Retour à Eluryh

   Oni-Link tomba longtemps. Quand le sol se mit à approcher dangereusement vite de lui, il usa de sa magie sur le vent pour amortir légèrement le choc ; mais l’atterrissage fut tout de même très brutal. Reprenant ses esprits, il leva les yeux : sous le ciel zébré d’éclairs, Ganondorf sautait à sa suite, et sa cape volait au-dessus de lui. Le maître des ténèbres atterrit aussi légèrement qu’un écureuil sautant de branche en branche. Le héros se mit à courir, zigzaguant afin d’éviter les boules d’énergie que lui jetait son adversaire ; il aurait pu utiliser son bouclier pour les parer, mais cela l’aurait ralenti. Ces globes lumineux étaient apparemment mortels, puisque quand ils atteignaient un des innombrables monstres qui sortaient constamment de la tour noire, ce dernier s’écroulait. Quand ils entraient en contact avec un mur de pierre, ils passaient au travers en les démolissant comme s’ils étaient faits de paille.

   Tout en courant entre les créatures qui ne se souciaient pas de lui, sachant que leur maître s’en occupait, le jeune homme sortit son ocarina et joua quelques notes, celles-là qu’Epona appréciait tant. Sa monture le rejoignit là où il y avait jadis le pont-levis, et c’est à ce moment qu’il constata l’ampleur des dégâts que lui avait causés l’élémental de feu : son flanc gauche était totalement calciné, laissant entrevoir entre des plaques charbonneuses de la chair sanguinolente, et les poils autour étaient roussis. Essayant de lui faire le moins mal possible, Oni-Link sauta sur son dos et ils partirent au galop. Derrière lui, Ganondorf montait son propre destrier à la crinière de feu et au pelage de suie : Ybiv. Le héros, chevauchant vers les Bois Perdus, ressentit l’espoir jaillir en lui en constatant que des milliers d’hommes et de femmes maniant des armes de toutes sortes s’attaquaient aux monstres. Le maître des ténèbres lui avait donc menti en lui disant que l’Union avait été terrassée. Ce n’était pas surprenant…

   Évitant le plus possible le champ de bataille, Oni-Link fut rattrapé par son adversaire avant d’avoir pu atteindre son adjectif. Il fit brusquement tourner Epona et fils face au maître des ténèbres. Le tonnerre grondait, les éclairs fusaient et maintenant la pluie tombait. La monture du héros se cabra avant de foncer vers celle du seigneur du mal. L’arme de ce dernier ayant une plus longue portée que la sienne, il ne put qu’éviter la lame qui faillit bien lui trancher la gorge sans lui-même attaquer. La jument s’arrêta, fit volte-face et revint à l’assaut.

   Oni-Link fit alors une manœuvre très risquée : montant debout sur le dos d’Epona, il exécuta un salto arrière et atterrit derrière Ybiv, qu’il transperça de son épée. Poussant un hennissement suraigu, le cheval perdit pied et tomba à la renverse, inerte. Sa crinière s’éteignit comme la flamme d’une bougie lorsqu’un souffle dessus. Ganondorf, ayant perdu son sourire narquois, atterrit lentement debout à son côté. Ne perdant pas une seconde, le héros fonça vers le grand tronc d’arbre vite qui menait au Village Kokiri. Il allait bientôt mettre son plan à exécution.

   Dès qu’il fut arrivé au village, il grimpa vers les Bois Perdus, talonné de près par le maître des ténèbres. Guidé par son instinct, il emprunta un chemin précis jusqu’à ce qu’il atteigne la clairière où reposait le portail vers le Monde la Triforce, Eluryh. Le seigneur du mal ignorait plusieurs choses, et il fallait utiliser cela contre lui. Il pensait qu’il ne faisait que fuir au hasard.

   Gravissant quatre par quatre les marches, Oni-Link bondit dans le tourbillon coloré et disparut. Décontenancé et aveuglé par la colère, Ganondorf le suivit.

   Il neigeait toujours à Eluryh. Mais c’était bien la dernière chose dont le héros se souciait. Frodnonga, un sourire étiré sur ses lèvres, l’attendait. En l’apercevant, le gerudo accoutré de blanc s’exclama :

   - Te voilà enfin ! J’avais deviné ton plan. Maintenant, retourne sur tes pas et reviens dans ton monde avec ma sombre moitié ; ainsi, je pourrai intégrer son corps.

   Au même moment émergea Ganondorf, déboussolé, sans qu’Oni-Link ne le remarquât. Le maître des ténèbres bondit sur le héros, qui ne put éviter le coup… mais la lame s’arrêta à un centimètre de sa peau.

   - Mais… que… c’est impossible, bafouilla le seigneur du mal, ahuri.

   Frodnonga prit la parole :

   - Ici, c’est moi le maître.

   La tête que fit à cet instant sa partie négative valait tout les rubis du monde.

   - Mais… c’est… c’est… moi !!!

   - En effet, je suis toi, nous sommes nous. Malheureusement, Link, tu ne pourras pas venir à bout de moi ici. Moi qui suis d’une compassion infinie, cela va être la plus difficile des épreuves que je vivrai. Allons, partons !

   Un flash lumineux les aveugla tous un instant, et Ganondorf et Oni-Link apparurent au même endroit où ils étaient disparus quelques instants plus tôt.


6-Ultime confrontation

   Profitant de la stupéfaction passagère du maître des ténèbres, Oni-Link déguerpit vers le Bosquet Sacré. Pour l’instant, son plan fonctionnait à merveille. Lui qui, peu de temps avant, avait perdu tout espoir, pensait maintenant avoir des chances de vaincre le seigneur du mal et faire enfin revenir la paix dans le royaume.

   En arrivant au Bosquet, quelle ne fut pas sa surprise en constatant que la Porte de la Triforce s’y dressait de nouveau ! Il ne put toutefois pas l’admirer bien longtemps parce qu’il guettait l’arrivée de Ganondorf. Ce dernier ne tarda pas d’arriver ; contrairement à Oni-Link qui s’était foncièrement métamorphosé à la suite de sa fusion avec sa sombre moitié, il n’avait pas changé du tout. Le maître du mal esquissa un rictus.

   - Tu croyais m’avoir ainsi, gamin ? Sache que j’ai facilement pris le dessus sur mon alter ego. Ce n’est qu’un couard. Il n’a aucun effet sur moi.

   « C’est ce que tu crois, » pensa le héros.

   Il fallait maintenant voir si le passage à Eluryh avait porté fruit. Le jeune homme attrapa Excalibur des Fées et exécuta un moulinet du poignet en visant le haut du corps de son adversaire, qui esquiva aisément avant de contre-attaquer. Oni-Link se baissa, sentant l’air siffler près de son oreille, puis riposta violemment. Or, à un moment donné, il perdit pied sur les feuilles humides qui tapissaient le sol et Ganondorf en profita pour le labourer à son tour de coups. Sous la force des chocs, le héros finit par lâcher prise sur son épée et, voyant la lame rouge et noire fondre vers lui, la frappa d’un coup de poing qui résonna dans tout son bras et l’arme fendit la chair de ce dernier. Le liquide vermeil se mit à s’échapper abondamment de sa longue estafilade. Il ignora sa blessure, bien que la douleur se fît insupportable, et se concentra plutôt à récupérer Excalibur des Fées et se remettre sur pied. Il eut alors une idée, qu’il mit immédiatement à exécution. Il attaqua sans relâche le maître des ténèbres jusqu’à ce dernier ne puisse plus reculer, adossé à un arbre. Oni-Link estoqua alors… et manqua une énième fois son coup en rencontrant un obstacle invisible. Ganondorf éclata de son habituel rire sardonique.

   - Tu vois bien que ça n’a pas marché…

   Le désespoir gagna le héros. Le passage dans le Monde de la Triforce avait représenté son unique chance de salut, pensant que cela détruirait la barrière magique qui entourait le seigneur du mal. Il s’était visiblement trompé. Il allait mourir, comme cela lui était destiné. Il songea alors à Zelda, à A’guì, et à toute l’Union et les soldats d’Eznecla qui avaient combattu à ses côtés en croyant qu’il parviendrait à vaincre le prince de l’obscurité. Il pensa également à tous ses discours passionnés qu’il avait prononcés :        « Écoutez-moi tous ! Vous savez tous pourquoi nous sommes ici ! Nous voulons annihiler tout mal dans ce royaume. Songez à vos amis, à vos familles ! C’est grâce à ces pensées, à l’amour, que nous vaincrons ces créatures ténébreuses, peu importe leur nombre. Que les déesses soient avec nous ! » Se pouvait-il qu’il ait commis une erreur en pensant ainsi ?

   - Les flèches de lumière et d’ombre ! s’exclama soudain Link Noir.

   - Les quoi ? grommela le maître des ténèbres, qui avait intercepté leurs pensées.

   Sans lui laisser le temps de réagir, Oni-Link prit son arc et, après avoir attrapé une flèche de lumière dans son carquois, la décocha en visant l’espace entre les yeux de Ganondorf, qui plaça sa large lame devant son visage. Le projectile se brisa en deux comme une brindille. Le jeune homme tira de nouveau en sa direction, puis fit tomber une pluie de flèches de lumière vers lui à une vitesse fulgurante. Ne pouvant toutes les éviter, l’une d’elle finit par se planter dans son épaule. Sans rencontrer aucun obstacle. Les yeux du maître des ténèbres s’agrandirent. « Il me semblait pourtant m’être entouré de toutes les protections possibles, » songea-t-il, avant d’extirper le trait de son corps comme si cela avait été un dard d’abeille. Au même moment, une flèche d’ombre l’atteignit presque au même endroit. Il l’ôta de la même façon.

   - Tu vois bien que cela ne fait aucun mal ! lança Ganondorf.

   - Ça, c’est ce que tu crois.

   Oni-Link remis son arc en bandoulière et reprit son épée, la faisant tournoyer autour de lui. Son autre bras le faisait terriblement souffrir d’une douleur lancinante, mais il aurait bien pu avoir un membre en moins qu’il ne s’en soucierait pas.

   Le maître des ténèbres recommença à le bombarder de temps en temps d’énormes orbes lumineuses chargées d’énergie mortelle, qu’il évitait souvent de justesse. L’une d’elle frappe de plein fouet la Porte de la Triforce, qui fut fortement ébranlée sans pour autant s’effondrer, puisque sa largeur inouïe la rendait extrêmement solide. Les autres globes venaient se perdre dans les arbres élancés, qui s’enflammaient immédiatement. Après une série de feintes, le héros réussit à érafler très légèrement la jambe gauche du maître des ténèbres. Cela fonctionnait !

   Le seigneur du mal était peut-être un très puissant sorcier, mais Oni-Link était un excellent escrimeur et la taille de l’épée de son adversaire, bien qu’elle soit extrêmement puissante, la rendait un peu plus lente que la sienne.

   C’est ainsi qu’Oni-Link, dans un ultime coup, planta son épée dans le ventre de Ganondorf, qui poussa un gémissement rauque.


« Modifié: 09 juin 2013 à 03:28 par Supersigo »

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Le dénouement approche. C'est presque émouvant pour moi, puisque ça fait des années et des milliers d'heures que j'écris cette histoire. :( Ce qui est encore plus triste, c'est qu'il n'y a aucun commentaire. xD

Ah et puis ne lisez pas la dernière phrase du septième chapitre. :D

7-La prophétie de Hulma

   « Quand celui-ci qui tentera de détruire la Porte viendra, il sera tué devant celle-ci lorsque le soleil disparaîtra… »

   L’astre de Din venait tout juste de franchir la ligne verte formée par le feuillage touffu des arbres séculaires encerclant la clairière et celle-ci s’obscurcit subitement. Le cratère que la boule magique que Ganondorf avait formé dans la Porte de la Triforce fumait. Ce dernier, une lame traversant son abdomen de bord en bord, était immobile, tout comme Oni-Link.

   Un long moment passa ainsi, jusqu’à ce le maître des ténèbres arborât son habituel abominable sourire et retirât l’épée de son ventre sans aucune trace visible de sang, pas même sur la lame, avant de casser l’arme en deux comme s’il s’agissait d’une simple brindille. Il n’avait pas bronché. Le héros frissonna d’effroi.

   Cette fois-ci, le maître des ténèbres, au lieu de lui jeter une boule d’énergie, tendit le bras et un éclair en jaillit. Le jeune homme eut à peine le temps d’attraper l’écu d’Assayli et se réfugier derrière qu’il encaissait le choc. Ganondorf haussa un sourcil.

   - C’est étrange, cette attaque est sensée tuer même les divinités – comme mes sphères d’énergie d’ailleurs. Allez, passe-moi ce bouclier, sale gamin.

   - Aucune problème ! s’exclama Oni-Link en le lui jetant dans les mains.

   Le seigneur du mal effleura seulement l’écu d’Assayli et tout son corps fut parcourut d’un spasme soudain, qui le fit s’écrouler au sol, quoiqu’il ne tarda pas à se relever. Le héros récupéra l’objet légendaire et en profita pour attraper le morceau inférieur d’Exalibur des Fées qui, même si sa taille était réduite de moitié, était toujours utilisable, bien que moins efficace. De toute manière, Ganondorf semblait immortel… il fallait faire durer le combat le plus longtemps possible au cas où il se produise un miracle. Après tout, il était évident que le jeune homme perdrait ce duel.

   - C’est impossible ! grommela le prince de l’obscurité. Mais bon, ce n’est pas avec ce petit joujou que tu me battras. Tu as bien vu que personne ne peux me tuer.

   Il baissa son épée et le halo violet qui entourait sa large lame forma un vortex qui se dirigea vers Oni-Link qui, au lieu d’utiliser son écu magique, préféra se jeter face contre terre pour esquiver l’attaque. Il eut alors une idée. Se redressant, il leva la paume de sa main vers le ciel d’encre et nuage de la même teinte que la voûte en émergea, emplissant la clairière telle une fumée opaque.

   - Je ne savais pas que tu connaissais la magie noire. Si je ne tenais pas tellement à t’occire, je te nommerais capitaine de mon armée. Mais il est inutile de te cacher, gamin ! Au contraire, je te vois or tu ne me vois pas. Je sais que tu as peur, mais inutile de te cacher.

   Une lame fendit l’air invisible. Oni-Link baissa le bras pour parer d’Excalibur des Fées, mais il fut trop lent et il sentit sa jambe se faire profondément entailler, ajouter de la douleur à la souffrance déjà insupportable de son bras meurtri toujours ruisselant de sang. Le nuage d’ombre finit par se disperser, révélant un spectacle affreux au héros qui préférer porter son attention vers son adversaire plutôt que vers sa jambe.

   De sa lame brisée, il dévia un estoc et parvint à sa grande surprise à trancher la tête de Ganondorf, qui rebondit dans un horrible écho sourd. Mais ce n’était pas le pire, car cette même tête disparut et réapparut sur le maître du mal, qui se craqua le cou avant d’éclater d’un rire digne des plus grands démons. Oni-Link sentit un froid frisson parcourir son échine. Son destin ne lui était alors jamais paru aussi tracé d’avancé. Mais comment le battre ? Comment ?

   - Le feu, murmura Link Noir, avant de s’écrier : OUI, LE FEU !

   Sa bonne partie l’interrogea mentalement. Sa sombre moitié répondit :

   - Mon feu t’aidera quand le moment viendra ; et quand le moment viendra, tu comprendras.

   - Tu es... je suis un génie !

   - Un feu ? demanda Ganondorf en ricanant. Tu es drôle ! Tu penses vraiment me faire mal avec un FEU ? HA ! HA ! HA !

   Son sourire se transforma brusquement en une expression d’horreur et de douleur figée extrême lorsqu’Oni-Link lui jeta le feu de Din. Des flammes écarlates, géantes, jaillissaient du corps du héros sans interruption et brûlaient la chair de Ganondorf qui, affalé au sol, souffrait tellement qu’il n’en bougeait plus, le visage seulement tordu d’une manière désincarnée.

   Le jeune homme ne se contrôlait plus, toute son énergie se consumant, toutes ses pensées portées vers cet homme, non, ce démon qui lui avait tant fait de mal, qui leur avait tant fait de mal, dans sa folie sanguinaire ; ainsi se dressait le Héros du Temps au cœur d’un maëlstrom infernal dans le Bosquet Sacré devant la Porte de la Triforce sous le regard des déesses, de sa mère, bravant son destin qui l’attendait depuis si longtemps, cette revanche qui avait tant tardé.

   Puis la flamme s’éteignit, comme une bougie ayant trop brûlé. Ganondorf se désintégra. Oni-Link, quant à lui, tomba inerte. Il s’était sacrifié pour son peuple, pour ses amis, pour Zelda, pour Hyrule.

   Il était mort.


8-La dernière bataille

   Éreintés, les derniers membres de l’Union d’Hyrule se battaient, même s’ils savaient pertinemment qu’ils allaient mourir dans un avenir très rapproché. Au moins, ils allaient rejoindre nombre d’amis et de membres de leur famille qui les attendaient dans l’Outre Monde.

   Les cheveux en bataille – il était bien rare qu’il en soit ainsi –, Zelda décochait toujours des flèches vers ses ennemis, un peu à l’écart des autres. Elle s’occupait majoritairement des monstres volants puisque ces derniers étaient inaccessibles pour les combattants de corps à corps à moins que les bêtes dotées d’ailes n’assaillissent les Hyruliens et les Ezneclais. Ce faisant, elle ne vit pas arriver un projectile filant à toute vitesse tout droit vers son cœur. Elle était persuadée de mourir quand, une fraction de seconde avant l’impact, une étrange forme obscure émergea du sol et encaissa la flèche à sa place. C’est ainsi que Yujan connut la mort. La princesse ignorait qui lui avait ainsi sauvé la vie et elle n’avait pas le temps de le vérifier ; par conséquent, elle se contenta de murmurer :

   - Merci…

   Quand une créature était abattue, dix autres la remplaçaient. Fehan crut préférable de faire reculer tranquillement ses troupes afin de pouvoir compenser l’infériorité numérique. Ce n’était que reporter à un peu plus tard leur mort.

   Se produisit alors un miracle. Émergeant des Bois Perdus, d’innombrables animaux de toutes sortes, rapaces, canidés, félins et même rongeurs se jetèrent sur tout ce qui se trouvait à leur portée. De leurs griffes, de leurs serres, de leurs crocs, les Onoadiens arrachaient des membres aux viles créatures du seigneur du mal. Il y avait une telle quantité de bêtes que bientôt, presque tout ce qui sortait de la citadelle disparaissait bientôt en fumée.

   Ce ne fut rien comparativement à la surprise qu’éprouvèrent les membres de l’Union d’Hyrule à la vue des milliers de guerriers calatiens avec leur armure scintillante qui arrivèrent d’on ne sait où. Ils déferlèrent tel un tsunami sur leurs ennemis, qui mordirent davantage la poussière.

   Afin d’ajouter la cerise sur le gâteau, rendant pantois même les plus stoïques guerriers, l’Arbre Mojo se joignit à la mêlée, se mouvant étonnamment grâce à ses très longues racines encore couvertes d’une terre brune. Le végétal géant écrasait sans pitié tout ce qui essayait de pénétrer son écorce indestructible. À lui seul, le gardien de la forêt trucida plusieurs centaines de monstres.

   À un moment donné, un bruit précipité de sabots résonna jusque dans le champ de bataille. Cet écho régulier et sonore se doubla et le Héros du Temps ainsi que le Seigneur du Malin en personnes apparurent au travers des créatures malfaisantes qui s’écartaient sur leur chemin. Quelques rares personnes purent assister à la scène légendaire de la confrontation équestre du Bien contre le Mal, scène dont on parla encore plusieurs âges plus tard ; toutefois, la majorité des guerriers portaient la plus grande partie de leur attention sur leur propre combat.

   Cette bataille resta dans les annales d’Hyrule à tout jamais car jamais plus on ne revit une telle guerre. Bientôt, des guerriers parvinrent même à entrer dans la citadelle, décapitant leurs ennemis à leur sortie même de la tour sombre. L’Arbre Mojo, quant à lui, malgré son grand courage, connut une fin tragique lorsqu’un feu s’alluma dans ses feuilles avant de se répandre dans tout son bois. Le titan sylvestre finit par s’écrouler dans la terre noire et crevassée ; effectivement, nulle herbe ne substituait sur ce sol piétiné constamment, hormis quelque rare brin de gazon jaune et sec.

   Contre toute attente, la force du maître des ténèbres avait été encore sous-estimée, et ses monstres arrivèrent en telle quantité et en telle force que le ciel s’obscurcit car empli de bestioles noires, et au sol, on eût cru assister à un assaut de fourmis légionnaires. Après à peine une heure de lutte effrénée, c’est avec effarement qu’on se rendit compte que les créatures du mal reprenaient le dessus. Plusieurs personnes avaient été anéanties par le décès de l’Arbre Mojo, se disant que si une telle puissance avait péri, eux-mêmes n’avaient plus aucune chance.

   Il ne restait maintenant plus que moins d’une centaine de guerriers prônant le bien, hommes et bêtes, et encore au moins dix mille monstres subsistaient. Maintenant, plus personne ne viendrait à leur secours. Chaque combattant n’avait même pas le temps de réagir qu’il trépassait. Les cadavres s’empilaient sur une hauteur effrayante et il devint vite impossible de ne plus marche sur l’un d’eux. Heureusement que les créatures du mal, elles, disparaissaient immédiatement à leur mort.

   Zelda, A’guì, Luryo, Fehan et une poignée de Gorons, Zoras, Gerudos et Hyliens étaient contre toute attente toujours vivants, étant donné qu’à l’arrivée des renforts, ils avaient été forcés de leur laisser du terrain et cela leur avait également permis de se reposer. Toutefois, des monstres arrivaient maintenant à leur hauteur. Un Moblin, sautant sur la princesse qui ne put se défendre, la maintint immobile au sol et plaça sa lame contre sa gorge. Fehan, qui s’était confectionné un garrot rudimentaire grâce à un pan de ses vêtements, était tellement affaibli qu’il tomba inconscient. Un vautour en profita pour filer en plongée dans sa direction, les serres pointées vers l’avant.

   Soudain, sous les yeux ébahis de l’Union d’Hyrule et de ses alliés, tous les ennemis et cadavres disparurent en fumée.


9-La Fin de la Triforce

   Un silence de mort régna aussitôt sur le champ de bataille. La plupart des guerriers se laissèrent choir sur le sol détrempé et lézardé. On entendit bientôt des sanglots et des lamentations. Puis le sol se mit à trembler violemment, faisant perdre pied tous ceux qui étaient restés debout. La tour sombre de Ganondorf s’effondra sur elle-même, implosant, ce qui fut une bonne chose puisque sinon elle eût détruit tout Hyrule dans sa chute. Une intense lueur apparut alors à cet instant au-dessus de la citadelle. Il y eut un flash aveuglant. Quand les gens purent de nouveau user de leur vue, tous demeurent bouche bée.

   Là où se dressait il y avait un instant l’antre du maître des ténèbres se trouvait maintenant un immense château d’un blanc immaculé, beaucoup plus colossal que l’ancien ; et au sommet d’une tour qui s’élevait en son centre jusqu’à venir frôler le ciel qui était désormais d’azur pur, il y avait une immense représentation de l’emblème hylien, c’est-à-dire la Triforce au-dessus d’ailes et de serres de rapaces. Ce symbole, d’or pur, brillait de mille feux sous les rayons ardents de l’astre de Din. La citadelle, touchée par le même miracle, était comme neuve. Ses murs auparavant fissurés ou détruits se révélaient dorénavant en parfait état, comme le pont-levis abaissé. Tous les guerriers s’agenouillèrent en faisant face au miracle, les Hyruliens, Ezneclais et Calatiens priant les déesses et les Onoadiens, Eluld.

   Un rire parcourut alors le regroupement de combattants tous en piteux état, chose à peine croyable en raison de la scène funèbre à laquelle ils venaient d’expliquer. Cette hilarité générale était causée par un petit marcassin qui émergeait de la citadelle. Tous comprirent alors la cause de son apparition quand Kuy reprit sa forme humaine. Il fut très étonné en reconnaissait ses confrères. Une panthère se jeta dans ses bras, le renversant sur le dos. Ses lèvres étaient retroussées dans un éclatant sourire.

   Fehan, qui venait de reprendre conscience et constatait à sa stupéfaction leur victoire, s’exclama :

   - Vous vous rendez compte ? Nous avons réussis ! Comme quoi, même dans les situations les plus sombres, il y a toujours de l’espoir. Je tiens à vous remercier, inconnus, de nous avoir prêté main-forte. Sans vous, nous aurions tous péri depuis longtemps. Mais où est donc Link ? Car c’est à lui, j’en suis persuadé, que nous devons tout cela.

   Certaines personnes, les moins blessées, se portèrent volontaires pour partir à sa recherche. Les autres se félicitaient entre eux ou soignaient ceux qui avaient été atteints par les ennemis. La victoire inopinée de l’Union d’Hyrule avait beau être la meilleure des nouvelles, des milliers d’individus avaient perdus la vie pendant la Guerre de la Triforce et cela était désolant.

   Aidés par les Kokiris, qui apprirent la nouvelle avec grande joie, on découvrit tristement la dépouille d’Oni-Link dans les Bois Perdus. Personne n’osa le toucher, de peur d’être atteint par une malédiction quelconque. Il était sans aucun doute mort, sa peau étant déjà presque translucide et son ventre ne se soulevant plus au rythme de sa respiration. On fit part du trépas du héros aux membres de l’Union d’Hyrule. A’guì fondit en sanglots dans les bras de son époux, mais Zelda fut tellement affligée qu’elle s’enfuit à grands pas vers le lac Hylia, où elle laissa libre court à ses sentiments. Même si Naec était son conjoint, Link avait toujours occupé une place importante dans son cœur et, depuis que le jeune homme avait changé de forme, elle ne lui avait à peu près jamais adressée la parole. Elle le regrettait maintenant amèrement.

   Tranquillement, les survivants humains se dirigèrent vers la nouvelle Place du Marché au pavage magnifique et ils s’installèrent dans les nouvelles habitations, tentant de se remettre des derniers événements, ce qui devait prendre encore beaucoup de temps. Les quelques personnes les plus gravement touchées succombèrent malheureusement à leurs blessures, mais on entendit avant de célébrer leurs funérailles. Les Gorons et les Zoras, eux, préfèrent regagner leur domaine.

   Zelda, assise au bord du Lac Hylia, contemplait dans l’onde lisse le reflet de son visage ruisselant de larmes de ses yeux embués quand une voix résonna dans sa tête. Elle ne sut jamais qui s’adressait ainsi à elle, mais cette personne lui semblait tellement franche qu’elle ne pouvait que croire ses propos. Et ses propos étaient terribles : en effet, on lui apprenait la mort de Naec.

   Ses sanglots redoublèrent d’ardeur, et la princesse se mit à hurler et à maudire les déesses qui faisaient tout pour la tourmenter. Son père était décédé, puis maintenant Link et Naec…

   Elle finit malgré tout par calmer ses émotions et décida, tout en pleurant silencieusement par moments, de visiter son nouveau palais qui lui parut terriblement vide. Il était vaste et luxueux, mais elle le trouvait fade et sans intérêt. Ses quelques domestiques qui avaient enfin délaissés le refuge sous la maison du Village Cocorico ne l’importunèrent pas et la laissèrent seule dans ses quartiers, personne n’arrivant à la consoler.

   Dans l’Outre Monde, sous une forme immatérielle, Oni-Link se réveilla. Il se trouvait face à la déesse de la Force ; du moins c’est ce qu’il supposa, puisqu’il s’agissait d’une grande personne donc chaque minuscule partie du corps brillait de mille feux, la rendant impossible à fixer directement, sinon cela était comme regarder le soleil, ce qui se révélait près de la réalité. Din prit la parole d’une voix puissante et claire :

   - Je savais que tu réussirais, mon fils. Je suis également contente que tu aies suivi mon conseil.

   - Mais où sommes-nous ? demanda Oni-Link.

   - Tu te trouves dans le domaine qui est le mien et celui de mes sœurs. Tu es mort.

   Oni-Link était interloqué.

   - Mais que va-t-il arriver de moi ? et de Ganondorf ? et de la Triforce ?

   - Quant à toi, ta mission en Hyrule n’est pas terminée. Pour ce qui est de Ganondorf, nous n’avons pas répété la même erreur et ne l’avons par conséquent par envoyé dans la mauvaise partie de l’Outre Monde : il erre présentement dans un vide éternel. Nous avons fait de même avec la bonne partie de son âme, même si elle est innocente. Finalement, la Triforce a été détruite. C’est la Fin de la Triforce.

   - Dé… détruite ? balbutia Oni-Link.

   - Tu as bien compris. Il s’agissait de la meilleure solution pour éviter qu’un désastre pareil se renouvelle, et si Hyrule ne connaître jamais une ère de gloire infinie, il ne connaître pas non plus une ère de ténèbres infinies, et le royaume connaître tout de même un temps de paix depuis longtemps, ce qui est le plus important. Je te dis en ce moment au revoir, non adieu, et j’ai bien hâte de te revoir en ce même lieu. Maintenant, regagne ton corps et répare les derniers dégâts du seigneur du malin.

   Dans le Bosquet Sacré, quelques branches brûlaient encore. Une silhouette humanoïde émergea tout à coup d’une de ces flammes et fonça droit vers le cadavre d’Oni-Link. L’entité disparut dans son corps. Il ouvrit les yeux.


10-Célébrations

   Luryo circulait de maisons en maisons afin de s’assurer que tout le monde allait bien quand il distingua une silhouette familière qui entrait dans la citadelle. Il fronça les sourcils, croyant halluciner.

   - L… Link ?

   Le héros parvint à son niveau, souriant.

   - Je suis un fantôôôôôme, rigola le jeune homme.

   - Mais… comment est-ce possible ? fit l’Hylien.

   - Je me le demande moi-même, se contenta de dire Oni-Link.

   Luryo lui donna une claque chaleureuse à l’épaule en disant :

   - Je suis heureux de te savoir en vie. Cela peut sembler ironique venant de quelqu’un qui a essayé de te tuer il y a de cela des lustres, mais j’ai beaucoup changé. Peut-être un peu grâce à toi. Merci. En tout cas, j’en connais plusieurs qui ont vont contents de te voir. Fehan, vient voir ! héla-t-il le chef des Ezneclais.

   La figure morne, le capitaine au bras coupé s’approcha. Sa tristesse était due au fait que le dernier de ses hommes venait de mourir. Toutefois, son visage s’éclaircit légèrement à la vue du héros, et un léger sourire étira ses lèvres. Fehan se contenta de baisser légèrement la tête en signe de respect.

   - Je n’ai cessé de vanter vos mérites, l’informa l’Ezneclais.

   - Je suis heureux de l’apprendre, répondit Oni-Link, mais je crois que ma bravoure n’est rien comparée à la vôtre.

   - Vous êtes trop humble, chef.

   Oni-Link marchait maintenant au côté des deux hommes en direction du nouveau château d’Hyrule.

   - Magnifique palais, commenta le héros.

   - Cadeau des déesses, dit Luryo.

   Vint alors Kuy qui, malgré l’autorité qu’Oni-Link exerçait sur lui, l’étreignit chaleureusement. Le héros le félicita :

   - Sans toi, il nous aurait manqué plusieurs informations importantes sur nos ennemis.

   Un groupe commençait à se former autour d’Oni-Link, et la nouvelle de sa résurrection miraculeuse courait déjà un peu partout dans le royaume. C’est ainsi qu’A’guì se fraya rapidement un chemin jusqu’à lui et le serra dans ses bras comme l’avait fait l’Onoadien.

   En entrant dans le palais, Oni-Link demanda à ce qu’on le laisse seul. Les soldats s’occupèrent de tenir la foule à l’écart. Le héros grimpa les marches jusqu’à la chambre de la princesse. Il cogna à sa porte. Zelda ouvrit et ses yeux s’écarquillèrent. Ses yeux se remplirent d’eau. Le jeune homme chassa les larmes qui commençaient à perler sur ses joues couperosées. La fille de Daphnes l’enlaça longuement avant de l’embrasser tendrement sur les lèvres. Oni-Link, qui pourtant avait bravé le maître des ténèbres, se sentit fondre.

   Le crépuscule tomba et on organisa un grand banquet, où furent invités tout le monde sans exception. La nourriture, en quantité quasi-illimitée, avait été trouvée dans une pièce du château et la majorité des individus n’ayant pas participé à la Guerre de la Triforce, surtout des femmes, se portèrent volontaires pour la cuisiner. De longues tables furent dressées et Oni-Link s’assit à l’extrémité de la plus longue d’entre eux, près de Zelda, Luryo, A’guì, Kuy et Fehan. La musique se mit bientôt à résonner dans tout le royaume. Le héros joua de l’ocarina et A’guì chanta. La fête dura toute la nuit et le vin coula à flots.

   Le lendemain soir eurent lieu des funérailles communes. Zelda déclara que le nom de chacune des victimes serait gravé sur un monument qui trônerait au centre de la Place du Marché. Des discours furent fait pour les trépassés les plus importants, soit les sept Sages, Naec, Yujan – le héros inconnu de tous – et l’Arbre Mojo. Zelda pleura surtout quand on parla de Naec, pour qui elle adressa elle-même quelques mots, et Oni-Link eut beaucoup de difficulté à retenir ses sanglots à l’évocation de Naec, Sario, Ruto, l’Arbre Mojo et tant d’autres. On remercia également les Ezneclais, Fehan en étant le dernier représentant, les Calatiens ainsi que les Onoadiens.

   Un matin nouveau se levait sur le royaume. C’était le temps des adieux.


11-Adieux

   Les premiers à partir furent les Onoadiens. Oni-Link souhaita à Kuy de trouver des gens qui sauraient l’apprécier à sa juste valeur car il méritait l’admiration de tous de par son courage légendaire – après tout, il était le premier à être entré dans l’antre de Ganondorf de son plein gré. Les hommes-animaux quittèrent la citadelle vers la forêt sous leur forme bestiale et s’éloignèrent vers un monde meilleur, celui-là qui les attendait depuis longtemps déjà. Kuy retrouva ses parents et passa tout son temps en leur compagnie.

   Ce fut ensuite au tour des Calatiens de retrouver leur ville natale. On ne leur connaissait aucune personne hors du commun, mais le héros salua personnellement le sang-froid et la vaillance de chacun d’entre eux. Zelda leur dit qu’il y aurait une relation d’amitié entre leur royaume tant que survivrait la famille royale. Ils s’éloignèrent dans les montagnes dans un bringuebalement sonore.

   Fehan ne savait comment aborder le sujet avec Sebooru. Il dut cependant résoudre à le faire. À son grand soulagement, la Gerudo lui avoua qu’elle le suivrait partout, même dans l’Outre Monde. Ils partirent en duo en direction d’Eznecla.

   Néanmoins, ces adieux n’étaient rien en comparaison à ceux que devaient subir Oni-Link. Effectivement, sa sombre moitié lui avait annoncé qu’il était maintenant temps pour eux de se séparer. Cela se révélait une épreuve extrêmement difficile pour lui puisqu’il s’était habitué à la présence familière de sa partie négative et de leurs nombreuses conversations. En fait, elle avait été son seul véritable ami pour un long moment.

   Pour procéder à la dissociation de son âme, il se rendit une dernière fois dans le Monde de la Triforce, qui devait disparaître à la sortie de la bonne partie de Link. Quand il apparut à Eluryh, Frodnonga n’était pas là, cette fois-ci, pour l’accueillir dans sa grande gentillesse. Aussitôt qu’il fut parvenu dans cette dimension, Oni-Link sentit une puissante pression s’exercer dans ses entrailles et sa tête et il vit son ombre au sol s’allonger dangereusement jusqu’à ce qu’elle se détachât de lui et formât Link Noir, celui-là même que Link avait battu à deux reprises, une fois dans le Temple de l’Eau et l’autre fois dans le Temple de la Triforce. Le héros, quoique moins fort et alerte, se sentit beaucoup plus léger et également beaucoup plus libre de pensée et de mouvement. Il s’était ennuyé de sa forme originale.

   - Nous allons nous revoir dans l’Outre Monde, je te le promets, déclara Link Noir.

   - Adieu, dit Link, qui revint sur ses pas et disparut retrouver son monde d’origine.


12-Le dernier Ezneclais

   Aux côtés de Sebooru, Fehan arriva dans la prospère cité d’Eznecla.

   Ou plutôt ce qui en restait.

   Sous ses yeux peinés, le commandant vit les ruines de sa ville natale, jonchée de cadavres majoritairement humains. Les centaures avaient apparemment réussi à venir à bout de leur armée pourtant en apparence invincible. Il était arrivé la même chose qu’à l’Union d’Hyrule. Sebooru enlaça son amant afin de le consoler.

   - Au moins, il me reste toi, soupira le dernier Ezneclais.

   Il ne pouvait pas laisser sa cité ainsi. Il ne le pouvait pas. Un éclair de génie le traversa alors.

   Deux semaines plus tard, une centaines d’ouvriers s’affairaient au nettoyage et à la reconstruction de la ville. Des familles avaient même déjà commencé à s’installer dans les maisons rénovées. Eznecla retrouverait sa splendeur d’antan.

***

   Plusieurs années avaient passé depuis. Un garde pénétra dans la splendide salle de trône tapissée de rouge, questionnant un homme barbu, qui hocha la tête. Un Goron roula alors sur le plancher jusqu’à arrêter devant lui. Il apportait des richesses venant d’Hyrule. Le souverain Fehan le Manchot, au côté de la reine Sebooru, sourit. Au même moment, une fillette entra à la course dans la pièce.

   - Zelda, j’ai une surprise pour toi ! s’exclama le roi à l’intention de l’enfant.


Épilogue-Link, roi d’Hyrule

   Tous les participants aux épreuves avaient trépassé, sauf Link et Luryo, or Luryo ne désirait plus gouverner le royaume. Il fut par conséquent décidé que ce serait le héros qui deviendrait le nouveau roi d’Hyrule. Personne ne s’opposait à cette nomination puisqu’il s’agissait de la personne la mieux placée : elle était amante de la princesse – ou plutôt reine – Zelda, avait dirigé l’Union d’Hyrule, terrassé le seigneur du malin et était le fils d’une divinité. Le couronnement eu lieu un bel après-midi ensoleillé, Din assistant à l’événement du haut de son trône céleste. La même journée eurent lieu deux mariages : celui de Luryo et A’guì et, évidemment, celui de Link et Zelda. Leurs bagues, d’or, portaient le symbole de la Triforce. Tous les Hyruliens y assistèrent avec plaisir.

   Link prononça plusieurs discours qui furent acclamés par la foule. Il promit aux habitants du royaume que ce dernier connaîtrait paix et prospérité pendant des milliers d’années car il était sous la protection des déesses. Le héros fut ému en apercevant Epona qu’on emmenait à lui. On avait pansé toutes ses blessures et sa monture s’en remettait à merveille.

   En tant que nouveau souverain, l’homme, qui n’était plus un jeune homme, prit plusieurs décisions importantes. Premièrement, à la demande d’A’guì, jamais plus le peuple autochtone qui environnait le Bosquet d’Hyrule ne serait dérangé et cet endroit serait par le fait même interdit d’accès sans l’autorisation préalable de la famille royale. En outre, il était défendu d’escalader les parois de la Vallée Gerudo comme certains amateurs d’escalade le faisaient d’ordinaire parce l’hydre s’y trouvait encore… du moins c’est ce que disait la légende.

   Comme Link l’avait promis, la paix dura longtemps en Hyrule. Un nouvel Arbre Mojo naquit. Zelda et Link vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

   Mais cette histoire ne peut se terminer comme ça. En effet, la paix dura peut-être dans le royaume, mais dans l’Outre-Monde, c’était une tout autre histoire. Une nouvelle guerre se préparait. Il s’agissait de la Guerre de l’Outre-Monde. L’aventure de Link n’était pas encore achevée.


FIN DE LA CINQUIÈME PARTIE
FIN DE LA PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
8 JUIN 2013 À 21H19 HEURE DU QUÉBEC
« Modifié: 09 juin 2013 à 15:28 par Supersigo »

Hors ligne Supersigo

  • Gerudo
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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Je peine à y croire. J'ai ENFIN terminé la Pentalogie de la Triforce après plusieurs années d'écriture. Mais ce n'est pas fini. Non. Car je vous annonce que la Pentalogie de la Triforce se transformera en l'Hexalogie de la Triforce, et que la prochaine partie s'appelle La Guerre de l'Outre Monde. :D

Niark niark niark. :mrgreen:

edit : Il y a du vrai et du faux dans ce que j'ai dit ci-dessus. Lire le texte ci-dessous.

Mot de l’auteur et remerciements

   Non, la Pentalogie de la Triforce ne se transformera pas en l’Hexalogie de la Triforce, mais si cela aurait été bien. Toutefois, il y aura bien une suite « hors-série » à cette histoire et elle s’appellera, comme vous l’avez peut-être deviné, « La Guerre de l’Outre Monde », et ce récit se déroulera évidemment dans l’Outre Monde, et Link y aura bien sûr un rôle important à jouer. J’ai envie d’en parler davantage, mais je ne voudrais pas vous gâcher la surprise, donc je me contenterai de ces quelques informations.

   Si vous lisez ce message, vous êtes probablement passé au travers de toute la Pentalogie de la Triforce, ce qui constitue un énorme défi en soi. Après tout, la Pentalogie de la Triforce, c’est des centaines de pages Word, des dizaines de milliers de mots, des milliers d’heures et des années de travail acharné, des dizaines de chapitre et nombre d’aventures épiques. J’étais encore un enfant au début de la rédaction de « La Porte de la Triforce » et me voilà maintenant un jeune adulte qui entame ses études supérieures. La Pentalogie de la Triforce m’a accompagné tout au long de mon adolescence et fut pour moi un moyen d’évasion. Je vivais à travers mes personnages dans leurs joies et leurs peines. Il fut difficile pour moi de mettre le point final, mais je savais que ce n’était pas vraiment la fin.

   Vous avez certainement pu remarquer la grande évolution dans mon style d’écriture, inspirée par différents auteurs malgré moi, majoritairement Tolkien, mon préféré. C’est de là que viennent tous les « et » ainsi que les points-virgules… J’ai évidemment connu des hauts et des bas, causés par de longues pauses d’écritures surtout dues aux études ou alors je me concentrais sur des écrits disons… non amateurs.

   Ce fut un réel plaisir de refaçonner à manière le monde déjà bien connu d’Ocarina of Time, mon jeu préféré. J’espère que ce fut également une plaisir pour toi, cher lecteur. Tu es le premier que je tiens à remercier, car une histoire n’est rien sans lecteur. Cependant, ce que j’apprécie encore plus, ce sont des commentaires. C’est toujours un immense bonheur de recevoir des commentaires, aussi minuscules soient-ils. Je t’invite par conséquent à me rejoindre par message privé ou simplement poster dans le sujet de ma Pentalogie sur le forum de Zelda Solarus, là où je serai le plus apte à lire ton message et à y répondre, que ce soit une question ou un commentaire. Je le répète, j’apprécie énormément cela.

   Il y a plusieurs autres personnes que je tiens à remercier. Je vais tenter de n’en oublier aucune.

   Premièrement, un merci spécial à Shield : même si tu as fini par abandonner la lecture de ma fiction, tu es sûrement celui qui l’a suivi le plus assidûment et qui m’a fait les meilleurs commentaires.

   Ensuite, un autre merci spécial à benoit, qui est l’unique personne, au moment où j’écris ces lignes, qui a lu intégralement la Pentalogie (vraisemblablement en une seule journée) et qui a pu en témoigner ; merci également pour ses commentaires.

   Au lieu de n’énumérer que des pseudos, afin de n’oublier personne, je vais seulement remercier tous les membres de Zelda Solarus, Zeldaforce, Puissance-Zelda et Palais de Zelda qui ont commenté ou tout simplement lu ma fiction, même sans que je ne le sache.

   Cela dit, j’ai déjà énuméré tous ceux qui méritent mes remerciements.

   Je vais conclure en vous informant qu’un jour, je rédigerai une nouvelle version de la Pentalogie de la Triforce revue et corrigée, une sorte de Pentalogie de la Triforce 2.0, une version améliorée où disparaîtront les majeurs défauts ainsi que les nombreuses incohérences qui sont normales étant donné la longueur du récit. Il y aura sans aucun doute également du nouveau contenu qui éclaircira certains points obscurs de l’histoire. Finalement, il y aura aussi un jour un guide détaillé de l’univers de la Pentalogie de la Triforce, avec plusieurs commentaires de ma part ainsi que des anecdotes diverses sur des idées farfelues qui auraient pu être ajoutées au récit, certaines ayant même été écrites mais, après réflexion, ôtées. Puis, quand j’en aurai définitivement fini avec la Pentalogie de la Triforce, je réaliserai peut-être une suite ou des préquelles, mais avant, j’ai envie d’essayer autre chose, un nouvel univers, quoi. Une chose est sûre, vous entendrez encore parler de moi !

Cordialement, Supersigo. Merci de commenter !

Scoop : Figureront peut-être un jour les titres suivants en rapport avec la Pentalogie de la Triforce :
- Les Aventures d’Amelad
- Le Cratère du Dragon
Ainsi que d’autres !
« Modifié: 26 juin 2013 à 21:39 par Supersigo »

Hors ligne benoit

  • Zora
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Je revois ce message presque un an après, mais je tiens encore à te féliciter SuperSigo. J'ai intégralement récupéré ta fic via word pour avoir tout le temps les fichiers PDF sous la main pour la relire.
J'attendrais vraiment avec impatience te version 2.0 de la pentalogie, si tu y penses toujours.

Hors ligne Supersigo

  • Gerudo
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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Je suis toujours très heureux d'avoir des commentaires, surtout lorsqu'ils sont positifs... et disons que les commentaires se font rares ces temps-ci. :P Donc merci beaucoup pour ce commentaire.

Il faudra attendre un certain temps avant la v.2, mais j'ai toujours l'intention de la faire. Je vais pour l'instant me concentrer sur des projets personnels qui attendent depuis longtemps mais après, dans un an ou deux peut-être, j


Et tiens, juste pour toi, voici le début que j'avais commencé (non officiel) de

La Légende de Zelda, la Guerre de l’Outre Monde
The Legend of Zelda, War of the Afterlife

Avant que le monde ne fut, avant même la création d’Hyrule, les trois déesses vivaient en paix dans leur panthéon. Din la Forte, à l’ondoyante chevelure écarlate et à la robe de lave qui tournoyait autour d’elle à chacun de ses mouvements telle la corolle d’une rose sous la brise, se prélassait sur la rive dorée d’une rivière de magma. Non loin de là, Nayru la Courageuse, aux souples cheveux céruléens et à l’accoutrement indigo, pinçait les cordes de sa harpe en produisant des sons cristallins, les pieds nus immergés dans l’eau du Lac du Cosmos. Farore la Sage, quant à elle, la chevelure de la même teinte que ses yeux d’émeraude, debout sur le sable de la rive céleste, profitait du vent frais qui lui caressait le visage, les yeux rivés vers le néant.

   Tout à coup, deux bambins émergèrent de la roche en fusion à proximité de Din, tous souriants. Les cheveux de l’un d’eux paraissaient tissés de fils d’or ; l’autre arborait un physique pour le moins singulier : deux courtes cornes poussaient de chaque côté de sa tête et de minuscules pointes descendaient le long de son échine entre deux longues ailes repliées, jusqu’à une queue au bout de laquelle pendait une boule hérissée d’épines. Ils grimpèrent sur la rive et se poursuivirent en courant, riant aux éclats. La déesse du courage les contempla un moment avec tendresse avant de refermer les yeux.

   Les garçons, bientôt épuisés, s’assirent dans l’herbe argentée et furent rejoints par deux jumelles à la chevelure d’azur ainsi qu’une fillette ressemblant à Farore comme deux gouttes d’eau. Cette dernière tenait dans ses bras son jeune frère naissant, qui était assoupi.

   - J’ai amené une amphore de nectar.

[...] (j'avais laissé tombé l'idée de la suite, mais on sait jamais)

   Bientôt, le garçon à l’apparence monstrueuse déploya ses grandes ailes marquées de motifs colorés et complexes. Son frère grimpa sur son dos puis, lorsqu’il se fut accroché à ses cornes, les gamins s’envolèrent vers le Lac du Cosmos. Bientôt, ils ne discernèrent plus que l’onde étoilée. C’est alors que le gamin blond demande d’une voix hésitante :

   - Tu… tu es certain que nous avons le droit de nous éloigner autant de maman ? Elle nous a déjà mis en garde contre cet endroit.

   - Ne t’inquiète pas, nous ne courrons aucun dan…

   Une violente bourrasque provenant de nulle part déstabilisa alors le garçon ailé. Le blond fut renversé par le choc et chuta vers les cieux. Bientôt, il disparut sous sa surface et n’en émergea jamais. Le bambin cornu sentit une angoisse profonde le gagner. Il n’osait retourner vers sa mère afin d’éviter de subir son terrible courroux, mais en même temps, il ne voulait pas laisser son frère périr sous les flots célestes. Il se résigna par conséquent à retourner vers la rive et à informer Din de la situation. Lorsqu’elle apprit la nouvelle, les cheveux de celle-ci s’enflammèrent comme jamais auparavant et ses yeux jetaient des étincelles. Elle s’exclama :

   - Ton frère vient de disparaître à jamais dans le néant ! En l’emmenant [...]




Je parlais également d'anecdotes et d'idées que je n'ai pas eu l'occasion d'exploiter, que j'ai oubliées ou que j'ai littéralement abandonnées et qui vont peut-être être ajoutées à la v.2. Notamment, la transformation de Mido en Skullkid (brouillon).


Mido chassa ses larmes. Il ne fallait pas que les autres Kokiris le voient pleurer. Il lui fallait se montrer courageux. Comme l’avait été Saria.

   Il fit un pas dans le tronc d’arbre. Rien ne se passa. Il en fit un autre. Toujours rien. Il continua alors à marcher lentement. C’est alors que la malédiction opéra !

   - AAAAAAAAAAAAAARRRRGGGHHHH !!!

   Une horrible douleur l’envahit, le faisant hurler. Il ne se rappelait pas avoir jamais senti une telle souffrance. [...]

Tous les autres habitants de la forêt émergèrent apeurés de leur demeure, cherchant la cause de ce bruit atroce qui les avait réveillés. Ils demeurèrent pétrifiés de stupeur en voyant leur chef qui s’apprêtait à quitter la forêt. Un Kokiri hurla :

   - Mido, mais que fais-tu ? Tu ne te rappelles pas des paroles du vénérable Arbre Mojo ?

   Bien sûr qu’il s’en rappelait. Or, si personne ne faisait ce qu’avait dit Amelad, les victimes ne seraient que plus nombreuses. Il avait décidé de se sacrifié, par amour de son peuple mais surtout de Saria.

   Les Kokiris qui assistaient alors à la scène détournèrent alors le regard, horrifiés. Mido commençait à se transformer en Enfant Squelette. C’était ce qui arrivait aux jeunes gens trop aventureux qui décidaient de quitter l’enceinte du village. [Il regarde dans une flaque d'eau,]


Dans une future version, il y aura également Biggoron, Médigoron, Malon et tous les autres personnages non négligeables de OOT. Je crois aussi avoir oublié de parler des flèches d'ombre dans le combat final.

Saviez-vous que la dernière partie de la pentalogie a failli s'appeler Apogee of Triforce ? Et quand j'ai commencé GOT (Gate of Triforce, pas Game of Thrones :D), mon fichier s'appelait (et s'appelle encore) TLOZ Je sais pas quoi. xD

J'avais aussi l'intention de faire une fiction mélangeant Zelda et le Seigneur des Anneaux, avec la Comté-qui-rit (forêt Kokiri), « c'est un magmaudit, un démon de l'ancien monde », l'arbre mojo = sylvebarbe, ganon=sauron, bref j'avais plein d'idées géniales que je n'avais pas eu l'occasion d'exploiter.

Je pourrais continuer pendant longtemps...

« Modifié: 25 mai 2014 à 17:33 par Supersigo »

Hors ligne benoit

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Si tu peux continuer, continue, ça fait toujours plaisir. Je n'ai pas pris le temps de lire ton début d'histoire pour le moment, je le ferai surement en soirée.

Hors ligne Supersigo

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Non, je vais en arrêter là pour l'instant, sinon ça n'aurait jamais de fin. :P
N'oublie pas que ce n'est qu'une version préliminaire de WOTA.^^ Elle date d'environ un an déjà. Je l'avais commencée peu après avoir terminé la POT.