Auteur Sujet: Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce  (Lu 13370 fois)

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Hors ligne Supersigo

  • Gerudo
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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Voici la quatrième partie de la pentalogie. Avant de la lire, vous devriez avoir lu les trois premières parties.

PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
PARTIE 4
La légende de Zelda, le Guerre de la Triforce

1-Premier assaut

   Une boule de feu flottait au-dessus du champ de bataille, sous le ciel lugubre entrecoupé de nuages déchiquetés.

   Un combat sanglant faisait rage au cœur de la Plaine d’Hyrule. Plusieurs guerriers Gorons, Zoras, Gerudos et Hyliens avaient déjà été décimés par les troupes de Ganondorf. Les autres tentaient opiniâtrement de se replier. Les Ezneclais qui, même s’ils n’avaient habituellement pas froids aux yeux, se demandaient s’ils sortiraient indemnes de cette bataille, prendraient bientôt leur relève.

   Au-devant, sur leurs chevaux, Oni-Link, Naec et Fehan fauchaient toutes les créatures qui tentaient de s’en prendre à eux. Il s’agissait pour la plupart de Moblins et Stalfos ; mais, derrière, on pouvait remarquer la présence de monstres beaucoup plus gros. Le héros ne comptait pas user tout de suite de ses pouvoirs magiques, voulant conserver son énergie pour son combat final contre le maître des ténèbres ; mais s’il voyait que l’armée du seigneur du mal prenait le dessus sur eux, il n’hésiterait pas à s’en servir.

   Il était le plus invulnérable aux attaques qui lui étaient portées. À chaque fois qu’il était blessé, ses blessures se refermaient rapidement par elles-mêmes comme par enchantement. C’était l’un des nombreux avantages de son nouveau corps. Il était beaucoup plus agile et puissant qu’auparavant. Cependant, sa métamorphose comportait aussi des désavantages : sa beauté se voyait altérée. Néanmoins, dans la situation présente, sa transformation était des plus profitables.

   Zelda, un peu à l’écart des autres, encochait et décochait des flèches vers les ennemis à un rythme effréné. Elle atteignait la plupart du temps ses cibles avec précision. Les créatures qu’elle visait tombaient les unes après les autres ; or, c’était insignifiant vu le nombre qu’ils étaient.

   Luryo et A’guì s’étaient retirés de la mêlée pour échapper à la mort. Ils s’étaient réfugiés dans un arbre, à l’abri des regards de leurs opposants. L’indigène se battait avec de courtes dagues ; son amant était armé d’une simple épée. Ils assistaient au carnage qui avait lieu devant leurs yeux avec impuissance.

   - Nous ne parviendrons jamais à tous les éliminer…, soupira l’Hylien.

   - Les soldats d’Eznecla semblent vaillants : ils parviendront probablement à abattre une bonne partie de nos opposants.

   Luryo jeta un œil au pont-levis abaissé de la citadelle, d’où les créatures de Ganondorf surgissaient dans un flot continu.

   - Regarde ! lança-t-il. Les monstres sortent du Grand Marché par centaines ! On dirait qu’ils ne vont jamais cesser d’apparaître ! Comment les arrêter ?

   L’autochtone parut réfléchir un moment, avant qu’un éclat n’apparût dans son regard.

   - Je sais ! s’exclama-t-elle. Le pont-levis est l’unique passage où les créatures du maître des ténèbres peuvent se rendre dans la plaine d’Hyrule. Si nous le détruisons, peut-être parviendrons-nous à arrêter les monstres… ou du moins les ralentir.

   - Je n’avais pas pensé à ça… Mais comment le démolir ?

   - Une chose est sûre, nous ne pouvons le casser en deux. Il est beaucoup trop résistant. Par contre, le feu qu’avait projeté Ganondorf contre sa façade lors de son retour en ce monde lui a causé de sérieux dommages. Si nous réussissons à le faire prendre en flammes, il y a des chances qu’il s’effondre.

   Luryo approuva.

   - Cependant, dit-il, nous ne pouvons nous rendre jusqu’à la muraille de la citadelle sans se faire tuer. Il faudrait attendre que les monstres se fassent moins nombreux, et je doute que ça va arriver.

   A’guì soupira.

   - Ça ne rappelle pas des souvenirs ? lui demanda son amant avec un sourire. Je veux dire, que nous soyons tous les deux assis dans un arbre…

   La jeune femme à la peau de macassar lui rendit son sourire.

   - Oui, je me souviens... Abaek nous avait demandé de nous dissimuler dans un arbre pour ne pas risquer de nous faire remarquer. Néanmoins, il a péri seulement quelques instants plus tard. Nous aurions dû lui venir en aide au lieu de nous cacher…

   - Il ne sert à rien de ruminer sur le passé. Tu ne peux rien y changer… De nombreuses personnes perdront aussi la vie dans cette bataille. Mais au moins, ils ne seront pas morts en vain. Ils auront combattu pour une juste cause.

   L’autochtone se colla à l’Hylien. Elle ferma les yeux.

   - Je ne veux pas te perdre…, chuchota-t-elle.

   - Moi non plus…

   Ils restèrent longtemps l’un dans les bras de l’autres. Même si des cris et des cliquetis métalliques se répercutaient autour d’eux, ils ne les entendaient plus.

   Ils étaient seuls.


2-Un traître insoupçonné

   Toujours perchés dans leur arbre, Luryo et A’guì attendaient le moment propice pour mettre feu au pont-levis menant au Grand Marché. Or, aucune brèche ne se formait parmi les créatures ennemies.

   - Comment fais-tu pour te battre avec de si petites armes ? interrogea à un moment donné l’Hylien en désignant les deux poignards qui pendaient à la ceinture de sa dulcinée.

   - Je pourrais aussi bien te demander comment tu fais pour te battre avec une si longue épée, répliqua la jeune femme à la peau d’ébène avec un sourire moqueur. Non, sérieusement, la petitesse de mes dagues me permet d’être plus rapide et plus souple dans mes mouvements. De plus, je peux autant parer un coup qu’attaquer avec la même main ! Par contre, si l’arme de mon opposant est trop grosse, je peux avoir de la difficulté à la bloquer. Aussi bien m’éclipser si on m’assaille avec une massue !

   Luryo laissa entendre un bref rire.

   Il porta son regard à l’horizon. C’est à ce moment qu’il remarqua que les monstres de Ganondorf avaient cessé de quitter la citadelle. C’était le moment ou jamais d’agir.

   Le couple quitta sa cachette et se rendit à l’écart du combat, à la lisière des montagnes abruptes qui entouraient la Plaine d’Hyrule. En faisant bien attention de ne pas se faire remarquer par leurs ennemis, ils s’approchèrent subtilement de la muraille de la citadelle. Ils réussirent à se retrouver derrière les créatures du maître des ténèbres. Ils plongèrent dans l’eau froide que traversait le pont-levis et s’en approchèrent le plus qu’ils purent. C’est alors que Luryo porta une main à son front.

   - Mais que nous sommes stupides… Comment veux-tu qu’on allume un feu comme ça, sans briquet, ni rien d’autre qui puisse nous aider, tout mouillés qui plus est ?

   A’guì ne se laissa pas décourager. Elle posa les mains sur la passerelle de bois et chuchota à voix basse :

   - Din, si tu nous écoutes et si tu souhaites que le mal soit à jamais éradiqué de ces terres sacrées, prête-moi s’il te plaît ton pouvoir sur le feu…

   Comme par enchantement, le pont-levis s’embrasa subitement.

***

   Kuy, sous sa forme bestiale, scrutait la bataille qui faisait rage depuis les Bois Perdus. Il voyait de nombreuses gens se faire massacrer sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit. Il n’était pas un excellent combattant, et il doutait être de taille face aux imposantes créatures du seigneur de mal. De plus, sa métamorphose en sanglier ne lui était en rien avantageuse en ce moment. Il avait toujours été contrarié de ne pas pouvoir emprunter une autre forme animale. Dans sa jeunesse, il avait souvent subi les railleries des autres enfants d’Onoa. Il s’était même fait battre par certains d’entre eux.

   Mais ce temps était révolu. Il se trouvait maintenant dans une autre dimension. Or, l’homme-animal commençait à s’ennuyer de son village natal, même s’il subissait souvent les assauts de minotaures. Il s’interrogeait si, un jour, il pourrait le regagner. Il avait l’impression que ce monde ne lui était pas destiné. Il se demandait souvent pourquoi il avait décidé de suivre Link, A’guì et Luryo dans le Feu Éternel, même s’ils étaient désormais devenus ses amis.

   Maintenant qu’il était là, il se devait de les aider. Mais comment ? « Je pourrais peut-être aller espionner l’ennemi comme je l’ai déjà fait, » songea-t-il. Il savait très bien que c’était risqué, mais cela pourrait peut-être assurer le salut de l’Union d’Hyrule et des soldats d’Eznecla. « C’est décidé, se dit l’Onoadien, j’y vais. »

   Quelques guerriers qui prenaient part au combat purent apercevoir un sanglier qui se dirigeait vers la muraille de la citadelle - mais c’était bien la dernière chose qui les intéressait.

***

   Une fois assurés que le pont-levis était bien pris en flammes, A’guì se hâta de quitter l’endroit, mais Luryo demeura immobile.

   - Qu’attends-tu ? lui demanda-t-elle. Si nous ne nous en allons pas bientôt, nous allons nous faire remarquer par l’ennemi.

   - Reviens à l’arbre dans lequel nous étions cachés, fit l’Hylien sans se retourner. Je vais t’y rejoindre. Avant, je dois m’assurer de quelque chose.

   L’autochtone trouva mystérieux le comportement de son amant, mais elle obtempéra néanmoins.

   Quand la jeune femme à la peau noire fut hors de son champ de vision, Luryo s’engouffra dans le Grand Marché.

***

   Toujours sous sa forme bestiale, Kuy arriva au centre du Grand Marché. L’endroit avait été ravagé par les flammes et la plupart des habitations s’étaient transformées en champs de ruine. Des banderoles déchirées pendaient un peu partout : il s’agissait des ornements qu’on avait accroché lors des commémorations du trépas du roi d’Hyrule. Cela ne remontait à pas tellement longtemps…

   Des éclats de voix parvinrent aux oreilles sensibles de l’homme-animal. Ils parvenaient d’une étroite ruelle plongée dans la pénombre. L’Onoadien s’en approcha discrètement. Il fut surpris en reconnaissant le visage de Luryo. Cependant, il ne put identifier la personne avec qui il discutait, celle dernière portant une longue cape noire qui la dissimulait. Kuy put clairement discerner leurs paroles. L’Hylien disait :

   - Je n’ai jamais renié votre autorité…
   
   - C’est faux, fit une voix grave que Kuy reconnut aussitôt, car l’ayant déjà entendue auparavant.

   Il s’agissait de Ganondorf.

   - C’est faux, répéta le maître des ténèbres. Tu m’as déjà dit que faire le mal ne t’intéressait plus et que tu ne t’allierais plus jamais à moi. Alors pourquoi te croirais-je ?

   - J’ai changé d’idée, fit Luryo. J’ai compris que je pourrais obtenir richesse et pouvoir en me joignant à vos sbires. Ai-je raison ?

   Le seigneur du mal ricana.

   - En effet, tu as raison. Je te garantis une place de choix à mes côtés, quand j’aurai éliminé le gamin et tous les peuples bienveillants du royaume.

   Le timbre de sa voix laissait entendre le contraire, mais l’Hylien ne sembla pas le remarquer.

   - Comment puis-je vous aider, à présent ? questionna-t-il.

   - Quand les guerriers qui se battent aux côtés du garçon à la tunique verte - à vrai dire, noire, à présent… - vont s’accorder un moment de répit (car, n’ayant pas dormi de la nuit, certains vont bien finir par s’accorder une pause, à moins qu’ils ne s’effondrent par terre de fatigue, hé ! hé !), je veux que tu les assassines subtilement un par un sans te faire remarquer des autres. Quelle surprise auront leurs compagnons en les trouvant raide mort !

   Le prince de l’obscurité s’esclaffa.

   - D’accord, maître, j’exécuterai cette tâche du mieux que je le pourrai, assura Luryo. Autre chose ?

   - Non, pour le moment, je ne te confie que cette mission, pour me garantir de ton obéissance.

   Kuy entendit des bruits pas se diriger en sa direction. Il se précipita de quitter l’endroit où il s’était caché, et quand il déboucha dans la Plaine d’Hyrule, où la bataille faisait toujours rage, il se hâta de rejoindre le campement de l’Union d’Hyrule.


3-Un plan imprévu

   Le soleil commençait déjà à décliner dans le ciel.

   Oni-Link fauchait sans répit les créatures qui se trouvaient sur son passage. Bientôt, il remarqua que les monstres de Ganondorf avaient cessé de sortir de la citadelle. Il se doutait que le maître des ténèbres n’avait envoyé qu’une infime partie de ses armées. Il tua les derniers Moblins qui se dressaient devant lui, avant de se retourner vers les membres de l’Union d’Hyrule et les soldats d’Eznecla. Il constata avec effarement qu’une bonne partie des Hyliens, Gorons, Zoras et Gerudos étaient déjà tombés au combat. Quelques Ezneclais avaient aussi péris mais, étant supérieurs en nombre, cela était moins apparent.

   Naec s’approcha de son supérieur.

   - Nos guerriers sont extrêmement fatigués, dit-il. Plusieurs sont morts car ils n’avaient plus l’énergie de se battre. Ils ont absolument besoin de sommeil. Néanmoins, il faut se tenir prêt à tout, car je suis persuadé que ce perfide seigneur du mal n’a pas cessé d’envoyer ses monstres sans raison précise.

   Le héros acquiesça. Lui aussi commençait à sentir l’épuisement le gagner. Cela faisait bien deux jours qu’il n’avait pas dormi. Au moins, il avait remarqué que, sous sa nouvelle forme, il avait besoin de moins de sommeil. Quelques heures dans les bras de Morphée lui suffiraient donc pour rester debout un bon moment.

   La plupart des Ezneclais et des membres de l’Union dHyrule quittèrent le champ de bataille et se dirigèrent en hâte vers le campement de la vallée Gerudo, où ils gagnèrent leur tente et s’y couchèrent, s’endormant aussitôt. Seul quelques soldats demeurèrent dans la Plaine d’Hyrule pour se tenir prêts en cas d’une éventuelle attaque surprise, comme le maître des ténèbres en avant l’habitude. Une fois les autres combattants ayant récupéré de leur fatigue, ces guerriers pourraient enfin profiter d’un moment de repos.

   Quand Oni-Link arriva au camp qui bordait le ravin des femmes du désert aux côtés d’Aguì – Luryo n’était bizarrement pas avec elle – Kuy l’attendait devant sa tente. Il semblait attendre avec impatience son retour. Quand il aperçut le héros, l’homme-animal se précipita en sa direction. Par l’entreprise de la jeune femme à la peau d’ébène, ils communiquèrent.

   - Luryo ! C’est… c’est un traître ! s’écria-t-il.

   - Comment peux-tu affirmer une chose pareille ? fit l’indigène, qui parut offusquée qu’on accuse son amant de déloyauté.

   - D’ailleurs, pourquoi n’est-il pas avec toi, A’guì ? demanda Oni-Link.

   - Justement ! s’exclama l’Onoadien. Je l’ai surpris dans une ruelle du Grand Marché, en train de discuter avec Ganondorf. Il s’apprête à nous assassiner subtilement cette nuit !

   - Mais non… tu divagues assurément, protesta l’autochtone en secouant la tête. Jamais il ne s’allierait avec un être aussi perfide. Et il est tellement gentil…

   - Avant de te rencontrer, il était assez agressif, se rappela le héros. Il n’a commencé à changer qu’après t’avoir croisé sur son chemin. Et si le maître du mal aurait réveillé en lui ses sombres pensées et ses mauvaises intentions ?

   - Si ce que tu dis es vrai, Kuy, peut-être le prince de l’obscurité l’a hypnotisé, déclara la jeune femme à la peau de macassar, qui commençait à devenir anxieuse.

   - Tiens, le voilà qui arrive, chuchota l’homme-animal. Interrogeons-le.

   En effet, l’Hylien arrivait dans le campement. À première vue, il ne semblait dissimuler aucun signe de méchanceté ni d’intentions malveillantes. Qui plus est, il avait l’air tout à fait et lucide, et non pas stoïque comme l’étaient les gens que le prince de l’obscurité hypnotisait.

   - Vous voyez, il est normal, murmura A’guì à l’intention d’Oni-Link et de l’Onoadien.

   - Cela ne change rien, fit le héros. Même si nous avons la preuve qu’on ne l’a pas hypnotisé, il peut tout aussi bien servir le seigneur du mal de son plein gré.

   - Impossible, répliqua l’indigène.

   - Taisez-vous, dit Kuy à voix basse. Il avance en notre direction.

   Luryo haussa un sourcil quand il remarqua les regards sceptiques qu’on lui jetait, mais il s’approcha tout de même d’eux le plus naturellement du monde.

   Le héros ainsi que l’homme animal le saluèrent d’un mouvement de la main, tandis qu’il allait chercher un baiser sur les lèvres de sa dulcinée. Il fut surpris de constater la réticence de son amante.

   - Mais qu’y a-t-il ? la questionna-t-il. Et pourquoi me regardez-vous comme ça ? ajouta-t-il à l’intention des deux autres hommes.

   - Luryo… soupira A’guì. Lorsque je t’ai laissé au pont-levis, tu m’as dis que tu voulais t’assurer de quelque chose. De quoi s’agissait-il ?

   L’Hylien parut soulagé. Il laissa entendre un petit ricanement.

   - Ah… ce n’est que ça ? Je croyais que quelqu’un était mort, que nous avions déjà perdu la guerre, ou je ne sais trop… Pour tout t’expliquer, je voulais simplement essayer de déterminer la taille des armées ennemies pour que l’Union puisse éventuellement se préparer en conséquence. En vain, car je n’ai trouvé aucun résultat satisfaisant. Le Grand Marché est désert. Les créatures du maîtres des ténèbres se terrent probablement dans la tour de leur maître.

   - Tu es sûr que c’était uniquement pour cela ? insista l’autochtone.

   Luryo répondit à l’affirmative. Néanmoins, il semblait dissimuler quelque chose.

   - Quoi, tu croyais que c’était autre chose ? fit-il en feignant l’innocence.

   - En fait, Kuy nous apporte une version foncièrement différente…

   - Il paraît que tu te serais allié à Ganondorf et que tu voudrais nous tuer durant la nuit, rapporta Oni-Link. Notre ami d’Onoa assure qu’il t’a surpris en pleine discussion avec le seigneur du mal.

   L’Hylien parut hésiter.

   - Ce… ce n’est pas vrai, bredouilla-t-il.

   Il constata qu’on avait découvert sa supercherie, car on le fixait à la fois incertitude et inquiétude.

   - Bon, d’accord ! Ce que vous dites est vrai, avoua-t-il. J’ai bel et bien discuté avec Ganondorf, et il m’envoyait pour vous tuer.

   A’guì plaqua une main sur sa bouche, interdite. Oni-Link posa la main sur le pommeau de son épée.

   - Attendez, laissez-moi m’expliquer ! ajouta précipitamment Luryo. En fait, je voulais faire croire au maître des ténèbres que j’étais désormais sous ses ordres, mais ce n’était qu’une tactique pour essayer de l’espionner discrètement. Or, vu que je vous l’ai maintenant révélé, il sait probablement déjà que je lui ai menti.

   Sa dulcinée soupira, soulagée.

   - J’espère que tu n’avais pas cru que j’étais tombé du mauvais côté, fit l’Hylien à son intention.

   - Non, pas un seul instant, répondit A’guì, qui vint se blottir dans ses bras. J’étais persuadée que tu ne nous aurais jamais trahi de ton plein gré, à moins d’avoir été malencontreusement hypnotisé par le seigneur du malin.

   - Dommage, grogna Kuy. Si je ne t’aurais pas surpris en train de discuter avec le prince de l’obscurité, ton plan aurait fonctionné.

   - Par contre, tu aurais mis ta vie en danger en t’exposant ainsi à lui, riposta la jeune femme à la peau noire. Nul ne sait ce qu’il aurait pu te faire s’il aurait appris ta tromperie.

   Le héros leur rappela :

   - N’oubliez pas, il peut toujours y avoir d’autres traîtres parmi nous. C’est pourquoi il nous faut nous tenir prudents en tout temps.

   Il bâilla, puis ajouta avec un sourire :

   - Bon, eh bien, même si nous avons une guerre à gagner, moi, j’ai du sommeil à récupérer !


4-Un dur bilan

   Ganondorf fut frustré d’apprendre que Luryo l’avait dupé sans qu’il ne s’en aperçoive, mais ce qui avait été fait était fait, et il était inutile de s’y attarder. Le maître des ténèbres regagna son antre. Il grimpa à son faîte. De ce point de vue, il put remarquer que la majorité des membres de l’Union d’Hyrule avaient déserté le champ de bataille. C’était le moment de les prendre encore une fois au dépourvu. Il descendit à l’étage inférieur et, faisant porter sa voix jusqu’au bas de la tour grâce à sa magie, il déclara d’une voix forte à l’intention de ses subalternes :

   - Tous ceux qui se trouvent à l’étage deux et trois, réunissez-vous au Grand Marché. Allez réveiller nos ennemis à votre manière !

   Le seigneur du mal laissa entendre un rire sardonique.

   Sa tour comportait plus d’une vingtaine d’étages. Il n’avait encore utilisé qu’une fraction de ses armées. Pour l’instant, il ne les envoyait que pour réduire le nombre de ses opposants et pour connaître leur force. Quand ils ne seraient plus que quelques-uns, il leur porterait le coup final en envoyant ce qu’il lui resterait de ses monstres. Il ne doutait pas de vaincre l’Union d’Hyrule avant d’avoir vidé son antre de ses créatures.

***

   C’est la lumière des rayons du soleil et les éclats de bruits de combat qui réveillèrent Yujan. Il leva les yeux au ciel. L’astre soleil avait déjà atteint son zénith et entamait inexorablement son périple vers l’horizon. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Le Sheikah avait mal à la tête et il était fatigué. Ses paupières retombèrent, et il tomba rapidement dans les bras de Morphée.

   Quand il se réveilla de nouveau, la voûte céleste qui commençait à prendre une teinte pourpre annonçait l’aube. Celui qui faisait partie du peuple de l’ombre avait rattrapé son sommeil et était maintenant dans l’état de réfléchir. Il commença par se demander ce qu’il faisait – il balaya les alentours du regard – adossé à une pierre, à la Vallée Gerudo. Puis ses esprits de remirent peu à peu en place. Il se rappela avoir tenté d’espionner Ganondorf, mais ce dernier l’avait surpris, nul ne sait comment. Puis, plus rien… Il déduit que le maître des ténèbres l’avait hypnotisé. En ce concentrant, il réussit à se souvenir peu à peu de ce qu’il avait fait lorsqu’il était sous le joug du seigneur du mal. Il avait fait croire à l’Union d’Hyrule, par le biais d’Oni-Link, que les armées du prince de l’obscurité attaqueraient le lendemain – ce qui était faux. Les combattants prônant le bien étaient demeurés dans la Plaine d’Hyrule toute la journée ; lorsqu’ils s’étaient apprêtés à regagner leur campement, épuisés, Ganondorf avait envoyé ses armées pour les attaquer.

   Le Sheikah n’avait pas suivi les ordres du maîtres des ténèbres de son plein gré. Dorénavant, il lui faudrait se montrer plus prudent que jamais.

***

   Oni-Link se réveilla un peu avant les autres, étant donné qu’il nécessitait de moins de sommeil. Quand il sortit de sa tente, sous le ciel encore nocturne, il remarqua de sa vue devenue perçante et nyctalope Yujan, qui était dissimulé dans l’ombre d’un rocher. Il s’approcha discrètement du Sheikah. Celui-ci sembla avoir remarqué sa présence car, sans lui adresser un seul regard, il dit :

   - Je sais que j’ai fait une erreur en vous informant que les armées de Ganondorf attaqueraient le matin, la dernière fois. J’en suis désolé, mais ce n’était pas de ma faute. Le maître des ténèbres me maintenant sous son emprise malgré moi.

   Cette réponse satisfit le héros, qui ne répondit rien.

   - Cependant, continua celui qui faisait partie du peuple de l’ombre, je sais que le seigneur du mal attaquera sous peu. Cette fois-ci, j’en suis persuadé, et je vous garantis que je ne vous mens pas.

   Le garçon remercia Yujan. Il s’apprêtait à aller avertir l’Union d’Hyrule de l’assaut imminente, quand le Sheikah ajouta :

   - Ah oui : tous ceux qui étaient restés dans la Plaine d’Hyrule cette nuit on été tués. J’en suis désolé, je n’ai rien pu faire pour les aider. J’ai constaté cela sous peu.

   Oni-Link sentit son sang se glacer dans ses veines.

- Merci de m’avoir informé, le remercia le héros avant de s’éloigner.

   Le maître des ténèbres avait donc poursuivi discrètement son carnage durant la nuit. Les quelques vingt personnes qui étaient demeurés sur le champs de bataille dans la pénombre, avaient péri. La majorité était des Ezneclais : le royaume n’avait en conséquence heureusement pas subi de trop grosses pertes. Cependant, il s’agissait quand même d’un nombre important de combattants qui étaient décédés ; car un seul guerrier pourrait être déterminant dans l’issue de la guerre.

   Sur le deux cent trente-sept combattants prônant le bien qui avaient participé à la bataille, il n’en restait déjà plus que cent cinquante.


5-La bataille se poursuit

   Après s’être entretenu avec Yujan, Oni-Link avait averti sur-le-champ ses subalternes de l’assaut imminent du seigneur du mal, obligé à tirer certains du sommeil. Il les avait convié à regagner la Plaine d’Hyrule au plus vite. L’Union d’Hyrule et les Ezneclais obtempérèrent sans rechigner. Maintenant, il étaient tous rassemblés dans ce qui serait bientôt un champ de bataille.

   Durant la nuit, ceux qui y étaient restés éveillés – et qui, malheureusement, avaient péri – avaient dégagés les cadavres de leurs frères d’armes et les avaient jetés dans un grand creux, avant de les enterrer. Ils avaient eu amplement le temps d’effectuer cette tâche ; c’était à leur avantage, car ça leur permettait de ne pas tomber dans les bras de Morphée. La Plaine d’Hyrule était donc nettoyée des dépouilles inertes de leurs compagnons. Les guerriers ne s’enfargeraient plus dans les macchabées et ne seraient pas découragés par la mort qui régnait autour d’eux. Au moins, on n’avait pas été obligé de dégager les cadavres des monstres de Ganondorf car, aussi étrange que cela puisse paraître, lorsqu’elles trépassaient, les créatures disparaissaient mystérieusement en s’évaporant dans un nébuleux nuage de fumée.

   Sur son cheval, Oni-Link se tenait à la tête de ses troupes, immobile, le regard dirigé vers le passage qui permettait de sortir de la citadelle. Tous les combattants attendaient dans un silence angoissé que la bataille se déclare de nouveau.

   Sur sa monture au pelage blanc, Naec s’approcha de son supérieur immédiat.

   - Gardons-nous la même formation que hier, ou nous changeons de technique ? demanda l’amant de la princesse. Si vous avez besoin d’un plan, je suis à votre disposition, et Fehan l’est tout comme moi.

   - Merci de ta proposition, mais je ne crois pas que ça changera grand-chose à l’issue du combat. Nous avons quand même réussi à repousser une bonne partie des ennemis hier, et même si nous utilisons une autre tactique, il y aura certainement autant de morts.

   Naec hocha la tête et, sans rajouter rien, regagna sa position.

   Le matin se levait tranquillement et l’astre solaire étendait sa lumière et sa chaleur sur le monde. La nuit avait été assez fraîche, de sorte que la température était maintenant agréable – surtout pour les Ezneclais qui endossaient tous une épaisse cuirasse et une armure complète en métal.

   Bientôt, l’on put discerner des formes disparates bouger derrière les murs de la citadelle. Une grande agitation y régnait. Comme tous s’y attendaient, il s’agissait des armées de Ganondorf qui se regroupaient. Les créatures ne tardèrent pas à émerger dans la Plaine d’Hyrule.

   Même si le pont-levis était presque complètement détruit, cela n’arrêta malheureusement pas les monstres, au grand dam de A’guì et Luryo qui avaient pensé les ralentir en brûlant la passerelle.

   Les premiers rangs des armées ennemies étaient encore composés de Moblins et de Stalfos. Le héros exécutait des arcs de cercle avec sa puissante épée, fauchant à chaque coup au moins une créature. Sa lame fut bientôt souillée de sang ennemi. Il ne put évidemment bloquer tous les monstres : Naec et Fehan s’en occupèrent. Une fois rendu au niveau des membres restants de l’Union d’Hyrule, il ne restait déjà presque plus de subalternes du maîtres des ténèbres. Les soldats d’Eznecla s’occupaient des quelques fuyants qui parvenaient à traverser les lignes précédentes. Seuls un ou deux individus connurent la mort dans ce premier raid.

   Il ne s’agissait qu’un piètre avant-goût de ce qui les attendait : de véritables colosses suivaient les Moblins et les Stalfos. Il s’agissait de bêtes ressemblant à des ogres ou des trolls. Elles étaient armées pour la plupart de grossiers bâtons de bois. Les créatures étaient tellement larges qu’elles faisaient détacher des pans des murs de pierre qui entouraient la citadelle en émergeant dans la Plaine d’Hyrule. Il n’y en avait qu’une vingtaine, mais c’était de véritables machines de guerres.

   À la vue des géants, Oni-Link recula sur sa monture. Personne ne pouvait pas être impressionné face à la taille des monstres. Derrière lui, il devinait que ses combattants sentaient la peur les gagner. Il se tourna vers eux.

   - Reculez un peu, les convia-t-il. Je vais m’occuper d’eux.

   Puis, levant la paume de ses mains vers les énormes êtres, il fit apparaître un brasier ardent devant lui. Il dirigea les flammes en direction des colosses. Il ne put naturellement toutes les tuer, mais il réussit à en exterminer une bonne partie.

   Il était conscient qu’il gaspillait ses pouvoirs en les utilisant, mais avait-il le choix ?

   Son bref moment d’inattention faillit bien lui coûter la vie. Il n’avait pas vu un des ogres qui avaient survécu se diriger lourdement en sa direction, et le géant faisait basculer son bâton de la grosseur d’un tronc d’arbre dans le but de l’écraser. Heureusement que la gigantesque créature n’avait pas une très grande dextérité, parce que le héros eût bientôt rejoint ses ancêtres dans l’Outre Monde. La volumineuse arme s’écrasa tout près d’Oni-Link dans un bruit sourd. Le temps que l’ogre se relève pour s’apprêter à frapper de nouveau, le garçon avait repris ses esprits ; il leva sa longue épée et trancha net le cou de son opposant, qui s’écroula au sol, avant de disparaître dans une fumée opaque. La tête hideuse, quant à elle, roula un peu plus loin, puis s’évapora de la même façon.

   Une volée de flèches plut alors sur les quelques géants qui demeuraient encore en vie, malgré les galles qui s’étaient formées sur leur épaisse peau à cause de la chaleur du feu que leur avait jeté le héros. Les projectiles les décimèrent tous sans exception.

   Bien entendu, l’Union d’Hyrule et les Ezneclais n’étaient pas au bout de leur peine. Une multitude d’affreuses bestioles émergeaient de la citadelle. Il s’agissait d’énormes scorpions semblables à ceux qu’avait déjà affrontés Oni-Link lors d’un précédent assaut nocturne.

   Ce dernier se retourna vers ses troupes.

   - Prenez garde à leur dard et à leurs pinces ! les avertit-il. Vous devez trancher leur queue pour ensuite pouvoir les tuer !

   Il sentit une pince claquer à quelques centimètres de son oreille. Devinant qu’un arachnide se trouvait juste derrière lui et qu’il entendait qu’il se retourne, il feignit avoir été touché et se laissa tomber par terre. L’insecte géant, insouciant, passa par-dessus son corps pour rejoindre les combattants qui s’alignaient derrière le héros. Quand la créature fut rendue derrière lui, Oni-Link se releva prestement ; il fendit l’air de sa lame aiguisée et trancha le membre transportant le dard du scorpion, et fit ensuite pénétrer la pointe de son épée dans le trou béant qui s’y créa.

   Une voix venant semblait-il d’au milieu de nulle part le fit sursauter. C’était sa sombre moitié qui s’adressait à lui :

   - N’oublie pas que tu possèdes l’écu d’Assayli, lui rappela sa parcelle d’ombre. Ce bouclier pourrait te permettre de parer des coups qui s’averront mortels. Ta mort annoncerait la fin de la paix régnant en Hyrule. Ganondorf dominerait jusqu’à la fin des temps le royaume des déesses. Ne constates-tu pas l’ampleur de ce que signifierait ton trépas ?

   Cela faisait un bon moment que Link Noir ne lui avait pas parlé. Le héros en était venu à presque l’oublier, comme s’il avait toujours fait partie intégrante de lui et qu’ils ne formaient plus qu’un. D’ailleurs, n’avait-il pas toujours été ainsi ? Quoi qu’il en soit, Link répondit :

   - C’est vrai, j’ai mon écu… Je ne m’en souvenais plus. Cependant, je suis tout à fait conscient des risques que je prends en participant à la guerre au lieu d’attendre que le maître des ténèbres vienne à moi, mais ce sont des périls à prendre pour que le mal soit à jamais éradiqué d’Hyrule. D’ailleurs, ne le sais-tu pas autant que moi ? Il me semblait que tu savais tout ce qui me passait par la tête.

   Un rire résonna dans le crâne du héros.

   - En effet, répondit sa sombre moitié, je suis au courant de tout ce que tu penses, au contraire de toi vis-à-vis moi. Toutefois, tu as un plus grand contrôle sur ton corps que moi. Je voulais seulement te faire réfléchir... Maintenant, reporte ton attention sur le combat !

   Oni-Link ouvrit les yeux. On aurait dit que rien n’avait changé depuis qu’il avait entamé une discussion avec Link Noir, comme si leur entretien mental n’avait duré qu’une fraction de seconde ou que le temps avait arrêté. Devant lui, le scorpion qu’il avait tué s’écroulait au sol, avant de disparaître. Le héros avait assisté à tellement de choses absurdes qu’il ne s’en étonna pas pour autant.

   Comme sa parcelle d’ombre l’avait convié, il attrapa le bouclier argenté qu’il portait en bandoulière. Son métal rutilait sous l’éclat du soleil. L’écu d’Assayli le protégerait de n’importe quelle attaque, fusse-t-elle d’origine divine.

   Il continua à faucher tout ce qui s’en prenait à lui. À lui seul, Oni-Link terrassa une dizaine de scorpions. Ses troupes décimèrent les bestioles qui réussissaient à échapper à lame aiguë de son épée. Le héros effectuait le travail de plusieurs guerriers aguerris avec une aise et une assurance déconcertantes.
   
   Derrière lui, tous se battaient avec acharnement. De sa longue épée qu’il tenait à deux mains, Luryo fendait l’air. À ses côtés, A’guì, armée de deux longs poignards, assaillait ses ennemis avec autant de détermination. Dès que l’Hylien voyait que son amante se trouvait dans une situation précaire ou que son opposant était plus puissant qu’elle, il lui venait en aide. Il ne se pardonnerait jamais s’il advenait qu’elle mourût. Pour le moment, elle n’avait pas été gravement touchée. Quelques éraflures marquaient sa peau à quelques endroits, mais sans plus, contrairement à Luryo, dont une longue estafilade rayait la cuisse gauche. Néanmoins, sa blessure ne semblait pas menacer sa vie.

   Quand vinrent les scorpions, il redoubla d’ardeur. Il fauchait les queues des arachnides avec opiniâtreté ; bientôt, ils furent tous exterminés par l’Union d’Hyrule et les Ezneclais.

   Placée plus en distance du champ de bataille, cachée derrière un arbre dont le tronc la dissimulait presque entièrement, Zelda tirait des flèches à un rythme régulier. Elle était très adroite à l’archerie : son éducation avait été davantage axé sur le combat en distance, pour ne pas qu’elle risquât sa vie dans une éventuelle bataille – comme la Guerre de la Triforce, qui faisait rage depuis deux jours déjà.

   Le carquois de la princesse se vidait souvent ; elle s’était préparée en conséquence, car elle avait précédemment placé plusieurs flèches dans une cavité du tronc de l’arbre. Quand elle voyait que sa réserve de traits s’amenuisait, elle y puisait.

   La fille de Daphnes ne s’était pas préparée à ce qu’un scorpion se dirigeât en sa direction. La créature arriva tellement rapidement qu’elle ne pût dégainer le court glaive qui pendait à sa ceinture.

   Les apparences sont parfois trompeuses : on eût pu croire qu’une princesse comme Zelda fût une piètre combattante, mais c’était complètement l’opposé. Quand la pince de l’arachnide claqua dans le but de lui trancher la gorge, la jeune femme lâcha son arme et exécuta une roulade pour éviter le coup mortel, avant de rattraper son arc. Elle profita de la distraction de la bestiole pour s’emparer de sa courte épée ; elle la leva au-dessus de sa tête, pour venir trancher le membre qui comprenait l’aiguillon empoissonné du scorpion en poussant une brève exclamation. La créature laissa entendre une plainte stridente. Courroucée, elle n’abandonna pas la partie ; au contraire, elle redoubla de frénésie dans son assaut et se jeta sur sa proie avec une rage nouvelle. Le coup fut heureusement esquivé de justesse.

   Cette fois-ci, la fille de Daphnes sentit qu’elle ne serait pas de taille contre l’arachnide au sol. Elle n’eût d’autre choix que de grimper dans l’arbre derrière lequel elle se cachait, pour décocher plusieurs projectiles de suites sur son opposant, qui tomba raide mort par terre. Elle poussa un soupir de soulagement. Elle avait vu de près le trépas. Comment auraient réagi les habitants du royaume s’ils auraient appris son décès ? Personne ne pourrait le deviner, mais cela aurait probablement eu comme effet de les démoraliser… ou de faire accroître leur envie de vengeance. Or, elle n’était pas morte, donc il était inutile d’y songer.

   Le combat se poursuivit jusqu’au soir. Les combattants étaient de plus en plus éreintés, et ils tombaient les uns après les autres. Cependant, ils ne perdaient pas espoir, car il leur semblait avoir décimé une bonne partie des armées de Ganondorf déjà. C’était une bévue, une grossière méprise, et ils le remarqueraient bien vite.


6-Ailleurs en Hyrule

   Les habitants du royaume ne participaient évidemment pas tous au combat : plusieurs femmes (surtout les mères) et les enfants étaient demeurés terrés dans un refuge collectif dans leur village. Parmi eux, il y avait les quelques anciens domestiques de la fille de Daphnes, qui se trouvaient dans l’abri sous le village Cocorico. Lorsque la princesse était partie rejoindre les membres de l’Union d’Hyrule à la Vallée Gerudo, elles étaient demeurées là, ayant peur de se risquer à l’extérieur depuis la venue du seigneur du mal. Elles se morfondaient dans l’obscurité, puisque les torches avaient depuis longtemps épuisé leur résine. Les vivres commençaient à manquer.

   Helna, la servante la plus proche de Zelda, tentait pour une énième de faire entendre la raison aux autres femmes :

   - Mais voyons, c’est absurde ! Le maître des ténèbres ne s’occupera pas de nous, et nous ne resterons pas longtemps dehors ; juste le temps d’aller chercher de la nourriture dans les caisses…

- Ce n’est pas moi qui vais y aller. Je reste ici, s’entêtait une. Je ne veux pas prendre de risques…

   Toutes sauf Helna se rangèrent de son côté. Elle dut donc se résoudre à partir elle-même chercher les aliments. Juste au cas, elle glissa un couteau dans le repli de sa robe, avant d’ouvrir la porte de la petite pièce qu’elle partageait avec les autres.

   Elle grimpa les quelques marches qui menaient à l’intérieur d’une maison, puis ouvrit la porte de celle-ci. Les rayons de l’astre du jour la dardèrent, l’éblouissant. Cela prit de longues minutes avant que sa vue ne s’habituât à la lumière aveuglante. Elle leva le regard.

   Elle avait déjà été informée que le seigneur du mal avait bâti une immense tour fuligineuse, mais elle fut tout de même subjuguée par sa hauteur ahurissante. Elle avait certainement été créée grâce à de la magie, puisqu’il la construction d’un bâtiment d’une telle ampleur aurait demandé des années de travail acharné. Mais elle n’était pas venue à l’extérieur dans le but d’admirer l’antre du prince de l’obscurité ; c’est pourquoi elle se hâta de se diriger vers les caisses de bois qui pullulaient au village Cocorico. Elle nota que l’endroit été désert, même si une ou deux personnes étaient probablement terrées dans leur demeure, attendant avec angoisse l’issue de la guerre.

   Alors qu’elle s’apprêtait à retourner dans l’abri souterrain, les mains chargées de victuailles, Helna entendit des bruits métalliques provenant de la Plaine d’Hyrule. Sa curiosité l’emporta sur sa raison : elle posa les aliments devant l’entrée de la maison sous laquelle se trouvait le refuge et se risqua dans l’escalier.

   Un frisson glacé parcourut tout d’abord son échine à la vue d’énormes bestioles et des dépouilles de ceux qui avaient été tués lors de la bataille. Puis, une lueur d’interrogation passa dans ses yeux quand elle vit une grande quantité de chevaliers à la cuirasse luisante, qui n’étaient vraisemblablement pas originaires du royaume. Elle avait été informée que les différents peuples d’Hyrule s’étaient unis pour formés une armée (la plus grande qu’on n’est jamais connue), mais ils étaient apparemment allé chercher de l’aide ailleurs.

   Concentrée sur le combat, elle ne vit un des énormes scorpions traverser le pont qui traversait le petit ruisseau à l’eau claire et cristalline qui sourdait des entrailles de la Montagne de la Mort que lorsque celui-ci gravit les marches au sommet desquelles elle se tenait dans un affreux grouillement. Dans un geste de panique, elle voulut tirer son couteau, mais sa main trembla et l’arme lui glissa des mains. L’arachnide enfonça violemment son dard dans son thorax, avant qu’elle ne s’effondre mollement au sol, telle une poupée de chiffon.

   La bestiole, dotée d’un sens particulier que l’on pourrait comparer à l’olfaction, suivit la piste qui la guiderait probablement à d’autres victimes qui calmeraient momentanément sa voracité. Par la suite, elle regagnerait le champ de bataille.

***

   Même en plein cœur de la Forêt Kokiri, le cliquetis des armes se répercutait jusqu’aux oreilles pointues de ses habitants. Ceux-ci s’étaient réfugiés dans leur maison, plusieurs refusant d’en sortir. Ils étaient effrayés à l’idée que le maître des ténèbres pût revenir semer la terreur dans la forêt. Ils étaient encore en deuil de la mort Saria, dont on avait récemment célébré des funérailles décentes : après tout, c’était la plus sage, la plus aimée et la plus respectée des leurs. Mido était celui qui s’en remettait le plus lentement : il passait ses journées à pleurer dans sa cabane. Dans sa folie, il s’était promis que si Ganondorf revenait, il tenterait de mettre fin à ses jours par tout les moyens. Il avait préparé une épée qu’il comptait utiliser dans un tel cas.

   Au beau milieu de la nuit, le son étrange et inquiétant du tintement de clochettes, plus éclatant que les fracas métalliques incessants mais moins bruyants, les réveilla. Plusieurs Kokiris passèrent leur couette par-dessus leur tête, tremblant de tous leurs membres ; mais quelques-uns osèrent un œil à l’extérieur – dont Mido. Ils discernèrent une lumière blanche provenant du tronc d’arbre creux menant aux Bois Perdus, filtré par les ramifications touffues des immenses arbres millénaires aux troncs noueux et donc l’écorce sombre était lézardée de profondes rides. Une silhouette diffuse en émergea, tenant une chandelle. Elle était vêtue d’une cape à capuchon grise qui dissimulait sa figure. Aussitôt, sans crier gare, Mido sauta et courut à toute vitesse en sa direction, l’arme au poing. Quand l’intrus fut à sa portée, il tenta de lui transpercer le corps de sa lame, pensant qu’il s’agissait du seigneur du mal ; or l’autre sortit un bâton de cornouiller de sous sa cape et lui assena un solide coup qui lui fit lâcher son épée et mordre la poussière.

L’étranger laissa tomber son capuchon, révélant le faciès d’un vieillard à l’âge plus que vénérable : les traits de l’homme étaient incroyablement tirés, et sa peau était craquelée comme un désert ; ses yeux vitreux, d’où tombaient des cernes violacés, étaient blanchis par des cataractes épaisses ; son crâne presque chauve n’était garni que de quelques touffes disséminées ; toutefois, sa longue barbe lactescente touchait presque le sol, telle une cascade gelée pendant l’hiver. À vue, Mido, qui s’était relevé, recula, apeuré. D’une voix aussi blanche que sa barbe, audible pour tous les Kokiris, même ceux qui se trouvaient dans leur lit, il dit gravement :

- On m’appelle Amelad. J’ai erré longtemps à la recherche de cet endroit. J’ai voyagé par monts et par vaux et bravé maints périls. Mais il y a une raison à tout cela : les déesses m’ont confié une mission de la plus haute importance, et elles m’ont guidé jusqu’ici… Je dois contribuer à l’accomplissement de la prophétie de Hulma.

Il marqua une pause. La nuit se fit plus profonde et oppressante autour d’eux tandis que le silence régnait.

- Vous devrez trouver le Fruit Doré et le faire manger au nouvel Arbre Mojo, reprit-il. Si vous ne réussissez pas, vous mourrez. Le destin d’Hyrule, voire des contrées au-delà repose sur vous.

Après avoir prononcé ces mots, il disparut comme par enchantement, semant le doute et l’inquiétude dans l’esprit des Kokiris.

***
   Au Village Goron, il ne restait plus qu’une dizaine d’habitants, majoritairement des femmes – car oui, elles existent – qui prenaient soin des petits. Ils attendaient avec impatience le retour de leurs guerriers : mais ce moment n’arrivait pas. Ainsi, ils finirent par être lassés, et décidèrent de prendre eux aussi part à la guerre : si l’Union d’Hyrule était vaincue, c’en était aussi fait pour eux. De plus, ils avaient un plan

De cette façon, neuf Gorons quittèrent la cité et descendirent en roulant à toute vitesse le flanc de la Montagne de la Mort, se dirigeant vers le champ de bataille. Seule la doyenne demeura au village. C’est elle qui s’occuperait des petits pendant l’absence des autres. Elle espérait par-dessus tout qu’ils reviennent, et que tout redevienne enfin normal…
« Modifié: 01 juin 2013 à 16:30 par Supersigo »

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J'ai une grande nouvelle à vous annoncer (je crois que vous avez déjà deviné, je poste seulement dans les sujets de mes fics pour cette raison xD) : JE REPREND L'ÉCRITURE DE MA FIC ! Eh oui, vous avez bien compris ! Malheureusement, ce n'est peut-être que passager... mais je ne l'espère pas pour vous, mes fidèles lecteurs ! Ah mais c'est vrai je n'ai pas de fidèles lecteurs... sauf Shield, merci Shield. :( Sérieusement je vais te mettre dans les remerciements à la fin, t'en fais pas.^^

Donc voilà... faudrait bien que je me concentre sur mes examens finaux du collège maintenant, c'est juste les examens les plus importants de toute ma vie et je n'ai pas commencé à étudier, et c'est après-demain. :mrgreen:

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J'ai une grande nouvelle à vous annoncer (je crois que vous avez déjà deviné, je poste seulement dans les sujets de mes fics pour cette raison xD) : JE REPREND L'ÉCRITURE DE MA FIC ! Eh oui, vous avez bien compris ! Malheureusement, ce n'est peut-être que passager... mais je ne l'espère pas pour vous, mes fidèles lecteurs ! Ah mais c'est vrai je n'ai pas de fidèles lecteurs... sauf Shield, merci Shield. :( Sérieusement je vais te mettre dans les remerciements à la fin, t'en fais pas.^^

Donc voilà... faudrait bien que je me concentre sur mes examens finaux du collège maintenant, c'est juste les examens les plus importants de toute ma vie et je n'ai pas commencé à étudier, et c'est après-demain. :mrgreen:
Il serait peut être temps pour moi aussi de reprendre la lecture de ta fic, je crois que je suis encore à la partie III, honte à moi.
Bah, on a toujours trop de trucs à faire... comme réviser pour ses examens, n'est-ce pas ?  :mrgreen:

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En effet. :lol:
Mais ne te presses surtout pas, je ne suis pas encore rendu tellement loin.^^

Ah, et j'ai oublié de le dire dans mon précédent post, j'ai ajouté le chapitre 6. :P

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #4 le: 20 décembre 2012 à 00:46 »
Bon, je me suis encore remis à l'écriture me fic, et je suis motivé cette fois-ci à la finir. Pour ce qui est de la faire, on verra. :D

Voici le chapitre 7. Le chapitre 8 sera, je vous l'annonce, épique et contiendra beaucoup de révélations. B) edit ; C,est fait. Avouez que vous ne vous y attendiez pas. :D

7-Jeux de lumière

L’obscurité régnait depuis longtemps, mais le combat se poursuivait toujours dans la Plaine d’Hyrule. La barre des survivants de l’Union d’Hyrule allait bientôt descendre sous la centaine. Plus que jamais, ses membres commençaient à perdre espoir.

   Les Stalfos ainsi que les Moblins étaient revenus à la charge pour une énième fois. Ils se déferlaient sur les guerriers sans leur accorder le moindre instant de répit, comme une vague risquant à tout moment de les engloutir. Même Oni-Link, dont la force s’était considérablement accrue, se sentait lentement défaillir. C’était surtout la magie qu’il usait pour continuer à faire brûler la boule de feu dans le ciel ténébreux qui l’épuisait. S’il ne cessait pas bientôt de l’alimenter en énergie, il tomberait sans doute inconscient, et tous ses efforts auraient été vains. N’en pouvant plus, il leva les bras. Le soleil artificiel disparut, plongeant la Plaine dans une noirceur presque totale. Le héros savait que cela ne ferait que détruire encore plus la morale de ses troupes ; et, voyant moins bien dans le noir, contrairement à lui, plusieurs guerriers ne pourraient éviter des attaques sournoises.

   Contre toute attente, la clarté revient sur le champ de bataille ; or elle venait non pas du côté de l’Union d’Hyrule, mais plutôt de celui-ci de leur ennemi ; et la lumière était plus pâle et légèrement bleutée, comme si la lueur de la lune eût décuplé en vigueur.

   L’émoi des habitants des deux royaumes fut toutefois de courte durée, et elle se transforma graduellement en terreur ; car ils constatèrent l’éclat provenait de scarabées géants à la carapace luminescente qui volaient en leur direction dans un horrible vacarme de bourdonnements. Tous les guerriers plaquèrent aussitôt leurs mains sur leurs oreilles, obligés de lâcher leurs armes, sans quoi leurs tympans auraient probablement éclaté. Seul Oni-Link ne broncha aucunement.

   Quelques insectes se posèrent devant eux, rendant la clameur moins assourdissante et permettant aux combattants de récupérer épées, lances et arcs. Les autres planèrent au-dessus d’eux et plongèrent à toute vitesse sur eux, ou alors les surprirent par derrière.

   Dès que la première bestiole se posa près de lui, le chef de l’Union d’Hyrule se jeta sur elle ; or son arme, malgré qu’elle fût extrêmement puissante, ricocha sur sa carapace qui paraissait embrasée d’un feu bleu. Autour de lui, ses troupes s’acharnaient à tenter de la transpercer, mais plusieurs rompirent leur arme sur le dos des scarabées et, sans défense, périrent piétinés ou encore broyés par leurs mandibules énormes. Leur cuirasse était plus dure encore que le roc.

   C’est à ce moment que vint une aide inopinée : descendant l’escalier du village Cocorico, ce qui semblait être des rochers vivants apparurent, marquant le sol de profonds sillons. Ils foncèrent férocement vers les insectes qui, sous le choc brutal, furent projetés dans les airs. Plusieurs se retrouvèrent coincés sur le dos, révélant leur abdomen qui n’était protégé par aucune armure. Remarquant cela, Oni-Link cria :

   - Leur ventre ! Il faut que vous atteigniez leur ventre !

   Aussitôt dit, aussitôt fait. La grande majorité des bestioles furent terrassées de cette façon, les Gorons les renversant, puis les Hyruliens ou les Ezneclais les abattant ; les autres, ceux qui tourbillonnaient toujours au-dessus d’eux, furent assaillies par une pluie fatale de flèches. Quand elles trépassaient, leur corps cessait de s’illuminer. Enfin, le silence régna dans la Plaine d’Hyrule. La tension était toutefois palpable dans les troupes du héros. En effet, c’était le calme avant la tempête.


8-Le Fils de Din

Tout à coup, un horrible hurlement déchira la nuit. Un frisson glacé parcourut le dos de tous les membres de l’Union d’Hyrule. La terre trembla. Puis, soudain, une immense flamme jaillit du Grand Marché ; pendant un instant, plusieurs crurent que la Montagne de la Mort entrait de nouveau en éruption. De ce brasier ardent bondit une créature d’une taille colossale. C’était un véritable démon. Ses yeux de braise projetaient un regard incendiaire, insoutenable. Sa bouche, par laquelle s’échappait une impressionnante quantité de vapeur – bien que cela ressemblât davantage à de la fumée – s’étirait en un affreux rictus de haine, et entre ses dents qui étaient à s’y méprendre tellement elles ressemblaient à des poignards pointait une langue fourchue, d’un rouge violacé. Des cornes grosses comme des bœufs émergeaient de son crâne, aussi aiguës qu’eût été la pointe d’une lance de diamant. Juste derrière émergeait un grand pic, suivi de nombreux autres qui descendaient le long de son échine jusqu’à sa queue, qui était en fait une boule couverte d’aiguilles, tel un fléau auquel on eût insufflé la vie. Sous ses omoplates, il y avait des ailes noires et osseuses, similaires à celles d’une chauve-souris et qui, malgré qu’elles fussent trouées, semblaient encore utilisables par quelque magie sombre. Finalement, deux griffes plus longues que la plus longue des claymores garnissait ses mains, dont une tenait une flamberge et l’autre un fouet qui semblait incandescent.

Oni-Link crut entendre le rire machiavélique du seigneur du mal provenant du haut de sa tour, or peut-être était simplement l’angoisse grandissant qui montait en lui qui lui faisait imaginer des choses.

Cette abominable créature atterrit à quelques mètres seulement du héros – qui ne s’en sentait par ailleurs plus un – faisant violemment trembler la terre, tel le spasme d’un homme agonisant. Le cœur du jeune homme lui parut cesse de battre. La bâte faisait plus d’une dizaine de fois sa taille. « Je ne pourrai jamais vaincre un tel monstre, songea-t-il. Il va nous décimer en peu de temps. »

- Je sais que tu es fatigué, fit Link Noir, mais ce serait le bon moment pour utiliser tes pouvoirs magiques. Je te recommande bien sûr l’eau. Ça donnera une bonne leçon à Ganondorf. Je me demande où il l’a pris car, même dans le monde des damnés, on ne trouve pas de tels êtres. On dirait un Magmaudit, mais en beaucoup plus puissant.

La créature toisait Oni-Link avec tellement de férocité que ce dernier était incapable de scruter ses yeux, de peur de sombrer dans la folie. Epona, quant à elle, semblait pétrifiée, comme les montures de Naec et de Fehan. C’est alors que le démon ouvrit la bouche. Il parla d’une voix lente, puissante, caverneuse, sifflante, mêlée de cliquètements métalliques ; une vois effrayante :

- JE SSSSUUUUIS TON PIRE CAUCHHHHHEMAR… JE SSSSUIS… LE FILSSSS DE DIN !

Le héros eut un frisson comme il n’en avait jamais eu, comme si une décharge électrique l’eût foudroyé à ce moment précis. Si ce que disait le monstre était vrai, ils étaient vraiment dans le pétrin, comme s’ils ne l’étaient pas déjà assez… Et même si la bête mentait, il l’aurait cru de toute façon, puisque sa voix l’hypnotisait profondément, raisonnant dans sa tête encore et encore en un écho incessant. Et pourtant, il réussit à articuler, quoique difficilement :

- Tu ne me fais pas peur.

Le Fils de Din poussa un grondement sourd ; Oni-Link ne put déterminer si c’était un cri de colère ou un éclat de rire.

- TU CROIS POUVOIR ME FAIRE PEUR, PETIT HUMAIN ?! TOI ET TA RIDICULE ARMÉE ? CAR MOI, JE SSSSAIS QUE JE TE FAIS PEUR. TU AS PEUR, PETIT HUMAIN, TU AS PEUR…

« Tu as peur… tu as peur… » Ces mots ne faisaient qu’accroître son sentiment d’insécurité. Mais Link Noir, lui, ressentait plutôt de la colère. Il explosa :

- Je ne suis pas un humain. Je suis un demi-dieu. Nous sommes un demi-dieu. Comme toi. Mon frère.

- F… frère ? balbutia la bonne partie de sa conscience.

- Oui, frère, répéta sa sombre moitié en étant seulement audible pour Link. Tu es… nous sommes… les fils de Din.

Oni-Link sentit son cœur chaviré. Bouleversé, il se dit :

- Absurde. C’est absurde…

- C’est pourtant la vérité. Désolé de te l’apprendre dans de telles circonstances. Je ne voulais pas te mettre du poids de plus sur les épaules, et je ne voulais pas que tu éprouves de la pitié – car cet être est profondément mauvais, et il le sera toujours, quoi qu’il arrive. Tout ce que je peux te dire, c’est que ta mère est fière de toi.

- Non, cela n’augmente pas mon fardeau. Au contraire, cela ne fait que me donner encore plus envie d’abattre une fois pour toutes le seigneur du malin.

Comme il arrivait souvent quand il discutait avec lui-même, le temps cessait de s’écouler jusqu’à ce qu’il se « réveille ». Il leva les yeux, affrontant du regard ceux de son frère – qui semblaient d’ailleurs avoir perdu de leur éclat -, demandant à la grande surprise de tous les membres de l’Union d’Hyrule qui se trouvaient derrière lui :

- Frère…

- SSSSISSSSMA. APPELLE-MOI SSSSISSSSMA, siffla le démon d’une voix sans timbre.

- Sisma… quand as-tu basculé du mauvais côté ?

À ce moment, son esprit bascula et il se trouva plongé dans la conscience brûlante de la créature qui était vraisemblablement son frère. Il vit une femme aux longs cheveux bouclés, rouges, d’un rouge rubicond, enflammé. Il vit un ruisseau de flammes entre deux rives d’or massif. Et alors il vit Sisma. Un jeune bambin, de plusieurs quornilles de hauteur, certes, mais un jeune bambin quand même. Malgré son apparence quelque peu monstrueuse, un large sourire s’étirait sur son visage, découvrant ses dents pointues. Puis, tout à coup, son sourire disparut, remplacé par une terrible grimace de colère. Sisma n’avait pas respecté les lois divines et s’était retrouvé condamné à côtoyer les âmes mauvaises pour toujours. C’est à ce moment qu’il avait rencontré Ganondorf, qui avait facilement réussi à dominer son esprit corrompu.

Oni-Link ouvrir les yeux. Il n’avait toujours pas bougé. Sisma, contre toute attente, pleurait des larmes de lave, qui s’écrasaient en grésillant sur le sol, formant des cratères. Or, le héros, qui croyait pouvoir exploiter ses sentiments pour faire de lui un allié éventuel, s’était trompé : il n’avait fait que décupler la haine de son frère en faisant émerger le sombre passé de celui-ci.

- Sisma, répéta Oni-Link, mais sa voix tremblait.

- TAIS-TOI ! TAAAAAIIIIS-TOOOOIIII !!!

Le démon poussa un rugissement tellement puissant que, même en plaquant leur main sur leurs oreilles, les membres de l’Union d’Hyrule ressentirent de la douleur, et les tympans de plusieurs d’entre eux faillirent bien exploser. On entendit ce cri jusqu’à Calatia et même Eznecla ; partout, les gens tremblèrent de peur.

Sans avertissement, Sisma fit claquer son long fouet enflammé. Il manqua fort heureusement son coup mais, même s’il se trouvait à une certaine distance du flagelle, il en sentit la cuisante chaleur.

Son frère utilisa alors son flamberge qui faisait près de deux quornilles de longueur. Oni-Link n’eut le temps que de lever son Excalibur des Fées pour parer le coup, et le choc fut tellement brutal qu’il fut propulsé dans les airs et retomba derrière Fehan et Naec qui décidèrent de prêter main-forte à leur capitaine. Or celui-ci s’écria :

- Non ! Je suis le seul dans la mesure de le vaincre. Repliez plutôt vous.

Fort heureusement, Sisma ne semblait avoir d’œil que pour lui.

Il se rappela le conseil de sa sombre moitié : il tendit donc le bras et un puissant jet d’eau émergea de la paume de sa main ; or le liquide s’évapora avant même de toucher le monstre. Oni-Link jura silencieusement.

La créature bondit en sa direction et l’attrapa de ses doigts griffus, le levant au-dessus de sa tête. La nouvelle forte consistance du héros lui sauva la vie, puisque, s’il avait été dans sa forme normale, il aurait automatiquement été écrasé par la solide poigne du demi-dieu. Tous les os de son corps craquèrent et son bras droit se disloqua. Mais le pire était la chaleur insupportable qui chauffait comme un fer rouge chaque parcelle de sa peau. Il n’eut même pas la force de crier. Ça y était, il allait rejoindre sa mère au royaume divin…

   Vint alors une aide inespérée. C’était Kaepora Gaebora. Il replia ses ailes et plongea à toute vitesse vers Sisma, qui ne le vit pas venir. Il se percha sur sa tête, que le démon secoua violemment, et le hibou planta son bec acéré dans chacun de ses yeux, avant de s’envoler les plumes enflammées tel un phénix. Le monstre lâcha son frère, portant ses mains à ses yeux crevés, hurlant à s’en déchirer les poumons. Il cracha maints jets de flammes, se retourna en renversant une dizaine de soldats de sa queue hérissée de pointes, tenta de s’envoler mais retomba lourdement et s’affala au sol. Oni-Link s’approcha de lui et, dans un ultime effort, oubliant la chaleur insupportable qui lui brûlait le corps entier, s’approcha le plus qu’il put de son frère et planta violemment sa lame dans son thorax. Avant de disparaître comme le faisaient tous les monstres sous la domination du seigneur du malin, Oni-Link eut le temps de murmurer :

- Je te libère.


9-La perte d’un grand sage

Tout à coup, après l’éclat aveuglant du feu embrasant Sisma et ses cris gutturaux, la Plaine d’Hyrule paraissait extrêmement silencieuse et obscure.

Pour la première fois depuis longtemps, Oni-Link pleura. Tout s’était déroulé si rapidement… Il peinait à réaliser qu’il avait tué son frère ; un frère qu’il n’avait pas connu, certes. Maintenant, une foule de questions se bousculaient dans sa tête. Néanmoins, elles furent rapidement chassées par des cris provenant de derrière lui.

   Les soldats de l’Union d’Hyrule formaient un cercle autour de ce qui semblait émettre de la fumée. Un effluve de brûlé flottait dans l’air frais et cristallin. Le héros accourut vers le rassemblement. Sa bouche s’ouvrit, mais aucun son n’en sortit.

   Kaepora Gaebora, une aile cassée, le plumage noirci et même par endroit inexistant en laissant seulement entrevoir de la chair sanguinolente, était étendu sur le dos, les yeux clos, la respiration difficile, haletante. Il poussait par moment de brefs et faibles roucoulements, probablement de douleur. Oni-Link s’agenouilla à son côté.

   - Maître Gaebora…

   Le hibou écarquilla légèrement les paupières. Ses yeux jaunes et globuleux, laissant deviner une grande intelligence et une grande sagesse, perdaient graduellement de leur éclat ; la vie quittait peu à peu l’oiseau. Il murmura d’une voix si faible qu’elle était à peine audible :

   - L… Link…

   Il referma les yeux, si longtemps que le héros cru qu’il avait déjà trépassé. Mais ils finirent par se rouvrir.

   - Link… répéta Kaepora dont chaque syllabe semblait le faire profondément souffrir. Link, je te connais depuis que je t’ai aperçu sortant de la Forêt Kokiri. J’avais un pressentiment… le pressentiment que tu aurais un rôle très important à jouer dans l’avenir du royaume… et c’est le cas… Tu es sans contester la personne la plus courageuse que je connaisse. Je suis sûr que tu réussiras à vaincre le seigneur du malin. Le secret, c’est d’être plus malin que lui…

   Il marqua une courte pause, le temps de reprendre sa respiration qui s’épuisait rapidement.

   - Puissions-nous nous croiser de nouveau un jour dans le domaine des déesses… Ne perds pas espoir, Link. Tu réussiras à rétablir la paix en Hyrule. Je le sais.


   Le hibou toussa profondément. Il souffla dans son dernier soupir :

   - Tu réussiras.

   Ses yeux devinrent vitreux. Oni-Link baissa la tête, le visage inondé de larmes. Il n’était pas le seul à être chagriné. Tous les habitants du royaume connaissaient la renommée de ce grand hibou au cou très flexible. Ils venaient de perdre un grand sage, probablement l’être le plus sage de tout le royaume.

   Link Noir s’agita dans les pensées de Link. Celui-ci tenta de le chasser, furieux qu’il le dérange dans un tel moment, mais il en fut incapable.

   - Cela est la preuve que la mort vient même chercher les êtres les plus bons, les plus forts, les plus sages. Réfléchis-y bien.

   Link ne pouvait être en désaccord avec ces propos.

   Ganondorf décida apparemment de leur laisser encore un moment de répit, à leur grand bonheur. Étant donné la grande fatigue des troupes, il fut convenu qu’on célébrait de décentes funérailles à Gaebora et, par le même, à tous les autres trépassés, à la fin de la guerre… si elle avait une fin. On avait amené la dépouille inerte de l’oiseau jusqu’à la forteresse Gerudo, où on l’avait mise en lieu sûr.

   Cette nuit-là (qui dura très peu de temps, la minuit étant déjà depuis longtemps passée), tous dormirent d’un sommeil agité, pressentant que le maître des ténèbres leur laissait le pire pour la fin. On ne mit aucune sentinelle à l’entrée du camp, probablement parce qu’aucun des soldats n’avait assez d’énergie pour le faire.

   Les cocottes du village Cocorico laissèrent bientôt entendre leur cocorico.


10-Entre mère et fils

   Le lendemain matin, l’ambiance était terrible. Il ne reste plus que soixante-douze survivants dans l’Union d’Hyrule, soit moins du tiers de leurs effectifs initiaux. Chacun connaissait au moins un individu décédé dont ils étaient proches dans la Guerre de la Triforce. De plus, presque personne n’avait dormi autant qu’il ne le voulait, ce qui expliquait l’humeur maussade des soldats. Finalement, la mort récente de Gaebora les avait tourmenté.

   Cette journée-là, ils demeurèrent tous dans leurs tentes, bien que préparés à toute éventualité. Le prince de l’obscurité ne les attaqua pas, et l’astre de Din déclina rapidement dans le ciel pour venir remplacer l’azur pur de la voûte par un marbre noir picoté de blanc, le tout dans une explosion de teintes et de couleurs tel un chou-péteur arc-en-ciel, ce qui donna lieu à un spectacle grandiose, qui ramena légèrement le moral dans les troupes.

   Tous furent bientôt de nouveau couchés. Tous, sauf un : Oni-Link. Incapable de trouver le sommeil, il préférait rester à l’extérieur à contempler le feu.

   Or tout à coup, il crut voir deux yeux le scruter au travers des flammes. Il secoua la tête, pensant que la fatigue lui jouait des tours. Mais cela semblait bien réel. Quel événement surnaturel avait présentement lieu? Il sentit un pincement au cœur, songeant à Ganondorf qui aurait pu user de sa magie maléfique.

   Son inquiétude ne dura toutefois pas longtemps : une voix chaleureuse le rassura rapidement, il ne sut pourquoi, ni d’où elle venait :

   - Tu es en sécurité…

   Il écarquilla les yeux : une face était maintenant visible dans le brasier et était vraisemblablement en train de lui parler.

   - Qui… qui êtes-vous ? demanda-t-il, un peu effrayé.

   Il avait déjà vu des choses horribles dans sa vie mais, il ne savait pourquoi, il sentait que l’entité qui lui parlait était considérablement puissante.

   L’être de feu laissa entendre un rire léger, qu’on eût pu confondre avec un crépitement. Il répondit :

   - Je suis ta mère, bien sûr.

   Le héros sursauta comme il ne l’avait jamais fait. Les déesses lui avaient déjà parlé, certes, mais pas de cette manière. Oni-Link aurait de la difficulté à nommer une des déités qu’il vénérait « maman ».

   Il demeura silencieux un moment, le temps de se reprendre contenance. Une foule de questions se bousculaient dans sa tête. Il demanda :

   - Pourquoi ne m’avez-vous averti avant ? Pourquoi alors l’Arbre Mojo m’a dit que ma mère était hylienne ?

   Din rit une nouvelle fois.

   - Mais ta mère était hylienne. C’était moi, incarnée en femme. Quant à ta première question, c’est compliqué, très compliqué. Je te raconterai un jour. Peut-être.

   - Je ne veux pas vous vexer, loin de là, c’est une simple question de curiosité : pourquoi ma mère n’est-elle pas Farore ? Après tout, j’ai reçu la Triforce du Courage.

   - Cela ne veut rien dire. D’aucuns sait que tu possèdes en plus du courage une grande force, autant physique que morale. Chaque minuscule parcelle de notre royaume contient l’essence de moi et mes deux sœurs.

   - Et les autres royaumes ?

   - Ils nous appartiennent aussi. Après Hyrule, nous ne nous sommes pas arrêtés, contrairement aux croyances : nous avons conçu d’autres royaumes, même d’autres mondes…

   - Pour… pourquoi êtes-vous apparu à moi ?

   - Je tenais à t’informer d’une chose. Mon feu t’aidera quand le moment viendra ; et quand le moment viendra, tu comprendras.

   - Je ne suis pas sûr de bien saisir…

   - Quand le moment viendra, tu comprendras…

   - J’ai une autre question. Elle concerne mon frère.

   Le feu augmenta subitement en intensité.

   - Ne me parle pas de lui. Il a eu le sort qu’il méritait…

   - Mais…

   - J’en ai assez dit !

   Les flammes perdirent lentement de leur vigueur.

   - Bon, il est temps pour toi de reprendre des forces, mon fils. Le combat final arrive à grands pas. Je suis fier de toi. J’ai toujours été fier de toi. N’oublie surtout pas : mon feu t’aidera quand le moment viendra.

   Bientôt, la déesse ne fut plus que cendres et braises.


11-Effrois, super-effrois, cerbères, hydre et golems

   Oni-Link ouvrit les yeux. Déjà le matin. Il s’était endormi devant le feu, qui n’était maintenant plus qu’un tas de branches calcinées encore fumantes.

   Toute l’Union et les Ezneclais s’affairaient autour de lui. Ils aiguisaient leurs lames, enfilaient leur armure, se réchauffaient pour la bataille. Le héros vit Zelda émerger d’une tente, radieuse malgré les événements difficiles qu’elle avait éprouvés ; son sourire s’effaça aussitôt qu’il aperçut Naec, qui l’enlaça et l’embrassa. Sa colère contre la vie cruelle, qui s’était apaisée pour une des rares fois depuis longtemps, se mit de nouveau à gronder en lui. Link Noir dit :

   - Canalise cette énergie négative contre ton ennemi. Tu verras, ça marche.

   La bonne partie de lui-même ne l’entendit pas vraiment, perdu dans ses pensées.

   Il vit ensuite A’guì sortir d’un autre abri, dans les bras de Luryo cette fois-ci. Les deux femmes dont il s’était entiché avaient trouvé un autre amant que lui. Cela l’enrageait. Au moins, cela avait pu rendre Luryo un homme meilleur.

   Cette journée-là encore, ils préféraient attendre dans leur campement plutôt que de se diriger directement sur le champ de bataille, ce qui provoquerait Ganondorf. Bien entendu, on avait laissé des éclaireurs qui donneraient l’alarme dès qu’ils verraient le moindre signe du mouvement du côté adverse… ce qui ne tarda pas à arriver. Toute l’armée s’ébranla avec toute la célérité possible. Oni-Link monta sur le dos de sa jument et partit en tête de troupe.

   Ils eurent tout d’abord affaire à une série d’effrois. Ceux-ci étaient plutôt lents, mais leur cri perçant et angoissant faisait figer de peur même les plus hardis combattants. Heureusement, il n’y eut aucun trépassé de leur côté durant cette première vague. Toutefois, une nouvelle série d’effrois émergea de la citadelle ; ceux-ci étaient verts et extrêmement rapides. Ils sautaient au cou du premier venu. L’un deux tua le cheval de Naec, qui en fut fort désarçonné, et un autre faillit bien faire tomber le héros de sa selle. Les morts-vivants réussirent à étrangler deux de ses hommes.

   Puis, on entendit des jappements. Des jappements rauques, furieux. On ne tarda pas à en connaître la cause : en effet, trois cerbères apparurent. C’était des chiens noirs géants dotés de trois têtes, dont les crocs reluisaient et les gueules ruisselaient d’écume. Oni-Link s’attaqua à un à lui tout seul. Il trancha une tête, puis deux : la mâchoire de la troisième claqua à quelques centimètres de la gorge du héros. Celui-ci enfonça profondément sa lame dans le gosier de la créature. Il jeta un regard aux deux autres bêtes : à son grand bonheur, elles étaient déjà abattues, l’une par plusieurs dizaines de flèches fichées dans son crâne et l’autre vaincu par un courageux Ezneclais qui avait osé grimper à l’encolure du canidé mastodonte pour planter son épée dans sa nuque, bien que cela lui avait coûté la vie.

   Ganondorf avait décidément cherché une panoplie de créatures pour ses troupes, car c’est une hydre qui vint subséquemment. Le serpent était immense et possédait une multitude de tête qui s’agitait dans tous les sens. On devinait par ses longues dents pointues un puissant venin qu’il sécrétait.

   Au lieu de s’attaquer à Oni-Link comme celui-ci s’y attendait, le reptile rampa à toute vitesse en le contournant et ses têtes s’attaquèrent à tous les guerriers se trouvant sur leur passage. Le héros vit avec stupeur les crocs du monstre transpercer avec facilité la dure carapace rocheuse d’un Goron et déchiqueter une armure d’acier comme si c’eût été la pelure d’une orange. Les touchés avaient à peine le temps de se tortiller qu’ils trépassaient, et leur peau devenait noire comme la suie avec de se décomposer à cause du venin extrêmement puissant. Mais ce n’était pas le pire : à chaque fois qu’une des têtes était coupée, elle était automatiquement remplacées par une autre par on ne savait quelle sorcellerie.

   Oni-Link se décida d’agir. À l’aide de son Excalibur des Fées, il trancha une dizaine de têtes à la fois et ce, à plusieurs reprises. Or, une tête semblait résister à tous ses assauts. Plus grosse que les autres, elle se trouvait au milieu. Elle faisait siffler une langue fourchue. Son épée avait pourtant bien réussi à fendre le roc… C’est à ce moment que Link Noir intervint :

   - Inutile de t’apitoyer sur cette créature. Tu ne pourras jamais trancher cette tête. Elle est immortelle.

   - Mais que faire alors ?

   - Je ne sais pas.

   Le héros, tout en continuant à détacher les autres têtes de l’hydre afin de les empêcher de s’attaquer aux soldats sous ses ordres, fit part de la situation à ses deux subalternes immédiats. Ceux-ci paraissaient tous aussi désemparés que lui. C’est alors que Naec leva le doigt.

   - J’ai une excellente idée ! Puisque nous ne pourrons jamais vaincre ce monstre même si nous nous y acharnions pendant des jours, nous devrions essayer de la piéger… pour toujours ! Et il y a un endroit pas loin d’ici où on pourrait faire cela. La Vallée Gerudo.

   Oni-Link opina du chef, approuvant l’idée. Il proposa de le faire lui-même, pendant que les autres combattants resteraient ici. Par conséquent, après êtres descendu d’Epona, lentement, il se dirigea vers le chasme, feignant fuir les crocs du serpent qui n’avait maintenant qu’yeux que pour lui – et il en avait beaucoup, des yeux ! Cela lui prit plusieurs minutes avant de finalement atteindre le gouffre. C’était maintenant l’étape la plus risquée. Il revint derrière l’hydre pour tenter de le pousser dans le vide, mais c’était peine perdue. Il reprit alors position sur le bord du creux, voulant esquiver une morsure du reptile qui propulserait celui-ci dans la vallée. Or une des têtes faillit pour une autre fois lui faire perdre la vie, ce qui aurait été le cas s’il n’aurait pas saisi la gueule de la créature à deux mains pour l’en empêcher. Une aigre odeur de toxicité emplit ses narines. Une deuxième tête l’attaqua, le faisant perdre pied et basculer dans le vide. Il tomba un long moment, presque aussi longtemps que lorsqu’il avait fait une chute du dos du dragon gardien de l’écu d’Assayli, et atterrit finalement dans une grande éclaboussure dans l’eau glacée qui descendait jusqu’au Lac Hylia. Il ne se heurta heureusement pas aux rebords dangereux des falaises rocheuses. Le courant l’entraîna rapidement jusque dans le lac, où il cala profondément dans l’eau. L’oxygène commençait à lui manquer, mais il se rappela heureusement qu’il possédait maintenant des pouvoirs sur les éléments. Il créa donc une bulle d’air autour de lui, le temps de réussir à remonter à la surface. Il atteignit ensuite la rive en quelques coups de brasse. Le scientifique fou habitant non loin de là était mort il y avait de cela deux ans ; le propriétaire de l’étang où on pouvait pêcher de jolies prises, quand à lui, été mystérieusement disparu en ne laissant dernière lui que sa casquette, qu’on avait retrouvé flottant dans l’onde. Mais ce n’était pas le moment de penser à cela. Il fallait qu’il se dépêche de retrouver l’hydre avant qu’il ne s’attaque aux autres, qui croyaient qu’il s’en était occupé. Il serait également nécessaire de ne pas jeter le serpent dans l’eau, mais bien dans une crevasse de la vallée ; sinon, le monstre nagerait jusqu’ici et reviendraient les attaquer.

   Quand il revint à la Plaine d’Hyrule, il constata avec joie que personne d’autre n’avait perdu la vie. Ses troupes faisaient maintenant bien faible allure comparativement à la vaste étendue de la Plaine d’Hyrule. Celle-ci, autrefois verdoyante, n’était maintenant plus qu’herbe jaunie et desséchée, terre piétinée et arbres fendus en deux ou brûlés.

   Oni-Link aperçut l’hydre qui revenait en sa direction. Il se hâta en sa direction, la ramenant à la vallée, où il réussit, mêlant chance et agilité, à la faire tomber dans un trou au cœur de la falaise. Longtemps après, des légendes courraient sur ce reptile apparemment immortel, et peut-être un jour reviendrait-il semer la terreur dans le royaume, qui sait ? En tout cas, il ne l’espérait pas.

   Encore ruisselant – autant de sueur que de l’eau d’Hylia –, il revint au champ de bataille. Voilà qu’encore un nouvel ennemi les prenait d’assaut. C’étaient des gens de pierres… des golems. Il y en avait une dizaine. Seuls les Gorons étaient dans la capacité de leur faire au moins un peu de dommage. Les Gorons… et lui. Il courut retrouver sa jument, qui, dans sa grande intelligence, avait pensé à se rapprocher de la vallée en attendant son retour. Oni-Link se dirigea à l’extrême gauche de la citadelle, dégaina son épée et, se dirigeant vers la droite, faucha les unes après les autres les colosses rocheux. Or le dernier d’entre eux eut le temps de réagir et lui assena un violent coup de poing ; en fait, il ne se rappela pas avoir reçu un tel coup de poing jusqu’alors. Il vola haut, très haut dans les airs, et retomba plusieurs dizaines de quornilles plus loin, réussissant heureusement à amortir sa chute par un coussin d’air créé par sa magie. En se relevant, il fut soulagé de voir que sa monture était indemne. Les Gorons, apercevant leur chef se faire malmener, s’étaient tous jetés sur le dernier golem, le ruant de coups. Ils réussirent finalement à leur faire mordre la poussière. Oni-Link ne remonta pas tout de suite en selle. Il croyait voir du mouvement provenant de l’intérieur de la citadelle.

   Effectivement, une haute et large silhouette obscure, drapée de noire, avançait maintenant seule en leur direction à partir du grand marché. Oni-Link espérait qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau démon comme le fils de Din, ce qui en avait bien l’air, car normalement les monstres venaient toujours en groupe. Mais non, en fait, c’était pire que cela… Bien pire…

   C’était Ganondorf.


12-Les polymorphes
   
   Oni-Link sentit son cœur arrêter de battre. Il tâta son dos ; il avait oublié d’amener avec lui l’écu d’Assayli. Comme il pouvait être bête ! Uniquement cet objet pour le protéger des terribles attaques du prince de l’obscurité. Maintenant, par sa faute, le sort du monde en paierait le prix.

   - C’est le moment, dit Link Noir, qui semblait tout aussi effrayé que lui – c’était bien la première fois que la bonne partie de son être percevait le crainte dans la voix de sa sombre moitié. C’est à ton tour de jouer. Oublie le bouclier, tu pourras toujours aller le récupérer quand tu en auras besoin en créant une diversion. Maintenant, concentre-toi uniquement sur le combat qui t’attend et… l’avenir d’Hyrule. Tu dois protéger tes hommes. Essaie d’éloigner le maître des ténèbres d’ici.

   Le seigneur du mal était à présent tout près de lui. Jamais le héros n’eut autant envie de se retourner et de s’enfuir à toute vitesse. Si ça n’avait été que lui, il l’aurait fait. Mais l’enjeu relié à cela et le fait que tout le peuple d’Hyrule voire des contrées au-delà se fiait à lui l’en empêchait. Il conservait l’épée en main, aux aguets. Ganondorf s’arrêta finalement devant lui. Derrière, il sentit ses troupes reculer ; mais lui demeura immobile, fixant le seigneur du mal avec haine. Il peinait à comprendre comment un être aussi mauvais pouvait exister. Il trouvait que son ennemi juré avait un peu changé depuis leur dernière rencontre, étant devenu plus large, mais il ne s’en soucia pas.

   La bouche du prince de l’obscurité et laissa échapper un rire démoniaque. Oni-Link tressaillit. Cet homme était vraiment fou.

   Le seigneur du mal cessa subitement de rire. Sa bouche s’étira plutôt en un rictus de haine. Il déclara d’une voix grasse :

   - Tu sais bien que tu n’as aucune chance contre moi, gamin. Tu as peut-être réussi à vaincre mes troupes, mais tu n’as aucune chance contre moi, tu le sais bien.

   - Tu crois ? fit Oni-Link, même si son manque d’assurance était clairement audible dans sa voix, ce qui le fâcha.

   - Je ne crois pas, j’en suis convaincu. Or dans ma grande générosité, je te propose de t’allier à moi. Toi aussi, Zelda.

   La princesse, qui se trouvait un peu en retrait, sursauta en attendant son nom.

   - Même si j’ai déjà récupéré la partie de la Triforce que vous possédiez, comme vous le savez déjà…

   Les hommes d’Oni-Link étaient interdits. Comment leur commandant avait pu leur cacher une telle chose ? Ils auraient peut-être pris une autre décision que de combattre s’ils avaient su que la guerre était perdue à l’avance.

   - … même si j’ai déjà récupéré la partie de la Triforce que vous possédiez, vous en gardez encore une trace en vous. En vous unissant à vous, nous pourrons dominer le monde ! Voir les mondes ! Car les déesses ne pourront rien faire contre nous, nous seront trop puissants… Alors, qu’en pensez-vous ? Ne vous rendez pas compte de la chance que je vous offre ?

   - Tes paroles puent le mensonge, grommela Oni-Link avec mépris.

   - Je laisserai même la vie des Gorons, Zoras et compagnie sauve ! À condition que vous acceptez, bien sûr. Allez, suivez-moi…

   - Pouah !

   Une voix résonna dans la tête du héros.

   - Attaque-le pendant qu’il est déconcentré, Link. ATTAQUE-LE !

   Oni-Link traversa le corps du maître des ténèbres de sa lame. Ganondorf ouvrit la bouche, mais il ne dit rien.

   Puis, son visage se décomposa, et il fut réduit en… une gelée noirâtre et frétillante, avant de disparaître.

   - Mais qu’est-ce que…, balbutia le héros.

   - Oh non…, marmonna Link Noir. Comment n’ai-je pu pas le remarquer… Évidemment, il me semblait que, la dernière fois que j’avais vu le prince de l’obscurité dans l’Outre Monde, il ne ressemblait pas à cela…

   - Qu’est-ce qu’il y a ? le questionna sa bonne moitié.

   - C’est un polymorphe.

   - Un poli quoi ?

   - Un polymorphe. C’est une créature très intelligente qui a la possibilité de se transformer en n’importe quelle personne humanoïde, à condition de l’avoir déjà vu au préalable. La ressemblance est très grande, mais le polymorphe oublie toujours des détails. C’est pourquoi il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Les polymorphes retrouvent toujours leur forme originale à leur mort. Ganondorf a voulu nous piéger en nous invitant à pénétrer dans son antre. Une chance que nous ne sommes pas bêtes…

   Oni-Link eut un frisson. La ressemblance était vraiment frappante, et il ne se remettait pas encore de son face-à-face avec celui qu’il devrait pourtant tuer dans un avenir rapproché. Il se retourna et informa ses troupes de ce que lui avait appris sa sombre moitié, les soldats étant toujours extrêmement décontenancés, ne sachant s’ils devaient se réjouir ou pas.

   - Il se peut qu’il y en ait d’autres. Si vous voyez quelqu’un que vous connaissez mais dont le comportement où l’apparence est étrange, tuez-le immédiatement. Je suis tout aussi troublé que vous.

   Il se retourna et eut la surprise d’apercevoir Zelda.

   - Mais que fais-tu là ? s’exclama-t-il ? Retourne avec les autres, on peut se faire de nouveau attaquer à tout moment. Mais… un instant…

   Il s’accroupit juste à temps pour éviter la lame de la princesse, ou du moins ce qui en avait l’aspect. Il se releva et planta sa propre épée dans le ventre de Zelda, l’empalant, révélant du même coup le polymorphe qui se prenait pour elle. Il se retourna et déclara à ses troupes :

   - Voici la preuve que…

   - ATTENTION !

   Oni-Link ne se retourna pas à temps. Une flèche se ficha dans son épaule. Il grogna et, d’un geste brusque, extirpa le projectile de son corps. Le sang commença à déferler sur son bras. Étant donné qu’il se battait précédemment de ce côté, il changea son arme de main. Il s’occuperait de sa blessure plus tard ; il y avait beaucoup plus urgent.

   Il fit volte-face pour faire face à une armée de… membres de l’Union d’Hyrule et d’Ezneclais se ruaient dans leur direction. Il cria :

   - Ne prenez surtout pas un de vos confrères pour un ennemi ! De la même manière, ne prenez pas un ennemi pour un confrère !

   Ce combat était le plus déroutant auquel ils avaient eux affaire. Il fallait se dépêcher avant que les vrais guerriers ne se mélangent aux faux.

   - Tentez de vaincre votre propre avatar ! Ainsi, nous réussirons à en venir à bout plus efficacement !

   Oni-Link se vit lui-même, plus grand que les autres, se diriger vers un de ses soldats, qui ne savait s’il devait attaquer. Cela lui coûta la vie. Le héros courut vers sa personnification. Epona était toujours à l’écart du combat ; cela était plus pratique pour un tel combat. Oni-Link se jeta sur l’autre Oni-Link, lui coupant la tête comme on eût coupé celle d’une cocotte. Avant qu’il ne devienne gélatineux, il put avoir un aperçu du visage du polymorphe. Il ne me s’empêcher d’esquisser un sourire, malgré que la situation ne fût pas du tout à la rigolade. Il dit à voix basse :

   - Il me semble que je n’ai pas d’aussi grandes oreilles…

   Il reporta son attention sur les autres. Cette fois-ci, il ne pouvait leur être d’aucun aide : il ne saurait différencier ses alliés à ses opposants. Le combat devenait chaotique étant donné que tout le monde cherchait sa propre incarnation et se bousculait pour l’occire.

   Zelda vit Naec se diriger vers elle. Le sous-commandant lui dit :

   - Vite ! Nous devrions nous éloigner afin de ne pas croiser notre propre avatar.

   À ce moment, une deuxième personne, identique, fit son apparition.

   - Non, ma chérie, tu ne dois pas le croire ! C’est moi, ton amant ! Le vrai Naec !

   - Ne te laisse pas berner par lui. Allez, tuons-le !

   Zelda regardait tour à tour les deux copies quasiment identiques de son bien-aimé. Elle ne parvenait pas à différencier le vrai du faux, ce qui l’horripilait.

   C’est alors que l’un des deux dit quelque chose qui mit les choses au clair :

   - Zelda, crois-moi… Un polymorphe ne saurait pas, par exemple, que tu m’as embrassé pendant un tour de garde.

   La princesse aurait ri si le contexte avait été différent, mais elle se contenta de poignarder celui qu’elle croyait être le faux Naec, des larmes emplissant ses yeux de peur d’assassiner son propre amant malgré elle. À son grand soulagement, l’homme qu’elle tua devint de la gelée. Elle poussa un long soupir et enlaça le soldat.

   C’est ainsi qu’eut lieu ce qui fut probablement la plus insolite des batailles : chaque guerrier se battait contre lui-même.

   Après de longues minutes de combat acharné, on vint finalement à bout de tous les polymorphes, même si les gens continuaient à se regarder avec suspicion. L’obscurité tombant et devant l’absence d’apparition de nouveaux monstres venant de la citadelle, on revint au campement. On pansa l’épaule du héros ; la blessure était étonnamment – mais heureusement – superficielle.  La nuit passa rapidement et fut sans encombre.

   Le lendemain matin, Oni-Link se réveilla un peu avant l’aube, en même temps que Fehan et Naec. Il en profita pour discuter avec eux.

   - Nous n’allons jamais réussir à vaincre les troupes adverses avec le peu d’effectifs qui nous restent, dit Fehan. Jamais. Je propose qu’on parte loin, très loin, tellement loin que le maître des ténèbres ne pourra pas nous atteindre avec des lustres. On pourrait même vous héberger à Eznecla un moment, ce qui ne vous serait sûrement pas refusé.

   - Ne soit pas pessimiste, dit le héros, même si lui-même doutait grandement de la chance de réussite de l’Union.

   L’autre continua sur sa lancée :

   - Il nous aurait fallu de la machinerie. Cela vous aurait grandement aidé. Mais bon, peut-être n’êtes-vous pas assez avancé technologiquement et cela aurait été long à construire, et ardu à transporter. Nous, à Eznecla, on décime les centaures par centaines avec nos trébuchets.

   - C’aurait été un peu ironique que nous détruisions notre propre ville, fit remarquer Naec. Mais bon, il faut admettre que ce n’est plus vraiment une ville, et puis Ganondorf doit déjà l’avoir tellement ruinée… je n’ose même pas m’imaginer à quoi ressemble le Grand Marché maintenant… et j’espère que des moblins ne sont pas venus habiter chez moi… beurk…

   Ils rirent à cette blague, puis un silence s’installa entre eux ; Fehan le coupa en déclarant :

   - Bon, il serait temps que je réveille mes braves guerriers. Puissions-nous nous revoir ce soir.

   C’était sa façon de leur dire « heureux de vous avoir connu ».

   Oni-Link, lui se dirigea vers l’un des soldats qui surveillaient la Plaine d’Hyrule lors du précédent tour de garde, lui demanda s’il avait noté quelque chose de suspect durant la nuit.

   - Rien de spécial, répondit le jeune Ezneclais à l’accent prononcé. Je n’ai vu que Sebooru et Fehan qui revenaient d’une marche nocturne – je ne crois pas que c’était une bonne idée de sortir sur la Plaine la nuit, mais bon –, mais sinon rien de menaçant.

   Rassuré, le commandant revint au campement.

   Non loin de là, Fehan vérifiait si tous ses hommes s’étaient levés, sans quoi il les réveillait lui-même de sa manière brutale mais efficace. Une fois que tous les Ezneclais furent sortis à l’extérieur et qu’il s’apprêtait à sortir lui aussi, il vit Sebooru venir en sens inverse. Il voulut faire volte-face, mais il était évident qu’elle l’avait aperçu.

   - Je t’avais dit que je ne voulais plus que nous nous côtoyons, dit-il avec tristesse.

   - Je sais mais… je veux te montrer quelque chose, répondit la Gerudo. Vient, suis-moi, ce ne sera pas long.

   L’Eznaclais, devant sa mine obstinée, ne put refusée. Il lui emboîta le pas dans le dédale de la Forteresse, jusqu’à attendre une piège très éloignée, où il n’y avait qu’une cellule de cachot vide et des pots brisés. Sebooru s’arrêta et le plaqua contre le mur pour poser ses lèvres sur les siennes. Encore une fois, Fehan ne put résister… Lorsqu’elle cessa son baiser, il insista :

   - Sebooru, attends la fin de la gu…

   Il fut interrompu par la Gerudo qui l’embrassa de nouveau.

   Cependant, tout à coup une cloche sonna dans sa tête. Il poussa de toutes ses forces la femme rousse, dont la tête heurta violemment le mur de pierre, ce qui la fit tomber au sol. Il sortit son épée de son fourreau et l’enfonça dans le corps de Sebooru. Celle-ci cessa de bouger. Fehan attendit quelques secondes, sentant l’inquiétude croître en lui en voyant que la dépouille ne se transformait pas en gelée. Une larme coula le long de sa joue.

   - Oh non… ce  n’était pas un polymorphe…

   Il tomba à genoux, fondant en pleurs. Puis il regarda de nouveau Sebooru.

   Elle avait disparu.


12-Nouvelles, décisions et marionnettes

   - Reold ?

   - Présent !

   - Erracka ?

   - Présente !

   Tous les membres de l’Union d’Hyrule formaient un rang bien droit. Oni-Link circulait devant eux, examinant chaque visage, guettant chaque geste de ses hommes. Il arriva finalement au dernier nom de sa liste, et ne put s’empêcher de sourire en lisant :

   - Link ? Présent !

   Les soldats rirent également à cette parole. Le héros tentait de mettre un peu de joie dans le campement ; c’était l’une des rares choses qui étaient encore en son pouvoir.

   - Bon, il n’y a pas d’autres polymorphes parmi nous, dit-il. S’il y en avait eu un, on aurait trouvé le corps de la personne en laquelle il se serait transformé sur le champ de bataille, et cet individu n’aurait pas apparu sur ma liste.

   Oni-Link avait décidé de vérifier s’il ne restait plus aucun double à la suite de la mésaventure, qui avait encore de la difficulté à s’en remettre. Il s’était jeté dans les bras de Sebooru en l’apercevant, la Gerudo en étant décontenancée mais également heureuse de retrouve la proximité de l’homme dont elle s’était éprise. Par la suite, ils avaient décidé de se séparer de nouveau, comme c’était le cas au préalable.

   Un sanglier pénétra alors dans le campement. Un guerrier s’apprêta à l’empaler de sa lance…

   - Miam, enfin de la nourriture, nous commençons à en manquer…

   - NON ! s’exclama Oni-Link, qui vit dévier l’arme d’hast de sa cible d’un habile jet de vent.

   Le sanglier s’éloigna à toute vitesse de l’homme qui avait voulu le tuer. Ce dernier s’exclama, offusqué :

   - Mais que fais-tu ? On aurait pu nourrir plusieurs hommes avec cet animal !

   - Je n’ai pas à m’expliquer, dit simplement le héros, qui ne voulait pas révéler la véritable nature de Kuy aux autres. Maintenant, regagnez vos abris et préparez-vous au combat. Et ne vous attaquez plus à aucune bête semblable.

   - Mon frère Oblix aurait bien aimé le manger, ce sanglier... s'il était toujours en vie, marmonna un Goron, la mine triste, avant de se diriger silencieusement vers sa tente.

   Oni-Link se hâta vers l’endroit où s’était dirigé l’Onoadien. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu. Quand il rejoignit l’homme-animal, celui-ci avait déjà retrouvé sa forme humaine. Il informa son commandant :

   - J’ai reçu à pénétrer dans la tour de Ganondorf.

   - Et puis ? le pressa le héros.

   Kuy parut hésiter. Il lâcha d’un ton découragé :

   - À ce que j’ai pu voir, il lui reste encore plus de la moitié de ses effectifs.

   Oni-Link baissa la tête. Le destin funèbre qui les attendait se concrétisait de plus en plus. Mais, quoi qu’il arrivât, ils devaient se battre jusqu’à ce que tous ses guerriers aient passé l’arme à gauche.

   - As-tu vu des bêtes ressemblant à de la gelée ? demanda le héros.

   - Non… euh oui… mais elles ont toutes disparues récemment.

   - Enfin une bonne nouvelle… C’est tout ?

   - À peu près, oui.

   - Merci beaucoup de ton aide, Kuy. De telles informations peuvent nous être essentielles et pourraient même changer l’issue de la guerre.

   - Je vais de ce pas continuer à rechercher de l’information.

   Kuy s’éloigna, retrouvant sa forme animale.

   Oni-Link retourna sur ses pas et regagna sa tente. Il s’assit à même le sol, plaquant ses mains contre ses tempes. Ils allaient perdre la Guerre de la Triforce, c’était certain. Il fallait faire quelque chose. Il le fallait. Il ne pouvait sacrifier d’autres vies sans réagir.

   - Je crois que j’ai une idée, dit Link Noir. Si Kuy a réussi à entrer dans l’antre du maître des ténèbres, c’est que celui-ci a enlevé sa protection. Il a probablement fait exprès. Il veut que tu l’y rejoignes Link. Il faut bien que ce combat final que tu attends depuis si longtemps ait lieu. Mais avant, il faudrait que tu fasses une diversion, afin de diriger son attention ailleurs et ainsi le prendre par surprise. Néanmoins, je n’ai aucune idée de diversion.

   - Il faut que je parle avec Naec et Fehan, déclara le héros.

   Il sortit à l’extérieur, rabattant la toile de sa tente derrière lui, et héla ses subalternes immédiats, les invitant à entrer dans son abri personnel. Les deux hommes le suivirent sans tarder. Oni-Link leur fit par des propos de sa sombre moitié. Fehan hocha la tête.

   - C’est vrai que nous aurions dû penser à cela depuis longtemps. Nous savions déjà que n’étions pas assez d’homme. Le roi d’Eznecla est généreux, mais il doit aussi défendre son propre royaume, donc je ne crois pas qu’il ne vous en aurait donné davantage. La question est : que faire ?

   Naec paraissait pensif. C’est alors qu’il s’exclama :

   - Capitaine, je viens d’avoir une idée géniale ! Ce sont les polymorphes qui m’ont inspiré.

   - Je t’écoute.

   - Cela peut sembler un peu ridicule mais… nous pourrions fabriquer une marionnette, un mannequin similaire à toi, quoi. Le maître des ténèbres croira que tu es encore sur le champ de bataille. Un des hommes peut même se cacher derrière ta représentation pour la faire bouger, ce qui rendrait l’imitation encore plus réaliste. Mais confectionner un tel objet prendrait un certain temps… Je n’aime pas faire cela, mais on pourrait demander aux blessés. J’en connais un qui un est habile artisan et qui a perdu une jambe au combat. Étant donné qu’il n’est pas dans la mesure de ce battre, cela l’occuperait en plus de nous être utile. Par contre, tu ne vas quand même pas pénétrer seul dans l’antre de Ganondorf ?

   - C’est ce que je comptais faire, oui.

   - Ce n’est pas une bonne idée. Je t’accompagne. Fehan restera pour s'occuper des troupes. Nous devrons aussi faire une marionnette pour moi.

   - Non, je refuse. Je ne veux pas être la cause de d’autres morts…

   - Même si tu n’acceptes pas, je viendrai…

   Oni-Link soupira. Il connaissait l’entêtement de cet homme et savait déjà qu’il ne pourrait pas lui faire entendre la raison. Il accepta donc, malgré que son instinct lui indiquât qu’il n’aurait pas dû le faire…
« Modifié: 09 janvier 2013 à 01:42 par Supersigo »

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #5 le: 02 janvier 2013 à 01:07 »
Pour info, j'ai ajouté encore deux chapitres. Mais TLMSF, comme d'habitude quoi. :D

edit : Plus de place dans mon message précédent, donc je poste les derniers chapitres ici.

13-Les élémentaux

   Il était un garçon. Un garçon qui devint un homme. Cet homme s’était fusionné à sa sombre moitié et était présentement en train de sa battre grâce à une lame magique, un écu d’argent accroché dans le dos réfléchissant les rayons dardant Hyrule de l’astre de Din. Son était Link, mais on l’appelait maintenant Oni-Link. C’était le Dieu Vengeur.

   Le héros, inlassable, tuait les uns après les autres les Pestes Mojos. Celles-ci pouvaient paraître inoffensives à première vue car elles ne crachaient que des noix, mais les projectiles pouvaient désarçonner le plus solide des guerriers.

   On vint bientôt à bout de ces créatures. Elles n’avaient causé à peu près aucun dégât chez l’Union. Les monstres qui suivirent furent toutefois redoutables. Selon Link Noir, qui connaissait quasiment tout le bestiaire du mauvais côté de l’Outre Monde, il s’agissait d’élémentaux. Il s’agissait de créatures humanoïdes dotés de pouvoirs magiques des éléments distincts. Un était de feu, un autre de glace, encore autre d’eau et le dernier de roc. Seul Oni-Link pouvait en venir à bout.

   Un puissant jet de flammes le surprit et brûla un flanc complet d’Epona, qui se cabra violemment. Le héros projeta une vague d’eau qui s’abattit sur l’élémental de feu, le faisant disparaître… mais il fit croître celui d’eau jusqu’à ce qu’il atteigne plus de dix fois sa taille originale, aspirant le liquide. Le montre laissa tomber son corps sur les soldats derrière lui, qui perdirent pour la plupart pied, emportés par le courant. Un se noya. Oni-Link voulut disperser le corps de l’élémental grâce à une bourrasque, mais les gouttes, même si elles étaient projetées des centaines de quornilles plus loin, s’agglutinèrent et reformèrent l’être. Il fallait qu’il trouve une autre solution. C’est alors qu’il aperçut l’élémental de glace. Il décida de projeter la créature liée à l’élément liquide sur ce dernier. Les gouttes se solidifièrent et formèrent une multitude de glaçons, qui éclatèrent en mille morceaux au contact du sol, disparaissant.

   L’élémental de glace tenta subséquemment d’assommer le héros de son gigantesque bras hérissé de cristaux. Oni-Link voulut parer le coup et leva son épée, mais il sentit un froid intense glisser le long de son bras et le pénétrer jusqu’à son os, l’obligeant à lâcher son arme. Il recula et masse vigoureusement son membre meurtri et engourdi ; la circulation recommença à revenir, quoique lentement. Il décida d’user de son pouvoir sur la terre – c’était la première fois qu’il le faisait, n’en aillant jamais eu besoin précédemment – en faisant émerger un immense pic de roc du sol, faisant voler l’élémental haut dans les airs, qui retomba et connut la mort de la même façon que son semblable.

   Le dernier élémentaire ressemblait beaucoup à un golem. Le monstre réussi à lui faire perdre pied en créant un puissant séisme qui les ébranla tous. Maintenant affalé à plat ventre dans la terre et la poussière, il sentit du mouvement derrière lui. Il eut tout juste le temps d’exécuter une roulade qu’un énorme poing composé de pierre s’écrasa à l’emplacement exact où se trouvait sa tête une fraction de secondes auparavant. Il se retourna vivement et fit siffler sa lame. Son coup fut tellement puissant qu’il scinda la pierre dont été constitué l’élémental en deux.

   Il retomba au sol, sentant une grande fatigue l’envahir. Il n’aurait pas dû gaspiller ainsi sa magie.

   Et voilà qu’il voyait une énorme quantité de monstres, plus nombreux qu’ils ne l’avaient jamais été auparavant, se diriger vers l’Union. Il y a avait de tout, même des créatures volantes. Comme d’aucuns l’avaient prédit, le maître des ténèbres leur réservait le pire pour la fin. Il avait fait sonner le glas pour eux. Il leur dévoilait l’ampleur de sa puissance qui leur avait jusqu’alors cachée.

   Et ils n’étaient pas prêts.

   Ils allaient mourir, c’était certain.


14-La quête de Mido

   Le feuillage dense des Bois Perdus formait des nuages d’ombre dansants au sol. Cette forêt méritait vraiment bien son nom, songeait Mido, qui était depuis longtemps désorienté.

   Le Kokiri s’assit sur une souche pourrie qui grinça légèrement, plaquant ses mains contre ses visages, se massant les temps. Il avait terriblement faim et soif. Son ventre le tenaillait et sa bouche était sèche et pâteuse. Il fallait qu’il trouve une issue. Mais il en était incapable. Pourtant, il fallait qu’il réussisse. Pour l’avenir du monde. Pour l’avenir de son peuple. Pour Saria.

   Il se releva, continuant à emprunter des passages au hasard. Ses jambes lui élançaient  terriblement et son énergie diminuait dangereusement. Ainsi, pendant des heures encore, même peut-être des jours, il marcha, sans jamais prendre de pause. À un moment donné, il n’en fut plus capable. Ses dernières forces l’abandonnèrent. Il s’écroula au sol, face contre terre. Il allait devenir une fée.

   Il cligna des yeux. Une lumière aveuglante le força à se protéger les paupières de sa main. C’est alors qu’il entendit un clapotis. De l’eau. DE L’EAU !

   Une nouvelle énergie l’envahir alors. Il ne sut d’où elle venait. Quoi qu’il en soit, il réussit à ramper jusqu’à ce qu’il atteigne l’endroit d’où provenait le bruit. Il plongea la tête jusqu’au cou dans l’onde, avalant à grandes gorgées le liquide, faillant bien se noyer. Quand il en émergea, les cheveux dégoulinant, il aperçut une pomme sur le gazon. Une pomme dorée. Il la prit et la mordit à pleines dents. C’était la meilleure nourriture qu’il n’avait jamais mangée. Il en prit plusieurs bouchées, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un trognon, qu’il jeta derrière lui. Puis, tout à coup, une voix raisonna dans sa tête. Il se rappela de ce qu’avait dit Amelad : « Vous devrez trouver le Fruit Doré et le faire manger au nouvel Arbre Mojo. »

   Mido s’étouffa avec ce qui restait de pomme dans sa bouche. Qu’il pouvait être stupide ! Il venait de manger le Fruit Doré. Il venait de ruiner les chances de réussite d’Hyrule.

   Un coup fit raisonner son crâne et faillit bien l’assommer. Il leva la tête pour en connaître la cause. Il poussa un soupir. Il n’avait jamais été aussi soulagé de toute sa vie.

   Devant lui, un arbre gigantesque se dressait, aussi grand que l’Arbre Mojo sinon plus – ce qui les différenciait le plus était que celui-ci n’avait ni yeux ni bouche. Et dans les branches de ce végétal poussaient des milliers de fruits identiques à celui qu’il venait d’ingérer. Le sol en était aussi jonché. Le Kokiri en prit un, qu’il plaça dans sa poche.

   Il avait réussi. Il avait trouvé le Fruit Doré.

        Hyrule allait être sauvé.

        Il ne restait plus que le chemin de retour...


15-La fin approche

   La pluie commença à tomber sur le champ de bataille. Tout ne fut plus bientôt que sang et boue. Les portes de la citadelle vomirent une horde de créatures toutes plus hideuses les unes que les autres.

   Oni-Link leva la tête. Connaissant d’avance son funeste sort, il se résigna à continuer à se battre coûte que coûte, malgré qu’il peinât à seulement se tenir debout. La tunique recouverte de gadoue, il attaqua tout ce qui s’en prenait à lui : rapaces, insectes et autres bêtes agressives. Dans une très brève pause qu’il put se permettre, il tourna la tête pour constater que l’Union était en train de se faire massacrer, bien qu’il le sût déjà. Devant ses yeux, la main de Fehan fut coupée par un hache-viande et, agenouillé dans une mare de sang, il hurla tellement fort qu’il eût pu offrir de la compétition à Sisma. Naec, quant à lui, s’était volatilisé, probablement décédé. Le héros dut reporter son attention sur tous les monstres qui l’assaillaient de tous côtés, sachant que c’était celui dont leur maître démoniaque désirait le plus la mort.

   Dans son assaut, il faillit tuer Naec quand celui posa une main sur son épaule pour attirer son attention. Entre deux coups d’épées, il se retourna. Son subalterne tenait deux marionnettes géantes, apparemment assez lourdes car il ployait sous leur poids, dont une portait une tunique sombre pareille à la sienne. Naec, essoufflé, soupira :

   - Elles… elles sont enfin prêtes. C’était notre dernière chance de les utiliser Nous pouvons y aller. Deux soldats les manieront. Ils feront semblant de mourir.

   Oni-Link esquissa un sourire qu’il aurait voulu rassurant, mais il fit plutôt un rictus nerveux témoignant de sa profonde anxiété.

   - Nous pouvons réussir, Link, l’encouragea Naec. Nous pouvons encore réussir.

   Les hommes désignés arrivèrent rapidement et se camouflèrent derrière les pantins. L’amant de Zelda déclara :

   - C’est le temps, Link.

   Il  retroussa les lèvres.

   - Tu te rends compte ? La guerre est sur le point d’achever. En bien ou en mal.

   C’est ainsi que, entre deux vagues d’ennemis, ils réussirent à pénétrer dans la citadelle. Dans l’impossibilité de se cacher, ils se résignèrent à se frayer un chemin jusqu’à la porte de la tour sombre du maître des ténèbres à coups d’épées, ce qui ne fut pas chose aisée. Ils purent constater, à leur grand dam, que toute la ville était complètement ravagée. L’antre de Ganondorf dominait de beaucoup la Montagne de la Mort. Des monstres émergeaient de son entrée sans relâche, telle une colonie de fourmis sortant de leur trou.

   - Allez, encore un dernier effort, murmura Naec qui continuait à transpercer ses opposants en profitant de leur surprise de les trouver ici au lieu de dans la Plaine.

   C’est ainsi qu’ils pénètrent dans le colossal monument qui servait de demeure au seigneur du mal. Oni-Link bondit se réfugier derrière une poutre de marbre gravée d’arabesques tarabiscotées représentant des scènes de torture. Ce qu’il vit ensuite le traumatisa pour le reste de ses jours.

   Naec se tourna d’abord vers lui, lui jetant un regard horrifié. Il souffla :

   - Link… prends soin de Zelda.

   La tête de Naec roula alors jusqu’à lui pour venir s’arrêter devant des bottes noires qui n’appartenaient pas au héros.

   Non, elles appartenaient à Ganondorf.

   - Tu me croyais dupe, n’est-ce pas ? marmonna le prince de l’obscurité tandis qu’un affreux sourire sardonique s’étiraient sur ses lèvres. Tes marionnettes m’ont bien amusé. Tu es encore plus idiot que je le croyais : tu es entré ici de ton plein gré ! Maintenant, tes petits amis sont déjà tous morts. Et dire que je n’ai même pas eu à lever le petit doigt ! Mais bon, ce n’est plus le moment de jouer.

   Il empoigna le héros, qui n’avait même plus la force pour lutter, et le leva au-dessus de sa tête, avant de le lâcher dans la poigne solide de deux gardes moblins à la poigne ferme et à l’odeur fétide.

   - Mettez-le aux cachots, ordonna sèchement le maître des ténèbres. Je préfère lui laisser le temps de récupérer un peu son énergie. Sinon, le combat final sera ennuyant. Je veux une joute digne de notre dernier duel… même si, cette fois-ci, je gagnerai, évidemment.

   Avant de sombrer dans l’inconscience, Oni-Link put l’entendre souffler à son oreille :

   - Si tu crois pouvoir sortir d’ici vivant, tu es cinglé.

   Non loin de là, Fehan et le reste des troupes prônant le bien se battaient encore : la seule chose qui les tenait encore en vie était le désespoir de vivre.

   L’Union d’Hyrule ne comprenait plus que trente-huit soldats, tandis que l’armée de Ganondorf en possédait encore plusieurs dizaines de milliers.

   La fin approchait. La Fin de la Triforce.

FIN DE LA QUATRIÈME PARTIE
« Modifié: 31 mai 2013 à 22:44 par Supersigo »

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #6 le: 06 janvier 2013 à 01:37 »
Encore deux chapitre ajoutés. Shield, tu lies toujours ma fic ? :ninja: Ou quelqu'un d'autre, n'importe qui, peut aussi commenter ma fiche. Avouez que le titre du dernier chapitre (le 11) donne envie. :D

*bruit de grillons*

J'offre une frite à celui qui commente ma fic. :mrgreen:

edit : Déjà le chapitre 12. Je suis inspiré ce soir. x)
« Modifié: 06 janvier 2013 à 03:29 par Supersigo »

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #7 le: 06 janvier 2013 à 02:05 »
Elle est trop cool!

...Mais je l'ai toujours pas lue :ninja:.

Et ma frite?

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #8 le: 06 janvier 2013 à 03:28 »
Pas grave si tu ne l'as pas lue, je voulais seulement un commentaire. :mrgreen:

Tiens, voilà ta frite, comme promis.



Ce que je ne t'avais pas dit, c'est que c'était une frite virtuelle que je donnais. :ninja:

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #9 le: 07 janvier 2013 à 22:14 »
Bon, j'ai enfin fini cette quatrième partie. Plus qu'une et je vais arrêter de vous ennuyer. :ninja:

Pour info, la prochaine partie s'intitulera : « La Faim Fin de la Frite Triforce » ou, si vous préférez, TLOZ : End of Triforce. B)

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Encore deux chapitre ajoutés. Shield, tu lies toujours ma fic ? :ninja: Ou quelqu'un d'autre, n'importe qui, peut aussi commenter ma fiche. Avouez que le titre du dernier chapitre (le 11) donne envie. :D
Mmmmmmmm..... non. Là j'ai totalement décroché. Mais j'ai droit aux frites quand même ? :D

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Pas grave. :P

Pour les frites, comme je l'ai dit ce sont des frites virtuelles, tu peux en prendre quelques-unes dans l'image que j'ai postée un peu plus haut. :ninja:

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Re : Triforce Pentalogy Part IV - The legend of Zelda : War of Triforce
« Réponse #12 le: 10 juillet 2013 à 04:34 »
Super fic francheùent génial en plus c'est bien écrit alors continuer comme ca