Auteur Sujet: Triforce Pentalogy Part II - The legend of Zelda : World of Triforce  (Lu 17896 fois)

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Hors ligne Supersigo

  • Gerudo
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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Eh oui, vous l'attendiez tous, voici la deuxième partie de la pentalogie de la Triforce! De nouveaux chapitres devraient venir sous peu. J'attends toujours des commentaires de votre part!  :)

P.S : Avant de lire cette partie, vous devriez avoir lu Gate of Triforce. ^^

PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
PARTIE 2
La légende de Zelda, le monde de la Triforce

1-De retour à Hyrule

Link ouvrit les yeux. Autour de lui, tout était plongé dans l’obscurité la plus totale. Le silence qui régnait autour de lui rappelait vaguement quelque chose. Mais oui ! Après avoir plongé dans le tourbillon de feu qui les avait transporté, Luryo, A’guì et lui, dans la dimension des Onoadiens, ils s’étaient tout d’abord retrouvés dans une grotte ou il régnait un noir impénétrable. En tentant de revenir à Hyrule par le Feu Éternel, ils s’étaient certainement retrouvés au même endroit. Au moins, ils étaient toujours en vie. Le héros pouvait entendre la respiration de quelqu’un non de lui. Tâtonnant la tête de l’individu, il conclut que c’était A’guì. L’indigène semblait dormir. Le garçon avança à quatre pattes jusqu’à-ce qu’il heurte un second corps – celui de Luryo. Lui aussi était endormi, ou du moins inconscient. En essayant de retourner aux côtés de l’autochtone, le jeune homme posa accidentellement la main sur le bras d’une quatrième personne. Il étouffa un cri de surprise. C’était Kuy.

   Le jeune homme secoua les épaules de l’homme-animal. Ce dernier laissa entendre un grognement. Link se dit qu’il attendrait que l’Onoadien se réveille avant de le questionner sur la raison de sa présence dans la caverne avec eux. Il marcha à quatre pattes jusqu’à rejoindre l’autochtone dans le fond de la grotte.

   Le garçon resta longtemps assis à songer ce qui l’avait mené jusqu’ici. Durant la chasse aux gemmes, il s’était rendu au Bosquet Sacré dans le but d’en trouver une à cet endroit. Une immense porte de pierre, surplombant la clairière, avait immédiatement capté son attention. Il avait mis un certain temps à observer les symboles et les dessins qui y avaient été gravés, quand une troupe de guerriers à la peau noire l’avait encerclé. Les indigènes l’avaient mené jusqu’à leur chef – le père d’A’guì -, puis l’avaient fait asseoir devant un hôtel sacré qui arborait les mêmes symboles que la porte qui trônait dans la forêt. C’est à ce moment que le héros avait fait la connaissance de la fille du chef. Il en était immédiatement tombé amoureux. Mais la jeune femme à la peau de macassar s’était aspergée de parfums aux effets envoûtants, ce qui avait grandement favorisé l’attachement du garçon à la demoiselle. L’autochtone avait détaché les liens qui enserraient les poignets du garçon et l’avait amené dans la hutte de son père, où Link s’était assoupi. En réveillant, il avait entendu l’indigène parler à son père. Les ayant écoutés, il avait appris qu’il devrait être sacrifié le soir même, devant la porte de pierre, pour les déesses. Il s’était aussitôt enfui. Mais A’guì l’avait rattrapé, et elle lui avait dit qu’elle n’était pas d’accord avec la décision de son père de le sacrifier, et qu’elle ferait en sorte de le faire enfuir avait succès. Elle ne croyait pas à cette billevesée de prophétie de Hulma… Le crépuscule venu, le héros avait été attaché à une rudimentaire table de pierre juste devant les volets gigantesques. Au moment où il croyait que la jeune femme à la peau d’ébène s’était trompée et qu’en c’en était fini pour lui, cette dernière avait entamé une mélopée, ce qui avait ôté toute attention sur lui. Il en profité pour se détacher de la table pour se cacher derrière un arbre à proximité de la clairière. En voyant le père d’A’guì, dans un élan de colère, plaquer sa fille contre le sol, il lui avait jeté une branche, ce qui l’avait instantanément assommé. La terre s’était alors mise à trembler, et la grande porte de pierre avait commencé à s’affaisser sur elle-même. Un vortex lumineux, qui s’était révélé être un tourbillon de feu, y était apparu. La demoiselle à la peau de macassar avait indiqué à Link d’y plonger. Il avait obtempéré, suivi sans le savoir de celui qui était jusqu’alors son ennemi : Luryo.

   Ils étaient tous les trois apparus dans une cavité sombre semblable à celle dans laquelle ils se trouvaient présentement. Puis, lorsqu’ils avaient tous les trois sombré dans le sommeil, ils s’étaient alors retrouvés dans une dimension qui leur était inconnue. Link avait apparu dans une plaine où il avait trouvé un petit sanglier blessé et l’avait soigné, qui s’était révélé être Kuy, un homme-animal. Lorsque A’guì avait ouvert les yeux, elle était enveloppée dans une feuille immense repliée sur elle-même, au sommet d’un arbre colossal, dans une jungle dense. Luryo, quant à lui, s’était retrouvé dans une autre grotte, apparemment sans issue. Toutefois, ayant finalement réussi à s’en échapper, il avait fait face à une statue représentant la déesse Din. Quand la représentation de la divinité s’était animée, l’Hylien avait reculé sans s’en apercevoir, et il avait trébuché dans un trou dissimulé dans le sol. Il avait glissé dans un long tunnel avant d’atterrir dans l’eau dans une grande éclaboussure. Il avait entendu l’appel d’A’guì qui avait été engloutie par une immense plante carnivore. Lorsque l’indigène avait reprit conscience, elle avait aperçu la figure de son sauveur. Elle s’était éprit de Luryo. Ensemble, ils s’étaient mis à marcher vers un quelconque but. Ils avaient rencontré Abaek, qui les avait guidés jusqu’à Onoa, le village dont les habitants avaient la capacité de se transformer en animaux. Pour se cacher des minotaures qui circulaient dans la cité, ils étaient entrés dans la demeure de Kuy, pensant qu’elle était inoccupée. Par chance, l’Onoadien avait eu l’indulgence de les garder sous son toit, jusqu’à ce qu’ils retrouvent Link. Le héros leur avait raconté qu’il croyait que c’était un dragon aux écailles cramoisies qui l’avait guidé jusqu’ici, même si ses pensées étaient fort troubles. Lorsque le reptile l’avait posé au sol, il avait probablement reçu un choc à la tête, ce qui lui avait faire perdre de nombreux souvenirs. Heureusement, le jeune homme se rappelait de tout ce qui s’était déroulé avait sa rencontre avec la bête écailleuse.

   Un soir, le héros, Luyro et A’guì s’étaient rendus où brûlait l'immuable feu Éternel, dans lequel ils avaient plongé. Kuy avait curieusement fait de même. Le garçon se dit qu’il l’interrogerait lorsqu’il serait dans l’état de lui répondre. Pour le moment, il était assoupi.

   La tête de Link commença à devenir lourde. Il ferma les paupières, se laissant emporter par une irrésistible envie de dormir. Quand il se réveilla, une douce odeur de fraîcheur lui monta alors au nez. Il ouvrit les yeux. Le héros constata qu’il était étendu sur de la mousse, dans une forêt dont les arbres étaient de grandeur normale. Il se dressa sur son séant. À ses côtés étaient affalés l’Hylien et l’indigène, qui reprenaient lentement leurs esprits. Un peu plus reposait l’Onoadien. Ils les avaient bel et bien accompagnés dans leur voyage interdimensionnel.

   Le jeune homme discerna un gros bloc de pierre appuyé sur un baliveau qui se courbait sous le poids. La demoiselle à la peau d’ébène l’avait elle aussi aperçu. De nombreux débris de grosseur semblable les entouraient. Il y était gravé des symboles mystérieux et des scènes de combat. Mais ce qui capta le plus l’attention du héros fut les représentations de la Triforce qui y figuraient.

   - Nous sommes de retour à Hyrule ! s’exclama-t-il, un sourire accroché aux lèvres.

   A’guì et Luryo lancèrent eux aussi une exclamation de joie. Cependant, l’Onoadien semblait fort déconcerté. Link s’approcha de lui.

   - Bienvenue à Hyrule, lui dit-il.

   L’homme-animal ne l’entendit pas. Le garçon le laissa à son étonnement. Il s’approcha de l’Hylien et de son amante. Ensemble, ils se mirent à marcher vers l’endroit où il y avait le plus de débris. L’Onoadien les suivit distraitement, observant avec admiration la nature qui l’entourait. La mine joyeuse d’A’guì se transforma en une grimace de dégoût puis dans une expression dans laquelle se mêlaient effroi et tristesse. Elle leva des yeux interdits vers Luryo, qui ne saisissait rien de son soudain changement d’humeur. C’est seulement lorsque pointa le sol du doigt qu’il comprit pourquoi l’indigène était dans un tel état. Sous un bloc de roc était enseveli un corps ensanglanté. Le héros put reconnaître la figure du père de l’autochtone. Cette dernière fondit en larmes.
   
   - Non ! C’est… c’est impossible… !

   Elle se laissa tomber dans les bras de L’Hylien. Celui-ci la serra fortement contre lui. Désemparé, il posa un baiser sur le front de sa dulcinée. Il l’étreignit longtemps. Lorsqu’elle fut un moins agitée, Luryo lui souffla à l’oreille, dans le but de la réconforter :

   - Nous lui offrirons des funérailles dignes de lui. Même si je ne le connais pas, il devait t’aimer très fort…

   Ses sanglots redoublèrent d’ardeur. Cela prit près d’une heure avant qu’elle ait pleuré toutes les larmes de son corps. Ses yeux étaient tout rouges. Luryo la laissa aux côtés de son défunt père. Link fit quelques pas en sa direction.

   - Maintenant que nous sommes de retour au royaume de Daphnes, il nous faudrait retourner au château, tu ne crois pas ? le questionna-t-il. On doit vivement s’inquiéter à notre sujet. Cela fait plus d’une semaine que nous sommes partis…

   - Tu as raison, fit l’Hylien. Allons y sans délai. Pour l’instant, nous devrions laisser A’guì et Kuy ici. On se poserait des questions en les voyant venir avec nous.

   Il s’approcha de son amante et lui dit :

   - Je dois m’absenter pour un certain temps. Kuy restera avec toi. Je n’en aurai pas pour longtemps.

   L’indigène hocha faiblement la tête. Luryo adressa quelques mots à l’Onoadien avant de revenir vers le héros.

   - Maintenant, nous pouvons y aller, déclara-t-il.

   Ils trouvèrent facilement l’entrée du Bosquet Sacré – c’était là où étaient amoncelés le plus de débris. Un peu partout gisaient des dépouilles inanimées. Parmi ces cadavres, Link crut reconnaître le visage de certains des autochtones qui avaient participé à la célébration qui devait avoir lieu pour sa décapitation. Leur peau noire le lui confirma. Il espérait que toutes ces gens n’avaient pas péris par sa faute. Son sacrifice devait être une offrande aux déesses – s’étant enfui, il avait peut-être déclenché leur courroux.

   L’Hylien et le jeune homme croisèrent la route d’un soldat. L’effondrement de la Porte de la Triforce les avait certainement attiré vers la forêt. La figure du combattant afficha une expression de surprise. Le héros lui dit :

   - Je suis Link et voici Luryo. Je sais que nous avons disparu il y a un peu plus qu’une semaine, mais nous sommes enfin revenu.

   - Mais non ! s’exclama le guerrier. Cela ne fait que quelques heures que vous êtes partis. La dernière cloche annonçant la fin de l’épreuve de la Chasse va sonner sous peu !


2-La cachette de la princesse

   Link et Luryo, interloqués, s’étaient mis à courir à toute vitesse dans la forêt. Le temps passait probablement plus lentement dans la dimension des Onoadiens, ce qui expliquerait cette invraisemblance que cela ne faisait que quelques heures qu’ils avaient quitté le royaume. Ils atteignirent rapidement la plaine d’Hyrule. Heureusement, le pont-levis de la citadelle était encore abaissé. Ils continuèrent à gambader jusqu’au Grand Marché. Ils ne freinèrent leur course qu’en arrivant à l’estrade où les participants de la Chasse devaient se rendre une fois l’épreuve terminée. Frane, Galux, Yvaac, Marc et Niryk étaient en train de discuter à cet endroit. En apercevant le héros, le visage de Zelda s’illumina et elle poussa un soupir de soulagement. Au moment où le duo posa le pied sur la tribune, la cloche annonçant la fin de l’épreuve tinta.

   L’ami de la princesse était encore sans chandail – on le lui avait enlevé lorsqu’on avait peint des symboles sur son corps, et maintenant le vêtement était certainement englouti sous les ruines de la porte de pierre – et ses cheveux qui commençaient à être crasseux étaient en bataille. L’Hylien était dans un état semblable. Toutes les gens qui les encerclaient les observaient avec appréhension.

   La princesse d’Hyrule s’approcha du héros, inquiète.

   - Link, est-ce que c’est Luryo qui t’a tendu un piège? lui chuchota-t-elle. Où donc étiez-vous passé ? Pourquoi es-tu si sale? Et quels sont ces dessins insolites peints sur vos corps ?

   - Je t’expliquerai tout à l’heure, répondit simplement Link.

   Heureusement, le garçon avait conservé sur la lui la gemme qu’il avait trouvé sous le pont-levis du château. Il la plaça dans la cavité d’une table de pierre devant laquelle était gravé son nom. L’ancien ennemi de Link, l’ayant suivi dans son voyage interdimensionnel, n’avait récupéré aucune pierre.

   Le petit personnage aux deux chapeaux turquoise qui animait le concours annonça le gagnant de cette épreuve, qui était Marc. Le nain proclama :

   - La dernière et ultime épreuve, celle des énigmes aura lieu demain après-midi. Nous pourrons enfin déterminer qui sera le conseille de la princesse !

   Au même moment, une puissante secousse ébranla alors la place. Les gens rassemblés aux alentours poussèrent des cris paniqués, se mettant à courir dans toutes les directions. Une fumée opaque montait de la plaine d’Hyrule. Un nouveau tremblement se fit sentir. Naec, qui était positionné non loin de Zelda, s’approcha d’elle. Il lui tendit une main.

   - Venez. Je ne sais pas ce qui se passe par là-bas, mais vous devez vous mettre en sécurité. Suivez-moi

   Voyant que son amie s’enfuyait avec le soldat d’élite, Link la suivit. Luryo, quant à lui, se précipita de quitter le d’endroit pour aller voir si A’guì et Kuy étaient en sûreté dans la forêt. Les soldats et les certains participants au concours tentaient de rassurer la population, tandis que d’autres essayaient d’éteindre les flammes qui commençaient à se propager dans la cité.

***

   Une fois sa deuxième boule de feu projetée en direction de la citadelle, Ganondorf baissa le bras. Il vit un homme aux longs cheveux noirs qui quittait le Grand Marché en courant. Lorsque Luryo aperçut le seigneur du mal, il s’immobilisa.

   - Comme on se revoit, grogna le maître des ténèbres, sa figure s’étirant en un rictus grossier.

   L’Hylien tenta de s’enfuir, mais il était cloué sur place par une force mystérieuse. L’ancien ennemi de Link siffla entre ses dents :

   - Bien que j’ai éliminé Daphnes comme vous me l’aviez commandé, je vous est renié juste après. Le mal ne m’intéresse plus. Le garçon à la tunique verte vous a déjà vaincu. Il va le faire de nouveau cette fois encore. Je ne m’allierai plus jamais à vous.

   Ganondorf émit un horrible ricanement.

   - C’est ce que tu crois…

   Il prononça alors une incantation et un maelström obscur se forma devant lui. Un vaisseau marqué de dessins étranges en émergea. Il était tiré par de grandes créatures noires aux yeux rouges et aux ailes de chauve-souris. Le tourbillon s’effaça. Le souverain de l’obscurité entra dans l’engin. Luryo, malgré lui, le suivit.

***

   A’guì avait rapidement dû se remettre de ses émotions, car la forêt était envahie par une foule de créatures toutes aussi terrifiantes les unes que les autres. L’indigène avait tout d’abord été attaquée par une Peste Mojo. Elle n’avait pas été blessée, mais lorsqu’une plante Mojo était apparue tout près d’elle, elle s’était enfuie, suivie de Kuy qui avait pris un peu de contenance en voyant le danger qu’ils couraient. La jeune femme à la peau d’ébène et l’Onoadien s’étaient cachés sous une tente qui avait miraculeusement survécu à l’effondrement de l’immense porte de pierre qui trônait dans le Bosquet Sacré. Heureusement, car un énorme moblin passa à l’endroit où ils se trouvaient auparavant quelques instants plus tard.

   L’homme animal chuchota à l’autochtone :

   - Je vais me transformer en sanglier et je vais faire un tour pour voir si je pourrais retrouver Luryo ou Link. Ils pourront peut-être nous aider. Je ne suis pas armé, et tu ne le sembles pas non plus. On ne prêtera pas attention à moi sous ma forme bestiale.

   Il se métamorphosa en marcassin et détala à l’extérieur du gourbi.
 
***

   Naec conduisit la princesse dans un passage secret pratiqué sous le château d’Hyrule. Son entrée était dissimulée sous une statue de marbre blanc à l’effigie d’un ancien roi. Link suivit Zelda et le soldat dans le refuge. Ce n’était pas qu’il était apeuré ou qu’il ne désirait pas aider les autres à rétablir le calme chez la population hyrulienne, mais il voulait protéger la fille de Daphnes si jamais elle se faisait attaquer.

   Le chef des combattants du royaume alluma une torche avant d’annoncer qu’il irait cherche les serviteurs et domestiques de la princesse au château le temps que la situation redevienne normale dans la cité. La citadelle était attaquée : il fallait mettre les gens en sécurité. Il sortit de la cachette et en boucha l’issue avec le buste sculpté dans la pierre.

   Le héros balaya la  du regard. C’était une petite pièce ronde creusée dans la terre, meublée d’une étagère et d’une simple table de bois, autour de laquelle se trouvaient une dizaine de banc. Des réserves de nourriture étaient éparpillées un peu partout. Un petit tapis couvrait le sol. Le garçon prit place sur un siège. La princesse s’assit à ses côtés.

   - Maintenant que nous sommes seuls, peux-tu m’expliquer pourquoi cela t’a pris autant de temps pour revenir de la Chasse et pourquoi ton torse est marqué de symboles bizarres ? lui demanda-t-elle. Est-ce que c’est Luryo qui… ?

   - Non, l’interrompit Link, Luryo n’a rien avoir avec cela. Écoute bien, je vais tout te raconter depuis le début le début…

   Il lui conta sa découverte de la Porte au Bosquet Sacré – Zelda fut étonnée d’apprendre qu’une si qu’une si imposant monument puisse avoir été érigée à cet endroit sans qu’elle ne le sache, bien que Naec avait déjà fait part de sa découverte dans la clairière - et son aventure avec les indigènes. Il lui expliqua aussi comment il s’était retrouvé dans la dimension des Onoadiens, puis comme il avait réussi à retrouver ses compagnons et retourner dans le royaume. La princesse sembla déçue en apprenant que le jeune homme s’était épris d’A’guì, mais elle avait esquissé un sourire lorsqu’il lui avait dit que ses sentiments à l’égard de l’indigène s’étaient évanouis. Ce qui surprit le plus la future reine fut sans doute la rencontre du garçon avec les hommes-animaux et le soudain changement de comportement de Luryo.

   Une fois que le héros eut achevé son récit, la fille de Daphnes lui dit comment elle s’était inquiétée à son sujet pendant son absence – bien que celle-ci n’eût duré que quelques heures. Elle avait craint que l’Hylien qui avait auparavant tenté de l’attaquer lorsqu’il avait récupéré sa première gemme n’ait essayé de lui tendre un piège après qu’elle l’eût relâché.

   Naec revint finalement, accompagné des quelques domestiques de la princesse. Ceux-ci étaient vivement inquiets.

   - J’ai essayé de les calmer, mais ils ne veulent rien entendre, affirma le commandant.

   Les serviteurs se dispersèrent dans la pièce et le soldat s’approcha de la princesse. Il lui dit à basse voix :

   - Nous sommes bel et bien attaqué par une puissance obscure, que je suis incapable d’identifier. Pour l’instant, ses assauts paraissent avoir arrêté, mais l’agitation règne en Hyrule. Certaines personnes affirment avoir aperçu un vaisseau aux allures insolites dans le ciel. Je vais aller jeter un coup d’œil à la plaine. Je veux voir ce qui se trame là-bas.

   Il quitta le refuge, laissant Link, Zelda et les domestiques seuls dans la lumière vacillante de la torche.


3-Quand le rêve devient réalité

   Cela faisait un certain temps que le héros, la princesse et ses quelques visiteurs attendaient dans la cachette. Le garçon s’avança vers la fille de Daphnes. Il lui demanda :

   - Sais-tu ce qui se trame à l’extérieur ?

   - Je t’avais déjà dit que je pouvais désormais entrer en contact avec mon défunt père grâce à un cadeau que je crois les déesses m’ont offert. Il y a quelques heures, j’ai réussi à le joindre. Il m’a annoncé que Ganondorf était en train de semer la discorde dans le monde des damnés. Il se pourrait bien qu’il ait de nouveau trouvé une façon de quitter l’Outre Monde...

   Le jeune homme demeura silencieux un instant.

   - Si jamais c’était lui qui nous avait attaqué, je te jure que je le ferais de nouveau mordre la poussière. Je ne veux pas risquer qu’il te kidnappe comme la dernière fois...

   Zelda se rapprocha de lui.

   - Tu sais, fit-t-elle, lorsque tu es parti pour l’épreuve de la Chasse, j’ai constamment pensé à toi. Je…

   Elle ne put finir sa phrase qu’une violente secousse retentit. L’étagère dans le fond refuge, où se trouvaient le garçon et la princesse, bascula. Link plongea et, entraînant la future reine dans sa chute, la pousse juste à temps pour ne pas qu’elle se fasse écraser sous le poids du meuble. Lui aussi s’esquiva de justesse. Un nuage de poussière emplissait le refuge, l’empêchant de discerner quoi que ce soit autour de lui. Le héros entendit quelques toussotements.

   - Personne n’est blessé ? s’hasarda-t-il.

   Heureusement, on confirma qu’il n’y avait que des lésions mineures chez les domestiques. La saleté retombait lentement au sol. Le jeune homme s’adressa à Zelda :

   - Je vais aller voir ce qui se passe à l’extérieur. Reste ici. Je reviens bientôt.

   L’inquiétude se lisait sur le visage de la fille de Daphnes. Le garçon se précipita en dehors de l’abri de fortune. Lorsqu’il poussa la dalle de la statue qui obstruait le passage menant à l’extérieur de la cachette, un faible rayon de soleil parvint à ses yeux. La nuit tombait. Link ne tarderait pas à revenir.

   D’abord, tout lui sembla normal. Le château d’Hyrule était en parfait été et se dressait comme auparavant aux abords des montagnes. Le héros prit la direction de la citadelle. La place était déserte. Les gens, de peur d’être de nouveau attaqués par un opposant inconnu, s’étaient sans doute réfugiés chez eux.

   Le jeune homme leva les yeux au ciel. Il s'apprêta à quitter le Grand Marché lorsqu'un immense vaisseau marqué de dessins étranges se posa dans un épais nuage de fumée au milieu de l’endroit. Il était tiré par des créatures ressemblant à des dragons. Le héros vit une silhouette diffuse sortir de l’engin. Lorsqu’il aperçut Ganondorf, il crut qu’il était encore en train de faire un cauchemar. Il se pinça, mais en vain : le rêve était devenu une réalité.

   Ce qui se passa ensuite fut très diffus dans l’esprit de Link. Le maître de ténèbres avait levé la paume de sa main en sa direction. Elle n’était plus marquée du symbole de la Triforce, mais par un dessin représentant un œil. Une lueur violacée en avait émané. Link n’avait eu le temps de dégainer son épée qu’elle partait en sa direction. Le garçon avait fermé les yeux.

***

   Zelda attendait impatiemment le retour du jeune homme. Assise sur un banc, elle était songeuse. La trappe menant à l’extérieur s’ouvrit alors ; mais c’était que Naec entrait dans le refuge, et non le héros. Les traits du commandant étaient anxieux. Quelques ecchymoses couvraient son corps. Il fit un pas en direction de la princesse.

   - Je… je suis allé voir ce qui se tramait dans le royaume et… eh bien… une grande quantité de monstres a envahi Hyrule…, balbutia-t-il. Par chance, je ne me suis pas aventuré trop loin, et je n’ai eu affaire qu’à des plantes Mojo et… des Pestes. Mais j’ai vu bien pire…

   - Ce que je redoutais tant est arrivé. Ganondorf est véritablement de retour. Il faut absolument le mettre hors d’état de nuire avant qu’il n’étende sa domination sur le monde !

   - Ce n’est pas tout, poursuivit le soldat. Il va falloir trouver un autre endroit où se cacher. J’ai déjà commandé à certains de mes hommes d’amener les citadins au village Kakariko. Là bas, ils seront en sécurité. Du moins, je l’espère…

   La princesse garda le silence.

   - Au moins, je n’apporte pas que de mauvaises nouvelles, fit Naec. Nous avons réussi à reprendre le dessus sur les flammes qui se propageaient dans la cité. Je n’en ai pas encore identifié la source, mais ça venait indéniablement de la plaine. Celui qui nous attaqué semble parti. Nous pouvons profiter de cet écartement de danger pour se réfugier au village de la Montagne. Allons-y immédiatement.

   Ils mirent donc en route en direction de Kakariko. Lorsque vint le moment par la plaine d’Hyrule, on se mit à la queue leu leu, Zelda en premier et le commandant fermant la marche. Ils atteignirent le village sans se faire attaquer.

   Le soldat les conduisit dans la cave d’une petite demeure, en bordure de la Montagne de la Mort. On y avait creusé un passage qui menait sous l'élévation. Au moins, là-bas, ils seraient en sécurité.

   Zelda plaqua alors une main contre sa bouche. Elle avait oublié le globe qui lui permettait d’entrer en contact avec son père au château.

***

   Link ouvrit les yeux. Une douce lumière l’entourait. Était-il mort ?


4-Le plan du seigneur du mal

   Lorsque la boule d’énergie eut atteint l’endroit où se trouvait le héros quelques instants auparavant, elle passa tout droit et s’abattit sur la façade du bâtiment qui se trouvait derrière lui. Le garçon avait disparu Ganondorf poussa un grognement de rage. Mais comment avait-il fait pour se volatiliser ainsi sans qu’il ne s’en aperçoive ? Il l’ignorait, mais si jamais la route du maître des ténèbres croisait de nouveau celle du jeune homme, il l’assaillerait sans attendre.

   Le seigneur du mal revint dans son vaisseau. Luryo se tenait dans un coin, immobile. Il était possédé par une force obscure. En fait, c’était le Gerudo qui l’avait mis sous son joug. Il l’avait en quelque sort hypnotisé. L’Hylien n’était plus libre de ses mouvements, mais il voyait ce qui se passait autour de lui et l’entendait. Le sombre personnage s’avança vers lui, un sourire perfide accroché aux lèvres.

   - Maintenant, lui dit-il, nous allons faire croire que tu n’as rien à voir avec le meurtre de Daphnes. Je sais que tu as participé à une épreuve de «chasse» ou je ne sais quoi avec le stupide gamin et d’autres personnes. Nomme-moi une de ses personnes. Immédiatement.

   - Fr… Frane, articula difficilement celui qui était malgré lui son serviteur. Je l’ai battu au… au duel à l’épée.

   - Bien. Maintenant, va chercher cet individu et conduis-lui moi. Je serai au sommet de la Montagne de la Mort. Surtout, il ne doit pas savoir à qui il a affaire. Tu me rejoindras là-haut.

   - Oui… maître…

   L’Hylien sortit de l’appareil qui prit son envol. Il savait que Frane s’était réfugié au village Cocorico. Il eut tout juste le temps de quitter le Grand Marché que le cortège de la princesse allait dans la même direction que lui. Par chance, personne ne l’aperçut. Lorsqu’il arriva au village de la Montagne, il vit l’individu qu’il recherchait qui se promenait de maisons en maisons pour voir s’il pourrait trouver une où il pourrait s’abriter. Luryo l’intercepta.

   - Hé ! Salut Frane !

   Voyant que son interlocuteur avait l’air étrange, ce dernier répondit :

   - Euh… salut ?

   - Écoute, fit la marionnette de Ganondorf, je dois te montrer quelque chose de la plus haute importance. Tout de suite !

   - Et qu’est-ce que c’est ? se risqua Frane. Ne vois-tu pas que je suis occupé pour le moment ? Tu es sûr que c’est si urgent que ça ?

   - Tu verras par toi-même. Et oui, c’est pressant.

   Voyant que l’autre Hylien ne paraissait pas d’humeur à discuter, il obtempéra.

   - D’accord, je te suis…

    Qu’y avait-il donc à la cime du volcan ? Et sinon, qu’avait Frane à perdre en faisant ce que lui demandait Luryo ? Ça, malencontreusement, il l’ignorait. Et il allait regretter amèrement d’avoir pris cette décision.

   Ils prirent la direction de l’éminence rocheuse. Depuis que le volcan s’était éteint, il était désormais moins dangereux de s’aventurer sur ses flancs. Cela ne prit que quelques minutes au duo pour se rendre au sommet de la montagne. Lorsqu’ils y arrivèrent enfin, l’homme chauve aperçut Ganondorf. Il n’eût le temps de faire un mouvement que le seigneur des ténèbres plantât son regard dans sien, le maintenant sous son emprise comme il l’avait fait avec l’autre Hylien.

   - Ce soir, tu te faufileras dans l’endroit où se cache la princesse d’Hyrule et tu verseras ce poison dans l’eau qu’elle boira, ordonna le maître du mal en tendant une petite fiole à Frane. Et si tu te fais prendre, ce n’est pas grave : on te prendras pour celui qui a tué Daphnes. Cela aura pour effet de déstabiliser le stupide Link. Luryo, tu resteras avec moi.

   Frane partit vers Cocorico, le flacon en main. C’est à ce moment que le profil d’une personne se détacha de l’obscurité, derrière Ganondorf. C’était un homme trapu qui arborait une barbe semblable à celle de Luryo. Il avait un regard incroyablement sombre. Ses yeux jetaient des flammes.

   - Maître, pourquoi ne faites-vous pas de même avec le gamin ? Je veux dire… pourquoi ne l’empoisonnez-vous pas ? osa demander Gwalit. Ou maintenant que vous êtes capable d’hypnotiser les gens, vous pourriez le mettre sous votre contrôle.

   Ganondorf se tourna vers lui. La confusion régnait dans son esprit, mais il ne le laissa pas parraître.

   - Ce garçon n’est pas comme les autres, affirma-t-il à son plus fidèle serviteur. Une puissance divine m’empêche d’user de mes pouvoirs sur lui. J’ai déjà de la difficulté de m’approcher physiquement de lui. Tout à l’heure, lorsque j’ai voulu l’attaquer avec l’une de mes sphères d’énergie, il s’est volatilisé. Lorsque le moment sera venu, il viendra vers moi. Et je lui ferai regretter d’être venu au monde…


5- La quête des déesses

   Link nageait dans la lumière bleutée sans fin qui s’étendait autour de lui. La dimension dans laquelle il se trouvait ne semblai avoir ni haut, ni bas. Son corps était matériel, mais c’était comme s’il flottait dans les airs. On aurait dit qu’il évoluait dans un rêve. Une lueur céruléenne éclatante se mit à briller devant lui. Elle était accompagnée d’un éclat rougeâtre et d’un éclat verdâtre. Les scintillements laissèrent lentement paraître les contours de trois demoiselles à la peau étincelante. Elles étaient d’une beauté féerique. L’illumination qui émanait d’elles était si intense que le garçon ne pouvait les observer directement. Lorsqu’il se rendit compte qu’il se trouvait face à Din, Nayru et Farore, il voulut se jeter à leurs pieds. Mais il en fut incapable. Ses mouvements étaient comme paralysés.

   Une voix cristalline, comme un ruisseau, se fit entendre. Le jeune homme sut aussitôt que c’était la déesse de la sagesse qui lui parlait, simplement par son timbre.

   - Héros qui a naguère chassé le mal d’Hyrule, soit le bienvenu.

   Link voulut répliquer, mais aucun son ne sortit de sa bouche.

   - Tu as jadis acquis la Triforce, poursuivit Nayru. Le pouvoir de ma sœur Farore est encore en toi, même si tu ne le sens pas. De plus, tu as déjà le Feu de Din, le Vent de Farore et mon Amour.

   C’est à ce moment qu’une voix douce, comme le vent faisant agiter les feuilles des arbres, se fit entendre :

   - Tu as usé des pouvoirs que nous t’avons conférés à bon escient, contrairement à ce vil personnage qu’est Ganondorf. Heureusement, tu as réussi à le renvoyer dans l’Outre Monde.

   Le héros voulut leur dire que le maître des ténèbres était de retour et qu’il l’avait attaqué, mais encore une fois, il demeura muet.

   - Nous le savons, fit Farore, Ganondorf a réussi à regagner le monde des mortels, nous ignorons comment D’ailleurs, c’est nous qui t’avons amené ici quand il t’a assailli. Mais nous ne pouvons le faire retourner d’où il vient dorénavant, car il possède en lui la puissance que lui a malencontreusement jadis accordée Din, celle de la force. Bien que le symbole du triangle sacré ne soit plus marqué dans sa main, il a conservé une part de son énergie en lui. Ce sera à toi, encore une fois, de le chasser d’Hyrule. Telle est ta destinée. Une fois retourné dans l’Outre Monde, nous l’éliminerons pour de bon. C’est une âme déchue.

   Ce fut Din qui prit alors la parole. Sa voix était à la fois suave et enflammée.

   - La force de Ganondorf a maintenant décuplé. La puissance qu’il a accumulée est monstrueuse. La seule et unique façon de pouvoir le vaincre, encore une fois, est d’acquérir l’Épée de Légende. Elle ne se trouve plus dans le Temple du Temps. Là-bas, elle n’était pas totalement en sécurité. Nous l’avons enfermé dans une autre dimension, dans un palais appelé le Temple de la Triforce. Cette fois-ci, tu ne feras pas de bond dans le temps en la récupérant, heureusement pour toi. Cependant, il se peut que lorsque tu retourneras à Hyrule, tu ais un peu changé. Le monde dans lequel se trouve l’arme est… disons… différent du royaume dans lequel tu vis. Tu verras par toi-même…  Nous t’indiquerons le chemin à suivre pour t’y rendre. Bonne chance.

   La lumière qui entourait les divinités s’effaça peu à peu. Din, Farore et Nayru dirent en chœur :

   - Que la puissance des déesses soit avec toi !

   Link ouvrit brusquement les yeux. Il était étendu au sol, au milieu de la plaine d’Hyrule. Ça ne pouvait être un rêve qu’il venait de faire. Il avait été immensément privilégié d’avoir été l’objet de cet entretien divin. Le héros pria durant quelques minutes les entités créatrices. Lorsqu’il leva les yeux, il vit une boule de lumière qui flottait à quelques centimètres du sol, devant lui. C’était certainement les divinités qui lui indiquaient la voie à suivre pour se rendre dans la dimension ou reposait l’Épée de Légende. Le garçon jeta un coup d’œil en direction du Château d’Hyrule. Il venait de retrouver la princesse, et il fallait déjà qu’il la quitte ! Zelda était sur le point de lui révéler quelque chose d’important lorsque le sol s’était mis à trembler sous leurs pieds. Le jeune homme l’avait quitté pour s’assurer que tout était correct à l’extérieur. C’était lorsqu’il avait rencontré Ganondorf que les déesses l’avaient convié chez elles.

   La sphère lumineuse se mit à prendre la direction de la forêt Kokiri. Il n’y avait pas de temps à perdre. Link n’aurait même pas le temps d’expliquer la raison de sa prochaine absence. La fille de Daphnes s’inquièterait plus que jamais à son sujet. Il partirait pour une durée de temps qui lui était encore indéterminée. Il espérait que le temps passât lentement dans la dimension dans laquelle l’envoyaient Din, Farore et Nayru.

   La lueur conduit le héros jusqu’aux Bois Perdus. Elle le fit tourner à droite, puis à gauche, puis à droite, jusqu’à-ce que le garçon ne se souvienne plus quel chemin il avait exactement emprunté. Finalement, il aboutit dans une vaste clairière, similaire à celle du Bosquet Sacré – qui n’était plus maintenant qu’un immense cratère -, mais tout de même assez différent. En son centre, un maelström rayé de rouge et de noir tourbillonnait au centre d’une armature d’or. À son sommait trônait une parfaite représentation du triangle doré : la Triforce.

   La boule lumineuse qui avait conduit le jeune jusque là s’éteignit. L’obscurité oppressante entourait Link. Il était seul dans la forêt, et il serait incapable de retrouver son chemin jusqu’au village où il avait grandi avant de partir à l’aventure, même s’il le voulait. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire : pénétrer dans le remous coloré. Quelques marches taillées dans la pierre y menaient. Sans se presser, le héros les grimpa.

   Il était maintenant tout près du tourbillon. Un pas de plus et il quittait Hyrule. Le garçon se retourna une dernière fois pour observer le ciel sombre dans lequel la lune pointait le bout de son nez, avant de franchir la barrière qui séparait son monde à celui des déesses.


6-Eluryh

   Une désagréable sensation d’inconfort parcourut le corps de Link. Pendant un instant, il flotta dans un vaste espace vide. Puis, il apparut dans une grande étendue enneigée. Il sursauta en constant qu’il se trouvait dans la plaine d’Hyrule ; mais c’était l’hiver, et ce n’était jamais l’hiver – ou presque – à Hyrule. En tout cas, il ne neigeait pas à gros flocons comme c’était le cas en ce moment.

   Le héros balaya les alentours du regard. Tout était identique par la forme au royaume de Daphnes, sauf que le ciel parsemé de quelques nuages obscurs était orangé et les arbres d’un brun plus pâle qu’à l’ordinaire. La façade de la citadelle était d’un gris sombre. En fait, tout était le contraire de la dimension dans laquelle était né le garçon.

   Une voix féminine se fit entendre. C’était Farore qui s’adressait à lui :

   - Comme tu possèdes ma part de la Triforce en toi, c’est moi qui vais t’aider à trouver le temple du triangle sacré. Il se trouve derrière les montagnes, aux limites du royaume. Un tunnel sous le Temple du Temps y mène. Comme tu as pu le constater, ce monde, que nous appelons Eluryh – Hyrule à l’envers - est contraire à ce dernier. Sois prudent : ceux que tu pourrais croire être tes alliés ne le serons peut-être pas…

   Cette dernière phrase laissa le jeune homme songeur. Tout en réfléchissant aux paroles de la déesse, il prit la route du Grand Marché, par où il pourrait ensuite trouver le passage qui le mènerait au Temple de la Triforce. La cité était presque déserte. Les seuls gens qui y circulaient, dont la peau était encore plus sombre que celle d’A’guì – leur épiderme semblait calciné - jetaient des regards noirs à Link. Le héros aperçut Zelda qui marchait en sa direction. Contrairement aux autres Eluryhiens, même si son tégument était dangereusement obscur, elle arborait une mine aimable. Un halo de lumière bleue l’entourait. Or, quelque chose clochait dans la façon qu’elle observait le garçon. Celui-ci crut voir en ses yeux un brin de malice. Il frissonna.

   - Link ! fit la princesse d’une voix qui ne lui appartenait pas. Je commençais à m’inquiéter à ton sujet.

   Elle l’enlaça pour aucune raison apparente. Le jeune homme se desserra vivement de son étreinte. Dans la main de Zelda – où ce qui prenait son apparence – se trouvait un poignard.

   - C’est donc ça que Farore voulait dire par «ceux que tu pourrais croire être tes alliés ne le seront peut-être pas…», murmura Link.

   Le héros trimballait avec lui toujours l’épée que la princesse – la vraie – lui avait prêtée pour l’épreuve du duel à l’épée, et il la dégaina, mettant «Aldez» (le garçon décida de l’appeler ainsi, car elle était complètement l’opposée de la vrai fille de Daphes) en respect.

   - Tu ne veux pas me tuer, c’est ça ? fit «Aldez» en laissant entendre un ricanement aigu. Tu n’es qu’un lâche, Link. Si je ne t’avais pas aidé dans ta quête, tu ne serais jamais venu à bout de Ganondorf.

   Dans un élan de rage, le jeune homme se jeta sur elle et lui transperça le corps avec son arme. Le clone malfaisant de la princesse d’Hyrule s’évapora dans un nuage de fumée. Quelques larmes perlaient sur les joues du héros. Il les essuya du revers de sa main, puis renifla. Il ne fallait pas qu’il se laisse berner par des êtres qui se faisaient passer pour d’autres.

   Link n’était pas au bout de ses peines. Il n’eût le temps de faire un pas qu’une autre personne s’approcha de lui. Le garçon posa la main sur le pommeau de son épée. C’était Ganondorf. Le seigneur du malin était accoutré d’un hideux habit blanc. Son visage était blafard. Un sourire s’étirait sur les lèvres de ce qui semblait bel et bien être le seigneur du malin. Le jeune homme croyait rêver.

   D’une voix douce et amicale, «Frodnonga», s’amusa à penser plus tard le héros, lui dit :

   - Je connais le but de ta visite en notre monde. Si tu veux, je peux t’indiquer où se trouve l’entrée du Temple où repose l’Épée de Légende. Personne n’a jamais voulu s’y aventurer, de peur de subir le courroux des déesses.

   Il marqua une courte pause avant de poursuivre :

   - La princesse tyrannique que tu viens d’abattre n’est pas réellement morte, ne t’en fais pas. Tout ce qui se passe dans cette dimension ne changera rien à celle d’où tu viens.

   Link était interloqué. Il était incapable de concevoir qu’en se moment, le seigneur du mal lui parlait comme si c’était son ami.

   - Mer… merci beaucoup, balbutia-t-il enfin. Tu dis que tu sais comment pénétrer dans l’endroit où repose Excalibur. Tu peux m’y conduire ? Je veux dire... si… si tu le veux bien…

- Mais bien sûr ! s’exclama «Frodnonga».

   L’opposé du maître des ténèbres l’amena au Temple du Temps. Il se tourna alors vers lui.

   - Tu à l’Ocarina du Temps avec toi ? lui demanda-t-il.

   Le héros se rappela que Zelda lui avait confié l’instrument bleu alors qu’il partait pour la Chasse, à Hyrule. Il le sortit du petit sac qui était attaqué à sa ceinture.

   - Voilà, je l’ai. Quelle mélodie dois-je jouer ?

   - Le Chant du Temps, évidemment. Mais tu dois l'inverser.

   Le garçon porta l’instrument à ses lèvres. Il joua l’air qu’il avait temps répété auparavant, en intervertissant les notes cependant.

   Un cliquetis se fit entendre. Une des dalles qui tapissaient l’entrée du bâtiment où reposait jadis l’Épée de Légende en Hyrule dévoila un petit escalier qui menait dans les entrailles de la terre. Il y régnait les ténèbres oppressantes.

   - N’essaye pas de trouver ce passage dans ton monde, ça marche uniquement ici, lui dit «Frodnonga» avant qu’il ne disparaisse dans la noirceur.

   Le Gerudo habillé de blanc obstrua l’issu menant au Temple de la Triforce avant de partir.


7-Le temple de la Triforce

   Link se trouva plongé dans la pénombre. Il marcha lentement devant lui, pour ne pas trébucher dans un quelconque obstacle au sol. Un flambeau accroché au mur de pierre prit alors feu non loin de lui, le faisant sursauter. Le cœur battant la chamade, il continua sa descente dans les profondeurs de la terre, la main posée sur la pomme de son épée, ne sachant pas à quoi s’attendre. D’autres torches s’allumèrent sur son passage, alors qu’il marchait dans le couloir sans fin. Sur les remparts du tunnel était gravé le triangle sacré. Enfin, il déboucha dans une vaste salle, celle-ci éclairée par d’énormes chandeliers dorés qui pendaient du plafond en forme de dôme. Sur le sol recouvert de tuiles était dessiné un immense symbole de la Triforce. Il brillait d’une faible lueur. De l’autre côté de la pièce, on pouvait voir une porte. Le héros marcha vers elle. Mais avant qu’il ne puisse l’atteindre, il entendit un bruit sourd dans son dos et des barreaux couvrirent la porte.

   Il se tourna vivement. Une lame passa à quelques centimètres de sa gorge. Le garçon dégaina prestement son arme, la pointant vers son ennemi qui était apparemment tombé du plafond. C’était un grand colosse au heaume et à la cuirasse d’acier. Il ressemblait à un Hache-Viande. Le monstre tenait dans ses mains un immense fléau, équipé de trois boules garnies de pointes acérées, et une épée, qu’il venait de lâcher vers son opposant.

   Le jeune homme l’examina un instant. Il n’y avait vraisemblablement aucune faille à sa solide armure. Or, Link devait en trouver une ! Le guerrier chargea sur lui. Le héros n’avait plus de bouclier. Il dut donc exécuter une roulade sur le côté pour esquiver l’attaque. Les sphères métalliques tombèrent lourdement au sol. Le garçon profita de l’instant d’inattention de son ennemi, qui était en train de soulever son arme, pour se rendre derrière lui. Non, il n’y avait vraiment aucun espace où il pourrait renfoncer son épée dans le corps du colosse.

   Ce dernier s’était relevé. Il pivote brusquement sur lui-même et assaillit de nouveau Link, qui réussit encore une fois à éviter de se faire écraser sous le poids des boules de piques. Celles-ci paraissaient immensément lourdes, mais le guerrier avait une facilité déconcertante à les manier. Il fallait avouer qu’il faisait au moins deux fois la taille du héros… Mais ses mouvements étaient relativement lents comparés aux siens, et il était difficile pour lui de l’atteindre de son fléau.

   Le jeune homme remarqua que le monstre devait attendre que son arme cesse de tourner pour le basculer dans l’autre sens. S’il se plaçait au bon endroit, le colosse serait touché par sa propre attaque. Il se positionna donc à sa droite, voyant que les boules garnies de pointes se situaient de l’autre côte. Le garçon avait eu le bon raisonnement. Lorsque le guerrier voulut l’assaillir, il fit un salto arrière et les sphères hérissées de piques se plantèrent dans la cuisse de son ennemi, qui poussa un cri rauque avant de s’écrouler au sol. Les barreaux qui bloquaient l’accès à la porte disparurent.

   Un coffre apparut au centre de la pièce. Link s’empressa de s’y rendre et de l’ouvrit. Une carte du donjon s’y trouvait. Le héros put constater que le temple dans lequel il se trouvait été assez vaste. Il était composé de cinq étages comprenant chacune plusieurs salles. Le garçon se trouvait au rez-de-chaussée, le maître du donjon au dernier palier. Il n’y avait pas de temps à perdre. Avant de quitter l’endroit, il essaya de prendre le solide bouclier de métal du monstre qu’il venait d’abattre : mais il était trop lourd pour lui.

   La salle suivante était assez similaire à celle qu’il venait de quitter. Toutefois, la porte, de l’autre côté de la pièce, était solidement barrée. Une dalle différente de celles qui tapissaient le sol capta l’attention du jeune homme. Il tira dessus. La tuile laissa découvrir un petit interrupteur. Link l’actionna. Un pan se détacha du mur. Un trésor y était dissimulé. Il contenait une petite clé, que le héros se servit pour déverrouiller la porte.

   La troisième pièce contenant trois issues. L’une d’elle était obstruée par des barreaux, une autre barrée et la dernière était libre d’accès. Le garçon emprunta cette dernière. Un trou dans le fond duquel étaient ancrés des piques traversait la salle. Une pierre où était gravé le triangle sacré se trouvait sur le bord du creux. Sachant quoi faire, le jeune homme joua la berceuse de Zelda. Un pont apparut par-dessus la fosse. Link l’emprunta. Il fut assailli des chauves-souris, qu’il tua d’un simple coup d’épée. Il activa l’interrupteur qui se trouvait devant lui. Un cliquetis se fit entendre. Lorsqu’il revint dans la pièce d’où il venait, il constata qu’il venait de libérer le passage qui était jusqu’alors bloqué par les barres de métal. Il y pénétra.

   Sur le mur devant lequel il se trouvait poussaient des lianes. Le héros y grimpa. Il aboutit devant un bassin d’eau, au fond de lequel on pouvait apercevoir un coffre. De l’autre côté du trou d’eau, à une hauteur inatteignable, il y a avait un diamant. Le garçon n’avait aucun moyen de l’atteindre, était donné qu’une fois sa quête antérieure terminée, il s’était délaissé des objets qu’il avait acquis au cours de son aventure. Il balaya les alentours du regard. Le sol était jonché de petits cailloux. Le jeune homme en attrapa un et le jeta dans l’onde. C’est alors qu’il y eut un déclic dans son esprit. Il attrapa une pierre et le jeta sur le diamant, qui prit une teinte dorée. Une trappe s’ouvrit sous l’eau, et son niveau s’abaissa jusqu’à ce qu’il n’en reste plus du tout. Link descendit jusqu’au coffre par une échelle qui permettait d’y descendre. Il en ouvrit le couvercle pour y découvrir une petite clé.

   Il revint dans la salle précédente et débarra la porte verrouillée. Le héros se trouvait dans une pièce circulaire. En dessous de lui, c’était le vide. On pouvait entendre un petit clapotis qui venait d’en bas. Quelques plateformes séparées d’environ une quornille – unité hylienne équivalent environ à un mètre quatre-vingts - les unes des autres permettaient de se rendre dans un passage plus élevé. Leur espacement s’accroissait avec leur hauteur. Le jeune homme doutait de pouvoir atteindre le dernier échelon en sautant. Il tenta tout de même sa chance. La première distance fut assez facile à franchir, ainsi que la deuxième. Pour la troisième, Link dut prendre un élan. Il ne lui restait plus que trois plateformes à atteindre. La prochaine qu’il aurait à rejoindre se situait à environ une quornille et demi de lui. Il recula jusqu'au bord du plateau sur lequel il se trouvait et fonça droit devant, avant de sauter. Il atterrit sain et sauf sur l’autre palier. L’avant-dernière plate-forme se trouvait à deux quornilles. Avec un peu de chance, le héros pourrait réussir à s’accrocher à son bord. Il s’élança et réussit heureusement à se suspendre au dernier plateau, en exécutant un bond formidable. Plus qu’un saut et ç’en était fini. Près de deux quornilles et demi le séparaient de son objectif. C’était un espacement impossible à franchir pour un Hylien ; seul un loup aurait été capable de le faire. Mais le garçon devait absolument essayer, au risque de ne jamais récupérer l’Épée de Légende. Il prit son essor et se jeta de toutes ses forces devant lui : mais en vain.

   Il chuta longtemps. Il ferma les yeux, croyant qu’il avait déjà échoué la quête que les déesses lui avaient confiée. Mais il atterrit dans un grand éclaboussement dans de l’eau. Le jeune homme remonta à la surface et battit plusieurs fois les paupières. Au-dessus de lui, les plateformes étaient indiscernables, tellement elles étaient en hauteur. Comme Link ferait-il pour remonter là-haut ? Il ne pourrait nager indéfiniment à la surface de l’onde, il finirait par s’épuiser. Il resta longtemps à réfléchir à une façon de se sortir de là, mais il ne trouvait aucune solution. Le héros se mit à caler. Il commença à peiner à respirer. C’est à ce moment que la chance lui sourit : il passa au-dessus de ce qui se révéla être un jet d’eau, qui le propulsa jusqu’en haut, après la dernière plateforme d’où il avait chuté, devant une porte. La dernier saut était en fait impossible à exécuter : il fallait sauter en bas pour remonter par le jaillissement.

   Il resta longtemps affalé au sol, crachant l’eau qui s’était accumulée dans ses poumons. Le garçon, après avoir toussé une dernière fois, se mit debout. Ses vêtements étaient tout trempés, mais cela l’importait peu ; son épée et son ocarina se trouvaient dans des compartiments étanches et imperméables. Il ne passa pas tout de suite à la pièce suivante, s’accordant une petite pause de quelques minutes. Mais il ne fallait qu’il perde son temps : Ganondorf était de retour à Hyrule et il pourrait y semer la destruction avant que le jeune homme ait récupéré Excalibur. Et Zelda… Link l’avait abandonnée dans le refuge. S’il advenait que le maître des ténèbres apprenne où elle s’était terrée avec ses domestiques, il ne tarderait pas à la maintenir sous son joug, juste pour que le héros vienne à lui et que les Hyliens le craignent. C’était plus qu’une amie pour lui. En fait, il se surprenait des fois à penser à elle à des moments inopportuns. Elle accaparait une place importante dans son esprit, il ne saurait dire pourquoi.

   Le garçon secoua la tête pour se débarrasser des derrières gouttes d’eau qui étaient restées dans ses cheveux et passa à la salle suivante. C’était un long couloir aux murs dorés, très étroit. À son bout se trouvait une porte. «C’est trop facile», songea le jeune homme. Il s’attendait à voir surgir une araignée du plafond, ce qui ne fut finalement pas le cas. Sur ses gardes, il marcha en direction du passage au fond de la pièce. C’est alors qu’il constata que, même s’il marchait vers l’avant, il n’avançait point. C’était un couloir sans fin.

   - Mais comment faire pour atteindre l’autre côté ? se demanda Link à haute voix.

   La réponse se présenta à lui : au mur, une petit plaque affichait les mots suivants :

   Il vous faut marcher de l’arrière…

   Marcher de l’arrière… Le héros revint à la pièce d’avant. Il n’osait pas tenter de rejoindre la plateforme qui lui avait donné tant de fil à retordre. Il alla de nouveau dans le couloir, songeant à ce que voulaient dire le message qu’il avait lui.

   Marchant à reculons sans s'en apercevoir, il réfléchissait. Il se rendit soudain compte que plus il avançait par en arrière, plus il s’approchait de la porte, au bout du passage. Mais oui ! Pourquoi n’avait-il pas pensé à cela avant ? Dos au fond de la pièce, il recula. Son dos heurta la porte. Il se retourna et l’ouvrit.

   La pièce suivante était pourvue d’un haut escalier qui menait à un accès élevé verrouillé. Le garçon confronta quelques araignées disproportionnées, qui ne lui firent que des égratignures. L’une d’elle avait avalé une petite clé : le jeune homme la récupéra.

   Après avoir traversé un autre couloir «infini» à reculons, il arriva dans une grande salle ronde, dont le milieu, surélevé, était couvert de sable. C’était une arène de combat. Un grillage tomba sur la porte derrière lui. Il avança vers l’enceinte, l’épée en main.


Suite plus bas...
« Modifié: 05 juillet 2011 à 22:42 par Supersigo »

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Ajout du deuxième chapitre.  :)

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Voici le troisième chapitre et, du même coup, le quatrième (eh oui je suis rapide ^^). Des commentaires? Je n'en reçois plus beaucoup ces temps-ci... J'ai une idée! Pas de commentaires, pas de nouveaux chapitres!  :ninja:

Je blaguais bien sûr...>.<
« Modifié: 15 avril 2011 à 22:14 par Supersigo »

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Désolée, je voulais lire, mais c'est trop long et trop tout court pour que j'en aie le temps :)


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Que veux-tu dire par «tout court»?

Bah sinon j'ai posté le chapitre 5, pour ceux que ça intéresse.  :P

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Tu as zappé un mot qui t'aidera peut-être à répondre tout seul à la question :P
"Trop, tout court". ^^
Trop en quantité.


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Ah, d'accord. ^^

Je n'oblige personne à lire ma fic, j'avoue qu'elle est un peu longue à lire, ça doit être décourageant de voir la grosseur qu'elle fait. (ce n'est que la première partie et le début de la deuxième partie, et il va y en avoir 5 en tout de la grosseur de la première  :ninja:  ). Mais j'encourage toujours les gens à lire le début de la première partie (et commenter, ça fait toujours plaisir ^_^ ), et si l'histoire les intéresse, je les invite à la continuer.  :)

Pour ceux que ça intéresse envoyez-moi un MP (je suppose que je vais en avoir très peu  :mrgreen: , mais bon c'est pas grave), je ferai des UP de temps en temps dans ce sujet mais je ne suis pas pour poster à chaque fois que je rajoute un chapitre. ^^

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Je mets la suite ici, mon premier message est trop long pour cela.  ^_^

Sinon, comme personne ne m'envoie de MP, je peux vous dire que je poste constamment la suite ici, si ça vous intéresse.

8-Proekath, le dragon doré

   Un beuglement guttural se fit entendre derrière Link. Le cœur battant à tout rompre, il se retourna promptement. Une grande créature volait dans sa direction, les griffes dehors. Le héros eut juste le temps d’exécuter une roulade pour éviter de se faire décapiter. La bête atterrit dans un nuage de sable, faisant trembler le sol. C’était un immense reptile dont les écailles dorées rutilaient sous la lumière des torches accrochées aux murs. Deux grandes cornes de la longueur d’un homme pointaient sur son crâne, entre lesquelles était dressée une crête. Son museau était garni d’une troisième pointe. L’animal était encore plus colossal que le dragon pourpre que le garçon avait croisé dans la dimension des Onoadiens ; et il paraissait beaucoup plus agressif.

   Le jeune homme murmura :

   - Déesses… comment voulez-vous que je vienne à bout de ce monstre ?

   Il ne s’attendait pas à ce que les divinités lui répondent, mais elles le firent, à la grande reconnaissance de Link. Ce fut encore une fois Farore qui lui parla :

   - C’est Proekath, le dragon doré protecteur du Trésor. Son point faible se trouve derrière sa crête hérissée, sous sa nuque. Fais attention à sa queue !

   Au même moment, le reptile se retourna, faisant pivoter sa queue garnie d’aiguilles vers le héros. Celui-ci ne put l’éviter totalement. Il fut propulsé plus loin. Une douleur aiguë lui traversa l’abdomen. Son torse et une partie de son bras droit furent profondément entaillés par les pointes. Le garçon poussa une plainte déchirante. Il s’écroula au sol. Heureusement, les éperons n’étaient pas empoisonnés. Surmontant sa souffrance, le garçon se releva tant bien que mal. Par chance, aucun de ses organes vitaux n’avaient été touchés. Il examina son opposant. Pour atteindre sa nuque, le jeune homme devrait grimper sur le dos de la bête. Dans l’état dans lequel il se trouvait, ce ne serait pas chose aisée.

   Link boita vers l’épée qu’il avait échappée et qui s’était plantée un peu plus loin dans le sable. Heureusement, il était ambidextre. Il l’agrippa et la pointa devant lui, vers le dragon. Ce dernier ne semblait nullement impressionné. Il ouvrit grand sa gueule. Une chaleur intense se fit sentir dans la pièce. Le héros, devinant les intentions de la créature écailleuse, se jeta en bas de l’arène, amortissant sa chute par une roulade. L’enceinte était profitablement peu élevée. Il n’avait pas encore blessé le monstre et il était déjà très amoché. Proekath cracha un puissant jet de flammes vers l’endroit ou se trouvait le garçon quelques instants auparavant. Il reprit son envol. Le jeune homme aperçut des jarres dans le fond de la pièce. Il clopina dans leur direction. Elles contenaient un liquide clair semblable à de l’eau. Il en but une gorgée. Il fut aussitôt revigoré. Ses blessures ne s’étaient pas altérées, mais il sentait qu’une énergie nouvelle l’animait.

   Il remonta sur l’arène de combat, dont une partie avait été noircie par le feu du dragon. Ce dernier planait dans sa direction. Si Link faisait le bond mouvement, il pourrait se propulser sur le dos de la créature. Il tenta le coup. Mais il se prit trop tôt, et la bête aux écailles d’or le lacéra de ses griffes. La douleur qu’éprouvait le héros était tellement vive qu’il peinait à rester conscient. Il se précipita en bas de l’enceinte, vers les récipients contenant la boisson magique. Or, il advint que le reptile aperçut vers où il se dirigeait et renversa les jarres avant qu’il ne les atteigne : le liquide qu’elles contenaient s’étendit au sol.
   Le garçon fit un creux avec sa main et ramassa le plus de liqueur qu’il put. Il la porta à ses lèvres. Les quelques gouttes qu’il avala lui donnèrent juste assez de vigueur pour qu’il puisse s’avancer vers Proekath, qui s’affairait à renverser les dernières cruches. En exécutant un salto arrière – geste qui fut pour lui particulièrement douloureux – le jeune homme réussit à accéder au cou de la créature, qui prit aussitôt son envol dans un élan de fureur. Le héros s’accrocha fermement à ses cornes. Le dragon secoua frénétiquement sa tête dans tous les sens, mais Link tint bon.

   Il profita d’un moment ou la bête se trouvait à l’horizontal pour dégainer son épée. Il l’abaissa fortement vers la nuque de la créature, mais ses écailles étaient trop épaisses à l’endroit où l’arme aboutit. Le garçon discerna alors un petit renflement entre deux mailles de l’armure dorée. Il leva sa lame et la rabattit vivement à cet emplacement précis. Proekath poussa un râlement. Il se mit à descendre en piqué vers le sol. Le jeune homme eut tout juste le temps sauter en bas du dragon que ce dernier s’effondrait dans un tremblement par terre. Le grillage qui bloquait la porte d’où il venait se leva.

   Link resta longtemps étendu au sol. Une longue estafilade lui rayait la poitrine. Cette situation lui rappelait la marque que le dragon pourpre lui avait faite au dos auparavant. Mais l’écorchure du reptile doré était beaucoup plus profonde que celle du reptile cramoisi. Le héros finit par sa relever. Il réalisa qu’un coffre de bois avait apparu au centre de l’étendue de sable que formait l’arène de combat. Chancelant, il s’y rendit. La boîte contenait un arc teinté d’or, où était dessinée la Triforce, et des flèches de lumières dans un carquois avec les mêmes symboles. L’éclat de ces dernières était beaucoup plus éblouissant que celui qui émanait des traits qu’avait jadis utilisés le garçon pour vaincre Ganondorf. Le jeune homme mit sa nouvelle arme en bandoulière.

   Il regarda autour de lui. Dans le fond de la pièce, il ne l’avait pas remarqué, mais il y avait une porte dont les barreaux ne s’étaient pas levés lorsque Proekath avait été décimé. Un peu plus haut, il y avait un œil métallique qui baignait dans un nuage de vapeur sombre. Link tendit la corde de son arc et décocha une flèche lumineuse en direction du globe oculaire, qui se ferma, laissant l’accès libre à la porte. C’est alors qu’il constata que, même s’il tirait tous les traits de son carquois, il y en avait toujours qui réapparaissaient. Cela lui serait avantageux. Il n’aurait pas à chercher des flèches une fois ses réserves épuisées.

   Toujours boitant, il passa à la salle suivante. C’était une toute petite pièce. Devant lui, il trouva un autel de pierre où étaient posés des flambeaux où brûlaient d’étranges flammes bleutées. Leur lumière céruléenne dansait sur les murs. Un rond lumineux de la même couleur brillait au sol. Ne sachant que faire d’autre, le héros s’assit dans le cercle. Tout à coup, une douce sensation l’envahit. Tous ses maux le quittèrent. C’était comme si on avait posé un baume réconfortant sur ses plaies. Lorsqu’il ouvrit les yeux, les torches azurées étaient éteintes. Ses blessures n’étaient plus que des cicatrices et il était revigoré.

   Reprenant lentement ses esprits, il profita du moment de répit pour consulter la carte du temple. Elle indiquait qu’il était déjà rendu au troisième étage. Le maître du donjon se trouvait au dernier palier.

   Lorsqu’il ouvrit la porte de la pièce, il se trouva devant un pont suspendu, qui traversait un vide effrayant. À son bout se trouvait un passage bloqué par une chaîne où était attachée une serrure. À la droite du garçon, un escalier en spiral taillé dans la pierre menait aux profondeurs ténébreuses. Regardant où il posait les pieds à chacun de ses pas, pour ne pas basculer dans le trou - il n’y avait aucune rampe à l’escalier –, il entama sa descente. Il marcha durant de nombreuses minutes, jusqu’à ce que tout soit complètement plongé dans l’obscurité autour de lui. Lorsqu’il atteignit la dernière marche, il trébucha et s’affala face contre terre.

   Il se releva vivement, secoua ses vêtements poussiéreux. Il sortit une flèche de lumière de son carquois pour s’éclairer. Il aperçut une petite lueur rouge qui brillait un peu plus loin devant lui. Lorsqu’il s’en approcha, il faillit échapper le trait lumineux : il faisait face à une énorme créature aux yeux globuleux et à la langue pendante. Le scintillement violacé provenait de son front. Le jeune homme, sur ses gardes, pointa sa lame dans sa direction. Mais l’animal s’approcha de lui et le lécha de long en large. Couvert de salive gluante, Link, dégoûté, recula. C’est alors que l’énorme être décida de foncer dans sa direction. Le héros l’évita juste à temps. Il tenta de frapper la créature de côté, mais sa peau était beaucoup trop épaisse pour son épée. C’est alors qu’il comprit ce qu’il fallait faire : agrippant son arc, il décocha le trait éclatant qu’il tenait à la main directement dans le front de la bête, là où se brillait la lueur cramoisie. Avant de s’effondrer au sol, celle-ci cracha un petit objet métallique. C’était une clé !

   Le garçon revint en haut de la pièce, et, traversant lentement la passerelle qui ballottait de gauche à droite – heureusement pour lui, elle ne céda pas sous son poids – se rendit vers la porte verrouillée, qu’il débarra.

   Il traversa de nombreuses salles où il combattit différents monstres – des guerriers à la cuirasse d’acier, des chauves-souris, en passant par d’autres créatures qu’il n’avait juste alors jamais confronté – et résolut de nombreuses énigmes, pour finalement parvenir au dernier étage du temple. S’il se fiait au parchemin  où était dessiné le plan de l’endroit, c’était niveau le plus tortueux. Le jeune homme se trouva devant la porte menant au maître du donjon, mais il n’avait pas la clé pour y pénétrer. À sa droite se trouvait une porte marqué d’un grand V qui ne voulait pas s’ouvrir ; à sa gauche un passage libre d’accès, qu’il emprunta.

   De nombreux yeux métalliques étaient accrochés à un mur de la pièce. Une épaisse barrière de fumée sombre empêchait Link de se rendre à la salle suivante. Il tenta de traverser le nuage de vapeur, mais sa flèche ricocha contre un mur invisible. Comprenant le principe, il tira rapidement plusieurs flèches de suite dans les globes oculaires, mais ces derniers s’ouvraient quelques secondes seulement après. Le héros tenta de tirer jusqu’à trois flèches en même temps avec son arc, l’une partant à gauche, l’autre à droite, mais ses traits n’atteignaient jamais toutes leur cible. C’est alors qu’il aperçut un engin creux sur le mur opposé. On pouvait y poser plusieurs projectiles, ce que le garçon fit. Il enclencha le mécanisme. Toutes les flèches partirent en même temps, et touchèrent simultanément les yeux. Un cliquetis se fit entendre. La barrière de fumée avait disparut. Le jeune homme se hâta de se rendre à la salle suivante.

   C’était un énorme labyrinthe. Link finit par s’y retrouver, et, après avoir trouvé une petite clé à son extrémité, il se rendit à l’autre pour se rendre dans une petite pièce où trônait un diamant. Le héros l’actionna. Un pan de pierre se détacha d’un mur, laissant la voie à un petit passage que le garçon dut emprunter en marchant à quatre pattes. Il se trouva devant une plaque sur laquelle était marquée une mélodie à jouer à l’Ocarina. Il finit par la mémoriser. Il revint dans la pièce où se trouvait le passage menant au maître du donjon, se rendant vers la porte qui ne voulait pas s’ouvrir. Il souffla la chanson qu’il avait apprise dans son instrument bleuté. L’accès se libéra.

   Il se trouva devant un coffre jaune et bleu. C’était là-dedans que le jeune homme trouvait normalement la Grande Clé, celle qui permettait de rejoindre le monstre final du donjon. Enthousiasmé d’arriver enfin à la fin du donjon, il ouvrit le trésor. Une panoplie de bestioles volantes en sortit. Link les élimina toutes. C’est à ce moment que le vrai coffre contenant la Grande Clé se révélé. C’est là que le héros trouva l’objet ambré, serti d’une pierre précieuse.
   
   Le garçon revint dans la pièce précédente. Il s’avança vers l’énorme serrure, puis, tenant la clé qu’il venait de trouver à bout de bras, il la déverrouilla. Il pénétra dans l’antre du maître du donjon. La porte se ferma derrière lui.


9-La conquête de soi

   Link se trouvait dans un large espace plane, dont le sol était recouvert d’une mince pellicule d’eau. Au-dessus de lui, le plafond était tellement haut qu’il lui était invisible. L’atmosphère était lourde et l’air était chargé d’humidité. Au centre de la salle trônait un arbre dont l’écorce semblait recouverte d’or. Le jeune homme pataugea dans sa direction. Les feuilles du baliveau formaient un grand dôme au-dessus de sa tête. La pièce semblait sans issue. Le garçon se tourna pour revenir à la porte qui s’était refermée derrière lui, mais le passage avait curieusement disparu. En fait, on ne voyait même plus les murs de la vaste salle : le héros paraissait être dans une immense plaine qui baignait dans l’onde.

   Il revint vers l’arbre doré, là où le sol était le plus sec. Songeur, il examina son reflet dans l’eau, devant lui. C’est alors qu’il remarqua que ses yeux avaient pris une étrange teinte violacée, et que sa peau ainsi que sa tunique étaient devenus noirs comme si elles avaient été calcinées. Il poussa un hurlement de terreur. Le jeune homme sentit alors quelque chose se détacher de son corps. Il tourna la tête en direction de cette entité. Devant lui se dressait Link Noir ! Il l’avait déjà confronté quelques années auparavant, dans le temple sous le lac Hylia. Son ombre était identique à lui, excepté sur un point : sa couleur. De ses yeux rouge vif jaillissait un regard mauvais. À sa ceinture pendait une épée pareille à celle du héros et dans son dos… un arc sombre ainsi qu’un carquois contenant des flèches entourées d’un nuage d’obscurité. Le garçon devait à tout pris éviter de se faire toucher par ces traits maléfiques ! Il ne savait ce qui lui arriverait si jamais il se faisait atteindre par les projectiles.

   Il dégaina vivement son épée et la brandit devant lui, espérant toucher son clone avant qu’il ne puisse réagir. Mais son opposant fut aussi rapide que lui. Les deux lames s’entrechoquèrent. Le jeune homme tenta d’atteindre le flanc de Link Noir, mais se dernier para le coup avec une facilité ahurissante. Son ombre répliqua, et le héros évita de justesse une attaque qui aurait pu lui être fatale.

   Son clone sortit soudain son arc et pointa une flèche de ténèbres en direction de lui. Le garçon n’eût d’autre idée que de se cacher derrière l’arbre doré qui poussait au centre de l’endroit. Il s’abritait tout juste derrière le baliveau qu’un projectile partît dans sa direction, et fut heureusement bloqué par le tronc étincelant. Mais, sous les yeux ébahis de Link, le végétal devint tout à coup affreusement obscur, et perdit tout de son éclat. Ses feuilles, qui brillaient alors de milles feux, furent entourées d’une fumée nébuleuse. C’est ce moment que son opposant choisit pour le prendre par surprise. Il décocha un trait vers lui. Le jeune homme ne put l’éviter, mais heureusement la flèche dévia de sa trajectoire et vint se planter dans sa botte. Par chance, cette dernière était d’un cuir épais, et le projectile ne le toucha pas. Le héros l’ôta d’où il était planté et le jeta derrière lui.

   Il attrapa son propre arc et fit partir une flèche de lumière en direction de Link Noir. Ce dernier l'esquiva d’une simple culbute. Il chargea alors en direction du garçon, qui n’eut aucunement le temps de réagir, tellement le geste était vif. La morsure froide de la lame se fit sentir dans tout son corps. Il hurla. Le jeune homme baissa la tête. L’arme de son clone était plantée dans son abdomen. Elle le traversa de bord en bord. À peine conscient, le héros tomba à genou sur le sol mouillé. Il entrevit son ombre marcher dans sa direction, un sourire horriblement pervers accroché sur ses lèvres noires.

   L’être obscur fit un pas vers lui, puis un autre. Il disparut alors dans le corps du garçon impuissant. Le jeune homme ferma les paupières, emporté par un vague sentiment d’engourdissement.

   Chacun à en lui une mauvaise partie, une parcelle d’ombre.

   Pour Link, elle avait prit le dessus.


10-L’ascension du seigneur du mal

   Frane descendait le flanc de la Montagne de la Mort vers Cocorico, un flacon de poison en main. Il savait où était s’était cachée la princesse d’Hyrule. Une fois arrivé dans le petit village, il alla dans la maison dont la cave servait de cachette pour Zelda et ses domestiques. Deux soldats gardaient l’endroit. Voyant que l’homme qui venait dans le refuge n’était pas un ennemi, ils le laissèrent entrer. La nuit étant tombée, ceux qui s’y trouvaient s’étaient assoupis. La fille de Daphnes était étendue sur un tapis qui lui servait de lit de fortune. À ses côtés se trouvait une gourde remplie d’eau. La marionnette de Ganondorf en dévissa lentement le goulot. Au moment où il s’apprêtait à y verser les quelques gouttes que contenait sa fiole, une voix le héla :

   - Halte ! Ne bouge plus !

   C’était un des gardes qui s’était aperçu de son mouvement, juste à temps d’ailleurs. Se demandant ce que Frane pouvait bien faire la nuit dans la cachette de la princesse, l’homme d’arme l’avait discrètement suivi. Le combattant attrapa le flacon que tenait à la main le participant à la Chasse et le renifla. Il grimaça.

   - C’est du poison, dit-il à l’intention de son compagnon, qui l’avait suivi après avoir entendu des éclats de voix. Va chercher notre commandant. Je resterai ici avec lui. Demain matin, lorsque Zelda se réveillera, elle décidera de son jugement. Il a bien voulu l’empoisonner…

***

   Une fois Frane parti, Ganondorf embarqua dans son vaisseau, accompagné de son plus fidèle serviteur Gwalit ainsi que de Luryo. Il vola en direction du château d’Hyrule, devant lequel il atterrit. La citadelle semblait avoir été désertée. Avant de passer aux choses sérieuses, le seigneur du mal devrait d’abord se construire une forteresse. Il débarqua de son engin, laissant les deux autres derrière lui. Il avança en direction du palais royal, puis ferma les paupières. Le diadème d’or qu’il portait au front se mit à briller. Ses lèvres remuèrent comme pour prononcer une incantation. Il plaça alors les deux bras devant lui : un puissant faisceau de lumière en émana, pour venir se fracasser contre la résidence de la famille royale. Le mur avant du bâtiment s’affaissa dans un fracas. Le maître des ténèbres répéta ce manège plusieurs fois, jusqu’à ce que le château ne soit plus qu’un champ de ruine. Il tourna alors les paumes de ses mains vers le sol. Un profond cratère se forma devant lui. Le creux se remplit alors de lave. Une grande tour émergea de la roche en fusion. Le Gerudo pénétra par son entrée principale. Il créa derrière lui une puissante barrière d’énergie, que personne hormis lui et ses sbires ne pouvaient franchir, même avec un objet divin. Lors de son séjour dans l’Outre Monde, il avait appris ne nombreuses nouvelles choses en magie noire : il mettait ses pouvoirs en pratique. Ganondorf revint vers le vaisseau qu’il avait laissé derrière lui, et le posa au sommet de la tour. De là, il avait une vue imprenable sur le royaume qui serait bientôt le sien…

***
   
   Zelda fut interloquée d’apprendre que Frane avait voulu l’empoisonner. C’était un homme qui avait toujours eu une bonne réputation auprès de la population. Mais en l’observant, la princesse avait constaté qu’il n’était pas dans son état normal. Il était quelquefois étrangement immobile et ses yeux jetaient des regards paniqués. La fille de Daphnes se dit qu’il était simplement contrarié de s’être fait prendre sur le point de verser du poison dans sa gourde. Elle avait vu la mort de près. Et si c’était lui qui avait assassiné son père ? On n’avait toujours pas retrouvé le meurtrier du roi d’Hyrule. La colère gagna la princesse.

   Accompagnée de Naec ainsi que de plusieurs de ses gardes personnels, elle fit venir Frane devant elle. Ce dernier regardait furtivement de gauche à droite. Zelda s’approcha de lui. Elle lui demanda :

   - Tu as voulu me tuer, le nierais-tu ?

   - N… non, princesse, articula difficilement le chauve.

   La fille de Daphnes resta silencieuse un moment, avant de reprendre :

   - Tu as assassiné mon père, le nierais-tu ?

   - Non…

   Du haut de sa tour, Ganondorf, qui était témoin de la scène par son esprit, esquissa un sourire.

***

   Gwalit s’approcha du seigneur des ténèbres.

   - Que comptez-vous faire, maintenant ? le questionna-t-il. Vous pourriez m’envoyer tuer le gamin ? Cela me ferait tellement plaisir….

   - Chaque chose en son temps, siffla le Gerudo entre ses dents. Pour l’instant, j’ai mon plan en tête…


11-La fin des Sages

   Le maître du mal s’arma de son épée magique et endossa une cuirasse. Il descendit en bas de sa tour. Ganondorf arriva au Grand Marché – ou plutôt ce qu’il en restait, car plusieurs maisons avaient été rasées et un incendie faisait encore rage dans certains bâtiments. Seul le Temple du Temps était resté en parfait état. Le seigneur des ténèbres ne pouvait s’en approcher. Une force mystérieuse l’en empêchait.

   Le souverain de l’obscurité se rendit à la plaine Hyrule. Une fois arrivé dans la vaste étendue d’herbe, il prit la direction du Ranch Lon Lon. Son propriétaire, Talon, fut surpris de l’apercevoir. Apeuré à l’idée de devoir subir son courroux, il lui offrit aussitôt quelques rubis pour n’importe lequel de ses chevaux. Le Gerudo choisit l’équidé le plus farouche qu’il trouva. Lorsqu’il quitta le ranch, le père de Malon poussa un soupir de soulagement.

   Le maître des ténèbres posa une main sur l’encolure de sa nouvelle monture. Son pelage devint aussi sombre que du charbon. Sa crinière se colora d’un rouge flamboyant. Le cheval s’ébroua. Un éclat malveillant jaillissait de ses yeux. Ganondorf avaient maintenant deux équidés à sa disposition. Celui qu’il venait d’acquérir était beaucoup plus vigoureux que son ancien. Il garderait tout de même ce dernier, au cas où il arrivait un quelconque incident à l’autre.

   Le seigneur du mal nomma sa monture Ybiv (ce qui signifiait «feu» en langage ancien). Il grimpa sur le dos de la créature. Le souverain de l’obscurité partit au galop en direction du territoire des Gerudos. On avait réparé le pont qui traversait la vallée qui jetait son eau dans le lac Hylia. Ganondorf arriva au Repaire des Voleurs. Il descendit du dos de son cheval. Les femmes à la chevelure rousse qui circulaient aux alentours de la forteresse se prosternèrent aussitôt devant lui en l’apercevant. Le maître des ténèbres les somma :

   - Qu’on m’amène votre commandante, Nabooru ! Immédiatement !

   Une guerrière s’avança vers Ganondorf. Elle dit d’une voix tremblante :

   - Elle… elle se trouve au Colosse du Désert.

   Sans leur adresser un mot de plus, le prince de l’obscurité prit la direction de l’étendue de sable. On lui ouvrit immédiatement la porte qui y menait. La tempête qui faisait habituellement toujours rage dans le désert s’était calmée depuis que les puissances nébuleuses avaient été chassées du Temple de l’Esprit. Le maître des ténèbres arriva à l’oasis où une immense statue avait été taillée dans le lac. Il pénétra dans le lieu qui avait jadis abrité les sorcières Koume et Kotake.

   La commandante des Gerudos était recroquevillée dans un coin de la pièce. Elle semblait être endormie. Le seigneur du mal savait qu’elle ne voudrait plus jamais s’allier à lui. Elle ne lui était plus d’aucune utilité. Au contraire, elle était la Sage de l’Esprit qui avait aidé les autres Sages à l’envoyé vers le monde des damnés. Elle était donc une traîtresse. Le seigneur du mal s’approcha d’elle sans faire de bruit. Il dégaina son arme, avant de l’abaisser brusquement pour le planter dans le dos de Nabooru.

***

   Ganondorf essuya la lame ensanglantée de son épée avec un peu du vêtement de sa victime avait de quitter l’endroit. Une fois le désert parcouru, il s’arrêta devant le Repaire des Voleurs. Les femmes aux cheveux roux qui y circulaient le regardaient à la fois avec intérêt et inquiétude. Le maître des ténèbres déclara d’une fois forte :

   - Votre commandante est morte. Désormais, je serai votre seul et unique chef. Si jamais vous apercevez un jeune homme à la tunique, veuillez m’en informer immédiatement et capturez-le avant de l’amener à mon château. Est-ce bien clair ?

   Les Gerudos acquiescèrent dans un murmure. Le prince de l’obscurité revint vers Ybiv et le monta. Il traversa le pont qui passait par-dessus la vallée qui se déversait dans le lac Hylia, puis partit de la plaine d’Hyrule vers la forêt Kokiri. Pour parvenir au village où avait grandi Link, il dut débarquer de la selle de la monture et ramper dans le tronc d’arbre creux qui y menait.

   Lorsque les enfants accoutrés de vert l’aperçurent, ils se précipitèrent d’aller se réfugier dans leur demeure respective en poussant des cris paniqués, tremblant de tous leurs membres. Seule Saria eut le courage de faire face au seigneur du mal. Elle resta cependant à bonne distance de lui, connaissant la puissance qu’il possédait.

   - Que voulez-vous et comment avez-vous fait pour traverser la barrière magique qui entoure cet endroit ? demanda le Sage d’une voix qu’elle voulait assurée.

   - Lors de ma dernière ascension au pouvoir, il y a de cela quelques années, je n’aurais jamais été capable de me rendre jusqu’ici. La force de votre stupide Arbre Mojo était trop forte comparée à celle que je possédais à l’époque. Mais votre maître spirituel s’est éteint. Maintenant, c’est un ridicule petit bourgeon qui vous protége. Je suis beaucoup plus puissant qu’autrefois. Il ne pourra rien faire contre moi…

   Ganondorf laissa entendre un bref ricanement. Il balaya les alentours du regard.

   - Auparavant, de toute façon, je ne m’intéressais que très peu à cet endroit. Or, maintenant, je désire éliminer tous les Sages. J’ai déjà abattu Nabooru, et je compte à présent en finir avec toi. Je sais que tu entretenais de bonnes relations avec Link. Ta mort le rendrait malheureux. C’est mon but…

   La jeune fille aux cheveux verts affichait une mine apeurée. D’un ton qu’elle voulait agressif, et lança :

   - Tu ne pourras jamais m’atteindre, vil personnage. Les déesses sont de mon côté !

   - Tu penses me faire peur ? fit le maître des ténèbres en s’esclaffant. Bientôt, je serai aussi puissant, sinon plus que les divinités elles-mêmes. Fais tes adieux à ce monde…

   Saria ferma les yeux. Se concentrant, elle envoya un message télépathique au héros :

   Link… Ganondorf va me tuer… fais attention… il va aussi abattre tous les autres Sages… agis avant qu’il ne soit trop tard…

   Après, plus rien.

***

   Le prince de l’obscurité se rendit au Village Goron. Ses habitants le regardèrent du coin de l’œil alors qu’il se dirigeait vers l’endroit où se trouvait leur chef, Darunia. Ils n’osaient pas subir sa colère. Le seigneur du mal entra dans le passage qui menait à la pièce du Sage du feu. Ce dernier, surpris, le dévisagea d’abord. Puis, il demanda d’une voix rauque :

   - Je peux faire quelque chose pour vous?

   Le Gerudo répondit d’un ton moqueur :

   - Si vous pouvez faire quelque chose pour moi ? Mais bien sûr que vous… Je voudrais que vous me donniez votre vie.

   Darunia déglutit.

   - On ne pourrait pas avoir un arrangement ? le questionna-t-il.

   - C’est certain. Vous me livrez votre vie et je laisse celle de votre peuple sauve.

   Le Goron resta silencieux un moment. Il déclara finalement :
   
   - Dans ce cas, par amour pour mon peuple, je me sacrifierai. Mais vous êtes un fourbe homme.

   Le maître des ténèbres dégaina son épée.

***

   Ganondorf prit la direction du Domaine Zora (la glace qui la couvrait auparavant était fondue). Plus que trois Sages à abattre et plus personne ne pourra aider Link à la renvoyer dans l’Outre Monde. Il venait d’éliminer le chef des Gorons devant ses fidèles, qui avaient été scandalisés par la scène mais surtout horrifiés. Tous étaient restés silencieux quand le seigneur du mal avait quitté le village. Ils le considéraient comme un individu sans scrupule. Par la suite, la plupart s’étaient réfugiés dans les sombres profondeurs de la Caverne Dodongo, où ils pensaient être plus en sécurité que dans leur village. Mais ils se doutaient bien que des monstres viendraient bientôt envahir leurs grottes.

   Le prince de l’obscurité pataugea dans une flaque d’eau avant d’arriver à l’endroit où habitaient les êtres mi-hommes mi-poissons. Les quelques Zoras qui l’aperçurent se précipitèrent d’aller voir leur princesse, pour l’avertir de la présence d’un étranger à l’allure lugubre dans son territoire. Ruto était assise à la place où était naguère placé son père du temps que Link avait vaincu le maître des ténèbres, ce dernier s’étant éteint il y avait de cela peu de temps. L’héritière au trône avait beaucoup grandi depuis sa dernière rencontre avec le héros – qui remontait déjà à plusieurs années. Elle avait depuis longtemps laissé tomber l’idée de le marier. Son chemin avait croisé celui d’un charmant jeune mâle de son espèce, et elle s’en était éprise. L’élu de son cœur s’appelait Edalic. Il avait à peu près le même âge qu’elle. Il avait tout d’abord était surpris d’apprendre qu’il allait être le prochain souverain des Zoras, mais il s’était vite fait à l’idée. Leurs fiançailles devaient avoir lieu bientôt. Pour l’instant, le prince était allé prendre une marche à la Fontaine Zora. Il ne se doutait pas de ce qui l’atteindrait à son retour.

   Ruto sursauta lorsque le Gerudo se présenta devant lui. Elle se retourna comme pour vouloir aller chercher Edalic, mais Ganondorf la stoppa d’un geste.

   - Inutile de demander de l’aide, elle ne te servirait à rien, souffla-t-il.

   Il agrippa le pommeau de son épée et la pointa devant lui. La princesse se releva vivement. Le seigneur du mal s’approcha d’elle. Alors que sa lame était tout près de la gorge de la Zora, une voix se fit entendre derrière lui :

   - Vous touchez une seule fois ma bien-aimée et vous allez le payer.

   Edalic bondit. Il tenait dans sa main droite un court poignard. Mais il agit trop tard. Il n’atteignit pas le prince de l’obscurité. Ce dernier s’était volatilisé. À l’endroit où il se trouvait quelques instants auparavant était étendue la dépouille inanimée de Ruto.

***

   Le maître des ténèbres savait où elle pourrait trouver Impa. Elle était toujours dans l’entourage de la princesse d’Hyrule. Ganondorf l’aperçut tapie dans l’ombre, dans un coin du Village Cocorico. La Sheikah étant quelqu’un de très agile, elle pourrait facilement glisser entre les doigts du Gerudo. Il devrait la prendre par surprise. Le seigneur du mal s’approcha sans faire de bruit de la nourrice de Zelda.

   - Je t’ai vu, fit-elle alors. N’essaye pas de te cacher.

   Elle tourna la tête en sa direction.

    -Mon peuple, poursuivit-elle, a des sens et des pouvoirs hors du commun. Je connais la raison de ta visite ici. Je ne te laisserai pas m’éliminer aussi facilement que tu le crois.

   Elle baissa vivement le bras, et disparut dans un flash aveuglant de lumière. Impa apparut dans le dos du prince de l’obscurité. Elle profita de son instant d’inattention pour l’attaque à l’aide d’une dague à la lame ondulée. Or, lorsqu’elle voulut planter l’arme dans le corps du maître des ténèbres, une force mystérieuse l’en empêcha. Le Gerudo se retourna lentement, un sourire sardonique accroché aux lèvres. Sans qu’elle n’ait le temps de réagir, comme si ses mouvements étaient paralysés, la Sage de l’Obscurité sentit une épée se planter dans son abdomen. Sa vue s’embrouilla. Elle sombra dans un sommeil dont elle ne se réveillerait jamais.

   «La fille de Daphnes est maintenant sans protection», pensa Ganondorf, fier de ce qu’il avait accompli.

   Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un autre Sheikah prendrait la relève d’Impa.

***

   Il ne restait plus au prince de l’obscurité qu’à éliminer un Sage : Rauru. Or, c’était le plus puissant de tous. Dernier représentant des anciens Sages, il était l’architecte du Temple du Temps. Le maître des ténèbres pourrait le trouver dans la Chambre des Sages, endroit uniquement accessible par un portail magique. Une force magique l’empêchant d’emprunter le vortex se trouvant dans l’endroit où Link avait jadis acquis l’Épée de Légende, il devrait lui-même créer un passage interdimensionnel.

   Le seigneur du mal réussit tant bien que mal à établir un contact entre les deux mondes. Rauru fut extrêmement surpris de le voir apparaître. Il fronça ses sourcils blancs hirsutes. L’incompréhension se lisait dans sa figure. Mais il retrouva vite sa contenance. Réalisant le danger qu’il courrait en ce moment, le Sage de la Lumière leva immédiatement une paume en direction de Ganondorf. Un puissant faisceau de lumière en jaillit. Le Gerudo l’évita de justesse. Un pan de sa cape fut brûlé par le rayon. Une fumée grise en monta. Le prince de l’obscurité poussa un puissant grognement avant de foncer devant lui. Rauru étant assez corpulent, il ne put esquiver le coup, et il dut l’encaisser. Il s’affala de tout son long au sol. Le maître des ténèbres leva sa lame et empala le pauvre vieillard, qui poussa son dernier soupir.

   Et voilà, il avait abattu le dernier Sage. Maintenant, plus personne ne pourrait s’opposer à lui – sauf si elle possédait Excalibur, mais elle avait été détruite après que le seigneur du mal eût était vaincu grâce à elle (bien sûr, Ganondorf ignorait ce qui se passait du côté de Link, et c’est ce qu’il croyait. La Chambre des Sages de contenant plus les Médaillons, il ne servait plus à rien d’y rester. Le Gerudo revint à Hyule. Il grimpa sur Ybiv, qui partit au galop en direction du nouveau repaire de son maître. Ce dernier descendit de son cheval, avant de pénétrer dans sa tour sombre.


12-Révélation

   Frane fut enfermé dans une petite pièce faisant partie du passage creusé sous la Montagne de la Mort, surveillé par deux soldats. Zelda se trouvait complètement au fond du tunnel, où elle avait passé la nuit. Elle était terriblement inquiète pour Link, encore plus qu’elle ne l’avait été durant la Chasse. Cela faisait une nuit entière qu’il n’avait pas reparu, et elle savait qu’il lui ferait signe si jamais il en était dans la mesure de le faire. Avait-il été capturé par le prince de l’obscurité ? Assise par terre, adossée à un mur de pierre, elle regardait fixement le sol, plongée dans ses esprits.

   Naec vint s’installer à ses côtés. Il attendit que la princesse remarque sa présence pour prendre la parole :

   - Avant que vous me le demandiez, non, nous n’avons pas retrouvé Link. Par contre, nous avons trouvé un curieux petit sanglier qui tentait de s’introduire ici. J’espère qu’il ne s’agit pas d’un espion de Ganondorf… De toute façon, nous n’avons pas laissé entrer l’animal.

   Son regard s’assombrit.

   - Pour revenir au maître des ténèbres, j’ai une bien mauvaise nouvelle pour vous. Votre château a été de nouveau rasé, comme c’était le cas il y a quelques années. À sa place se dresse une immense tour de pierre noire. Hier soir, elle ne se trouvait pas là. J’ignore comment le seigneur du mal a fait pour construire cela en une seule nuit…

   Le soldat affichait un faciès inquiet.

   - Je sais que les temps sont sombres, mais je veux que vous sachiez que je serai toujours là pour vous, princesse.

   Pendant un instant, la fille de Daphnes crut voir un éclat briller dans le regard du commandant. Ce dernier détourna le regard et s’éloigna.

   En fait, Naec était confus quant aux sentiments qui l’animaient. À chaque fois qu’il s’entretenait avec Zelda, son pouls s’accélérait et il devenait nerveux. Mais il savait que le cœur de la princesse appartenait à Link. Elle lui avait déjà confié qu’elle s’était éprise de lui. Le soldat était jaloux du garçon.

   La jeune femme avait remarqué son geste. Elle éprouva un certain malaise en constatant que son plus fidèle guerrier était peut-être tombé amoureux d’elle. Le commandant était un homme charmant. À peine plus âgé qu’elle (il venait tout juste de fêter ses vingt-trois ans), il arborait des traits fins et une chevelure dorée. Il était svelte et fortement bâti. Néanmoins, de ses yeux azurés emmenait une douce lueur céruléenne, ce qui attirait la princesse.

   Elle demeura silencieuse un long moment. Quelquefois, Naec lui jetait des coups d’œil rapide, et leurs regards se croisaient. La fille de Daphnes songea à Link. Il n’était que son ami, après tout. Ils n’avaient jamais entretenu une relation intime. Zelda n’avait pas à se sentir coupable si elle aimait tout d’un coup le soldat.

   Comme il le faisait à chaque heure environ, la recrue vint lui faire un compte-rendu de ce que lui rapportaient les hommes sous son commandement. Il s’approcha d’un pas hésitant de la jeune femme. D’une voix chevrotante, il déclara :

   - Tout est… tout est correct à l’extérieur…

   Il toussota nerveusement.

   - Rien d’inhabituel ne m’a été signalé, excepté ce que je vous ai déjà dit.

   La princesse le fixa dans les yeux. Naec aperçut une flamme danser dans son regard. Essayant de ne rien laisser paraître de son malaise, il annonça :

   - Je vais continuer mon tour de garde devant l’entrée de cette pièce. On ne sait jamais ce qu’il pourrait arriver…

   Au même moment, sans avertissement, la fille de Daphnes plaqua violemment ses lèvres contre les siennes. Ils échangèrent un langoureux baiser. Lorsqu’ils se séparèrent, ils étaient dans un état folâtre.

   - Je crois qu’on peut se tutoyer, maintenant, fit Zelda avec un sourire.

   - Je ferai tout ce que vous voudrez, princesse, la taquina le commandant.

   Il lui fit un clin d’œil amusé. La recrue tourna la tête vers l’entrée de la pièce.

   - Je dois maintenant continuer ma garde. On se revoit dans une heure !

   Ils s’embrassèrent de nouveau. Dans leur ébat, ils ne virent pas une forme obscure pénétrer dans le refuge, avant que Naec ne revinsse se poster à la porte de la petit pièce.


13-Du côté de Kuy et d'A'guì

   Kuy arriva, essoufflé, sous la tente dans laquelle A’guì l’attendait impatiemment depuis un bon moment déjà. Il avait repris sa forme humaine. Voyant son faciès inquiet, l’indigène le questionna :

   - Et puis ? As-tu Luryo et Link ? Sais-tu ce qu’ils font ? Luryo au moins…

   L’Onoadien secoua la tête à la négative.

   - Je n’ai vu ni l’un ni l’autre. Par contre, j’ai une petite idée quant à l’endroit où ils pourraient s’être cachés, mais je ne peux y accéder, car il y a quelqu’un qui m’empêche de s’y introduire.

   - Mais pourquoi se cacher ? demanda l’autochtone, fronçant les sourcils. Ils sont certainement dans l’incapacité de venir nous chercher. Ils ne nous auraient pas laissé seuls ici. Enfin… j’espère…

   Elle changea de sujet :

   - Sais-tu pourquoi tant de monstres se sont rués dans la forêt ?

   - Je n’en ai pas la moindre idée, avoua l’homme-animal. J’ignore pourquoi ces créatures qui se promènent un peu partout sont là et pour quelle raison elles étaient si pressées à envahir les bois.

        Il s’assit par terre, imité par A’guì. Un silence s’insinua entre eux.

   - Pourquoi nous as-tu suivi dans le tourbillon qui permettait de se rendre dans notre monde ? demanda finalement l’indigène, posant la question qui lui brûlait les lèvres. Tu n’avais apparemment aucune raison de le faire. Tu avais l’air bien, dans ta petite maison.

   - Comme tu as pu le constater, Onoa essuie les assauts incessants des minotaures, répondit celui qui habitait cette cité. A chaque fois, je vois la mort de près. Je dois continuellement me cacher pour échapper au trépas. Et puis… je n’ai aucun ami là où je vie… Qui plus est, je suis orphelin. Mes parents sont décédés alors que j’étais âgé de seulement douze ans. J’ai appris à me débrouiller seul. Mais je n’ai jamais osé socialiser avec les autres Onoadiens. Une occasion en or s’est présentée à moi lorsque toi et Luryo êtes pénétrés par hasard dans ma demeure. Vous vouliez revenir dans votre monde. Et moi, je voulais quitter le mien…

   Voyant qu’il semblait tourmenté, l’autochtone ne l’importuna pas plus.

        - Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? fit-elle. Ma tribu a été décimée. Mon père et mort. Personne d’autre que Link et Luryo ne me connaissent vraiment ici, et ils demeurent introuvables, ou du moins inaccessibles. Et pour couronner le tout, une panoplie de monstres a décidé de se placer sur notre route…

   Elle soupira.

   - En attendant, tu pourrais me décrire comment est ce monde, proposa Kuy. Tu as l’air de t’y connaître un peu plus que moi. Même si je l’ai un peu parcouru, je n’en connais pas encore grand-chose. C’est donc ça, Hyrule ? Lorsque je suis arrivé dans votre dimension, j’ai été ébahi par la beauté de la nature. Les arbres sont différents de ceux que l’on retrouve à Onoa. Ils sont plus petits et beaucoup plus diversifiés. Comment est divisé le territoire ? Lorsque je suis parti à la recherche des deux garçons, j’ai constaté qu’il y avait une plaine qui menait à divers endroits. Je ne suis entré que dans le village où un soldat m’a bloqué l’accès à un passage souterrain. Je ne comprenais rien à ce que les gens disaient. Et toi ? Tu es donc une indigène ? Raconte-moi tout !

   L’autochtone commença par lui expliquer que le royaume, gouverné par le pouvoir royal – dont le dernier représentant, Daphnes Nohansen II, était décédé – était séparé en plusieurs parties. Elle lui décrit le Ranch Lon Lon, le Grand Marché, le village Kakariko, la Montagne de la Mort, le Domaine Zora, les Bois Perdus, le Bosquet Sacré, la forêt Kokiri, le lac Hylia, le territoire Gerudo ainsi que tous les autres lieux qu’elle avait vu à travers le globe de cristal qui lui permettait de voir au-delà de la forêt (malheureusement, la tente de son père- le coffre contenant la sphère translucide se trouvant à l’intérieure – avait était engloutie sous plusieurs tonnes de pierre). Puis, elle lui raconta l’histoire de son peuple, celle du royaume, ainsi que d’autres choses plus ou moins importantes, jusqu’à ce que le soleil se mît à décliner dans le ciel. Bientôt, il fit totalement noir sous le gourbi. Kuy et A’guì tombèrent rapidement dans les bras de Morphée.

   Au matin, c’est la lumière de l’astre solaire qui les réveilla. Ils se rendirent bien vite compte que la faim leur tenaillait l’estomac. Ils jetèrent un coup d’œil à l’extérieur du gourbi. Il ne semblait pas y avoir de monstres aux alentours immédiats. Sous sa forme bestiale, l’homme-animal se risqua hors de l’abri. Il revint, ayant récupéré son aspect humain, avec quelques petites baies sauvages dans le creux de sa main.

   - Est-ce comestible ? demanda-t-il à la jeune femme à la peau d’ébène.

   Cette dernière acquiesça.

   - Eh bien, nous allons devoir nous contenter de cela, car c’est tout ce que j’ai trouvé, fit l’Onoadien en partageant le frugal repas avec sa compagne.

   Une fois les fruits engloutis, ils se mirent à discuter de ce qui allait s’ensuivre.

   - Nous n’allons quand même pas attendre indéfiniment ici que Luryo et Link reviennent, dit Kuy. Nous devrions partir ici et aller chercher de l’aide. Peut-être qu’on nous indiquera où se trouve ceux qu’on cherche ou, qui sait ! nous le croiserons sur notre chemin.

   Ils se mirent d’accord pour se mettre en route vers la plaine d’Hyrule, à partir d’où ils choisiraient la direction qu’ils prendraient. Ils trouvèrent une courte épée ainsi qu’un dague dans la tente où ils avaient dormi. Ils se mirent rapidement en marche. A’guì connaissant bien les Bois Perdus, ils atteignirent la vaste étendue herbeuse en quelques minutes seulement.

   - Regarde ! s’exclama soudain l’homme-animal en pointant du doigt quelque chose devant lui. Il y a une tour sombre, là-bas. Elle ne se trouvait pas à cet endroit hier seulement !

   L’autochtone suivit le regard de son compagnon. Où se trouvait normalement le Château d’Hyrule – où elle avait été témoin de nombreuses scènes, grâce au globe de cristal qui lui permettait de faire voyager son esprit partout où elle voulait dans le royaume – se dressait effectivement une haute construction faire de pierres noires. Elle n’augurait rien de bon pour la jeune femme à la peau de macassar. Une faible lumière scintillait à son sommet.

***

   Ganondorf avait aperçu les deux jeune gens regarder en sa direction. Il avait aussitôt détecté qu’ils avaient déjà été en contact avec Link, et il y avait de cela peu de temps. Une idée germa dans son esprit. Se concentrant, il leur envoya par la pensée le désir incontestable de venir vers sa tour. Par la suite, ils pourraient les maintenir sous sa domination.

***

   Kuy se tourna tout à coup vers l’indigène.

   - Viens, fit l’Onoadien, peut-être que nous trouverons de l’aide à cette tour.

   A’guì voulut contester, mais elle en fut incapable. À la place, elle hocha faiblement la tête. Ils avancèrent vers la sombre construction. Lorsqu’ils arrivèrent à sa base, ils virent que le maître des ténèbres les attendait. Étonnement, l’autochtone ne fit aucun geste pour s’enfuir. Elle tentait de lutter, mais cela ne donnait rien. En fait, elle n’avait plus aucun contrôle sur ses mouvements. Tous les muscles de son corps se raidirent. Elle vit simplement un vaisseau se poser non loin de l’endroit où elle se trouvait. Sans qu’elle ne puisse rien faire, elle y embarqua. Le seigneur des ténèbres les posa au sommet de son antre.


14-Un dur retour

   Lorsque Link revint à lui, une affreuse migraine lui oppressait le crâne. Il crispa la mâchoire et resta recroquevillé sur lui-même pendant de nombreuses minutes. Lorsque la douleur se calma un peu, il se dressa sur son séant. Il put constater qu’il était jusqu’alors étendu au centre du Temple du Temps, où se trouvait le dessin de la Triforce. Le héros fut alors prit d’un étourdissement. Il se recoucha sur le sol de pierre froid jusqu’à son état soit redevenu normal, avant de s’asseoir de nouveau.

   Il voulut faire un geste pour chasser une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux, quand il poussa un cri. Sa main était peinturée de tatouages insolites ! Et maintenant qu’il y pensait, sa vue était beaucoup plus perçante qu’avant ! Le garçon jeta un coup d’œil à sa son corps. Lui qui ne portait pas de chandail jusqu’alors, il était maintenant accoutré d’une tunique sombre ! Il posa alors la main sur un objet métallique qui était posé au sol à côté de lui. Sa surprise fut encore plus grande quand il constata qu’il s’agissait d’une épée au manche pareil à celui que possédait Excalibur, mais dont la lame était torsadée !

   Une voix résonna soudain dans son esprit :

   - C’est moi, Link Noir, qui te parle. Nos esprits ont fusionné. Nous sommes maintenant une toute nouvelle  personne. Nous sommes Oni-Link…

   Le jeune homme demeura interdit.
   
   - Non ! Ça ne se peut pas ! Sors de mon corps ! Non…! Je…

   Il voulut éclater en sanglots, mais il en fut incapable.

   - Calme-toi, fit sa parcelle d’ombre. À deux, nous serons beaucoup plus puissants qu’à toi seul. En fait, j’ai le même but que toi : je veux éliminer Ganondorf. Et ne t’en fais pas… Tu disposes de beaucoup plus de contrôle sur ton propre corps et sur ton esprit que toi. Je ne serai que là pour te guider… et parfois, si tu me le permets bien sûr, nous pourrons jumeler notre force pour augmenter en puissance.

   Par la suite, ça prit longtemps à Link – ou devrait-on dire Oni-Link - pour s’habituer au fait qu’il n’était maintenant plus totalement maître de lui-même et qu’il partageait son enveloppe physique et mentale avec une autre entité. En réalité, il ne s’y habitua jamais vraiment. Mais nous verrons cela plus tard…

   Le héros finit par se lever et fit quelque pas vers l’entrée du Temple du Temps. Il se rendit compte que sa force s’était accrue avec son changement de corps. Il pouvait aisément manier l’arme qui lui aurait semblé lourde s’il aurait été dans sa personne normale. C’est alors qu’une question lui passa par la tête. Il se demanda si c’était bel et bien l’Épée de Légende qu’il tenait en main. Avant qu’il ne puisse formuler l’interrogation à voix haute, sa sombre moitié répondit :

   - Oui, il s’agit en effet d’Excalibur. Elle s’est intégrée dans une autre lame qui avait une plus grande portée. J’ignore personnellement pourquoi elle a pris cet aspect.

   Oni-Link quitta le Temple du Temps. Il observa son reflet dans une petite flaque d’eau au sol. Il avait beaucoup changé physiquement. Son visage était peinturé de lignes et de symboles rouges et bleus. Ses yeux étaient gris, presque blancs. Ses cheveux avaient pris une teinte pâle. Comment la princesse réagirait en l’apercevant ainsi ? Alors qu’il songeait à Zelda, Link Noir s’interposa :

   - Nous avons autre chose à faire que de songer à l’amour. C’est un sentiment inutile. Notre mission – c’est-à-dire vaincre le maître des ténèbres – est beaucoup plus importante. Je ne supporterais pas de me voir dans les bras de quelqu’un.

- Mais…, voulut rétorquer le héros, mais il jugea préférable de se taire.

   Le garçon leva les yeux au ciel. C’est à ce moment qu’il aperçut la sombre tour qui se dressait à l’endroit où était supposé se trouver le Château d’Hyrule.

   - C’est là que se terre le seigneur du mal, l’informa sa partie obscure.

   Le jeune homme espérait qu’il n’était rien arrivé à la princesse. La seule idée que le prince de l’obscurité l’ait kidnappée et lui ait fait du mal le fit gronder de colère.

   - Si ton amour pour elle peut provoquer ton courroux, j’aime mieux ça, dit à la blague la parcelle d’ombre de Link, mais celui-ci n’était pas d’humeur à rire.

   - On ne peut vraiment rien te cacher, grommela le héros.

   Il se rendit au Grand Marché. Il voulut prendre la direction de l’antre de Ganondorf, mais Link Noir lui recommanda de ne pas trop s’en approcher pour le moment. Le garçon choisit donc de se diriger vers la plaine d’Hyrule. L’endroit qui lui semblait le plus normal où aller pour le moment était le village Cocorico, où les habitants de la citadelle s’étaient probablement réfugiés. Peut-être en saurait-il plus sur ce qui s’était passé durant son absence. Il ne savait pas cela faisait combien de temps qu’il était parti.  Il marcha donc en direction de la petite cité.

   - J’espère seulement que les gens ne seront pas trop effrayés en m’apercevant, murmura-t-il.


Suite plus bas...
« Modifié: 23 mai 2011 à 20:23 par Supersigo »

Hors ligne Supersigo

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Voilà encore la suite de la fic. ^^

15-L’exil

   Oni-Link pénétra dans le village Cocorico. À cette heure matinale, personne ne circulait dans la petite ville. Une maison attira particulièrement son attention, car elle était surveillée par un soldat de la garde royale. Le jeune homme s’approche lentement du guerrier. Ce dernier sursauta en l’apercevant. Le combattant pointa la lance qu’il tenait en la direction du garçon.

- Qui êtes-vous et que faites-vous si tôt à l’extérieur? Il est dangereux de…

   Il interrompit sa phrase en voyant la gigantesque lame torsadée que le héros portait en bandoulière.
   
   - Je suis Link, fit celui-ci en réponse à sa question, et… en fait, je me demandais si vous pouviez me dire ce qui s’est passé depuis… disons… mon départ… Écoutez, savez-vous ce qui est arrivé à la princesse Zelda ? Car son château est complètement disparu et… à la place… il y a une grande tour sombre qui abrite… le seigneur du mal…

   Le soldat avait arqué un sourcil. Après un bref moment de silence, il dit :

   - J’ignore d’où vous tenez tous ces renseignements, mais je peux affirmer que vous n’êtes pas Link. Ce garçon a une moins forte carrure que la vôtre et ne se vêtit pas comme vous le faites. Quant à la princesse… elle est en sécurité, ne vous en faites pas pour elle, mais l’endroit où elle se cache doit rester confidentiel. Maintenant, je vous demanderais de quitter ce village. Vous n’êtes décidemment pas Hylien, et vous risqueriez d’effrayer les gens qui vous apercevront.

   Le jeune homme s’exclama :

   - Je vous le jure ! Je suis Link ! Amenez Zelda devant moi, et elle vous le dira. Je sais que j’ai beaucoup changé, mais c’est la partie obscure de mon corps qui a fusionné avec la bonne. Et puis…

   - Ne m’obligez pas à employer la force, le coupa le guerrier en élevant la voix. Je vous ordonne de quitter ce lieu immédiatement. Je ne le répéterai pas deux fois.

   Profondément déçu de la tournure qu’avait pris la situation, mais au moins soulagé d’apprendre que la fille de Daphnes était en sécurité, le héros conclut :

   - Vous ferez savoir à la princesse que je m’inquiète pour elle. Je serai… je serai à la Montagne de la Mort, si elle me cherche.

   - Je passerai le message, fit le soldat. Maintenant, partez s’il vous plaît.

   Oni-Link partit donc et grimpa péniblement la pente de l’éminence rocheuse, jusqu’à-ce qu’il trouve une cavité dans son flanc. Elle était à peine assez grande pour qu’il ait pu s’y coucher.

   - Je crois que nous devrons nous contenter de ça, pour passer la nuit, du moins, dit Link Noir dans sa tête.

   Le garçon entra dans son nouveau refuge et s’adossa à son rempart froid. Il était maintenant isolé du reste du monde, exilé. Il sentit les larmes lui monter aux yeux.

   - Allez, soit fort, essaya de l’encourager sa sombre moitié. Une fois Ganondorf vaincu, je pourrai quitter ton corps et tu redeviendras normal. Mais pour se confronter au maître des ténèbres, il faudra se préparer en conséquence.

   Le jeune homme resta longtemps recroquevillé dans le triste abri. Lorsqu’il fut un peu remis de ses émotions, il fut pris de l’envie d’aller jeter un coup d’œil au Village Goron. Ses habitants étaient-ils au courant que le prince de l’obscurité était revenu au pouvoir pour semer de nouveau le chaos en Hyrule ? Si ce n’était pas le cas, il fallait avertir Darunia. Le héros se rendit à la cité des créatures de pierre. Quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre que le vénérable chef de la tribu et Sage du Feu avait été tué par le maître des ténèbres ! Les Gorons étaient en colère. Oni-Link se hâta de quitter leur village pour ne pas les contrarier.

   Sur son chemin de retour, il croisa quelques araknons, qu’il faucha de sa puissante épée. Décidemment, rien n’allait plus dans le royaume. Le mal était inexorablement de retour. Il lui faudrait être prudent durant la nuit à venir.

   Le garçon revint au refuge qu’il avait trouvé et s’assit sur un petit rocher qui s’y trouvait.

   - Comment allons-nous nous préparer pour faire face à Ganondorf ? demanda-t-il à Link Noir. Je n’aurai qu’à aller à sa tour et le confronter, non ?

   - Non, justement, répondit sa partie obscure. Ça ne suffit pas. Le maître des ténèbres s’est entouré et en entouré sa tour d’un puissant halo d’énergie, que personne hormis lui – et les gens qu’il veut bien – ne peut pénétrer. Même avec la nouvelle Excalibur, tu ne pourrais jamais l’atteindre. En vérité, j’ignore pour l’instant comme on va faire pour l’abattre. Je sais que sa puissance s’est accrue depuis votre dernière confrontation. C’est de la magie très noire qu’il maîtrise. Comment ai-je appris tout cela, tu dois te demander ? Je tiens ces renseignements du monde des ombres. Bref, pour l’instant, il nous faudra nous entraîner très vigoureusement pour être prêt pour le combat final. Et il faudra que tu apprennes à manipuler ta nouvelle magie.

   Le jeune homme fronça les sourcils.

   - Ma… magie ?

   - Oui, ta magie, répéta sa sombre moitié. Il te faudra maîtriser les pouvoirs de la Triforce du Courage, que tu as encore en toi. Ainsi, peut-être que tu pourras vaincre le seigneur du mal.

   - Et quels sont ces pouvoirs ? demanda le héros.

   - Lève le bras gauche et pointe-le devant toi, en direction du rempart du refuge, fit Link Noir.

   - Quoi ?

   - Fais ce que je te dis !

   Link obtempéra. Il n’avait rien à perdre à faire ce que sa partie obscure lui disait.

   - Maintenant, poursuivit cette dernière, ferme les yeux et concentre-toi très fort. Tente de canaliser ton énergie dans le bras que tu as levé.

   Le garçon sentit un léger picotement dans sa main gauche, puis une curieuse force se concentrer au bout de ses doigts.

   - Maintenant, libère ton énergie ! s’écria sa sombre moitié.

   Le jeune homme s’exécuta. La démangeaison dans sa main disparut et il entendit un bruit d’explosion. Son énergie diminua quelque peu, et il sentit ses jambes défaillir. Il ouvrit les paupières. Devant lui, dans la pierre, se trouvait un cratère fumant.

16-La reconstruction de la Porte

   Les quelques survivants indigènes de l’effondrement de la Porte de la Triforce – car oui, il y en avait, contrairement à ce que croyait A’guì - s’étaient mis, sous les yeux étonnés des soldats qui avaient pris soin des blessés, à dégager les débris de la clairière du Bosquet Sacré et à les réunir dans un énorme monticule. Puis, fragmentant les plus gros morceaux, ils s’étaient mis à les placer les uns par-dessus les autres où se trouvait auparavant les énormes volets de pierre, les collant ensemble grâce à un savant mélange de résine d’arbre et de plantes. Ils avançaient à un rythme effréné. En moins d’une journée, nul ne savait comment ils s’y étaient pris, mais pas moins que le quart de la porte avait été rapiécé.

   En fait, la majorité des autochtones croyaient toujours à la prophétie de Hulma, et il leur fallait à tout pris reconstruire la colossale construction qui était apparue du jour au lendemain au milieu de la clairière. Pour eux, c’était les déesses qui leur avaient offert un cadeau, et il fallait à tout pris qu’ils en prennent soin. Étrangement, aucun monstre ne venait les importuner. Était-ce là l’œuvre d’une grâce divine ?

   Les soldats les observaient exécuter leur tâche avec à la fois admiration et appréhension. Plusieurs des individus à la peau d’ébène n’étaient pas du tout dans l’état de besogner, mais ils le faisaient quand même. La plupart des combattants finirent par quitter l’endroit, voyant que les indigènes ne couraient aucun danger, mais il resta toujours quelques guerriers à les surveiller.

   Au bout de quatre jours, le travail de reconstruction était presque achevé. Les autochtones ne prirent pas le soin de dormir : ils s’acharnèrent toute la nuit à terminer ce qu’ils avaient commencé. Pour placer les plus hauts morceaux, ils grimpaient sur la Porte avec une agilité remarquable, avant de redescendre avec la même aisance. Enfin, aux premières lueurs de l’aube, la dernière pierre fut posée. Les hommes et femmes noirs se mirent à chanter et à danser. Ils s’exaltèrent toute la journée. Les soldats qui se trouvaient là les considérèrent avec amusement, et même certains d’entre eux firent la fête avec eux. Puis, on se prépara pour passer la nuit. Les autochtones se fabriquèrent des abris de fortune.

   Le lendemain, ils préparèrent une cérémonie pour leur défunt chef qui était mort après l’effondrement des volets gigantesques et pour sa fille, qu’ils croyaient être aussi décédée – ce qui n’était pas le cas, mais ce qui était proche de l’être. On entama des chants liturgiques. Par la suite, on enterra la dépouille du commandant avec toutes les solennités nécessaires.

   Il fallait désormais élire un nouveau meneur. Celui qui fut choisi pour remplacer le père d’A’guì était relativement jeune. Il s’appelait Ele’aw. Il parenté avec l’ancien chef – de loin, certes, mais il était dans sa famille éloignée.

   Les indigènes revinrent peu à peu habiter la forêt. Ils y construirent une nouvelle bourgade, et récupérèrent les quelques objets en bons états qu’ils avaient découverts dans les décombres de leur ancien village. Les derniers soldats hyliens quittèrent l’endroit, voyant que la situation y était revenue dans l’ordre. On ne leur porta plus beaucoup d’attention par la suite…


17-Entraînement

   Oni-Link ouvrit péniblement les yeux. Tous ses muscles étaient endoloris. Cela faisait presque une semaine qu’il s’entraînait sans répit. Mais sa partie obscure lui affirmait qu’il s’habituerait à ce conditionnement. Pour l’instant, il pratiquait surtout son endurance au combat et sa souplesse. Avec l’aide de sa sombre moitié, il avait aménagé un petit espace dans son refuge où il avait installé un mannequin grossièrement taillé dans la pierre de la montagne et d’autres cibles du même genre. Le héros avait quelque peu agrandi son abri à l’aide du sort que lui avait enseigné Link Noir – le seul qu’il connaissait pour le moment. Pour pratiquer son archerie, il allait à l’extérieur de la petite grotte et visait des araknons avec des ses flèches de lumière et d’ombre – car il avait découvert qu’il avait transporté son arc ainsi qu’un carquois contenant différents types de traits avec lui en revenant du monde la Triforce. Il s’améliorait de jour en jour.

   Le garçon s’accroupit. Il venait de faire un drôle de rêve ; non pas celui dans lequel il évoluait toujours avant son premier face-à-face avec Ganondorf, car il ne faisait plus ce songe depuis que celui-ci était devenu réalité : le jeune homme s’était vu au-dessus d’un coffre, tenant de ses deux mains un bouclier de couleur dorée. Il ne s’inquiéta pas pour son équilibre mental, car il divaguait souvent, la nuit, à des choses qui n’avaient aucun sens.

   Il réfléchit aux évènements qui s’étaient déroulées précédemment. Le temps où il avait abdiqué au trône d’Hyrule lui semblait remonter à plusieurs années. Or, cela ne remontait qu’à seulement environ deux semaines ! Il pensa à toutes les aventures qui l’avaient mené jusqu’où il était maintenant. Le rappel de sa rencontre avec «Frodnonag» le fit sourire, ce qu’il n’avait pas fait depuis longtemps. Une question lui tritura alors l’esprit. Link Noir était-il son contraire dans le monde de la Trifoce, à la manière de la version gentille du maître des ténèbres ? Sa partie obscure lui répondit :

   - Eh oui, j’étais ta mauvaise version, ton «Knil» si tu préfère. Étant donné qu’en temps normal, tu es quelqu’un de bien, j’étais très méchant. Mais en ce moment, tu as une plus grande maîtrise de toi que moi, comme je te l’ai déjà dit. Ma méchanceté s’est aussi un peu altérée lors de mon arrivée dans cette dimension. C’est pour cela que je parais peut-être assez aimable avec toi. Car tu es moi. Je ne suis pas pour être méchant avec ma personne propre.  Envers autrui, toutefois, je me montre impitoyable.

   Link demanda :

   - Cela veut dire que nous pourrions fusionner la bonne version du seigneur du mal avec lui-même ?

   - Je n’avais jamais pensé à ça…Voilà peut-être la clé de notre victoire sur le prince de l’obscurité ! Et, grâce aux flèches d’ombre, nous pourrions l’anéantir complètement. Mais pour réussir cela, il faudrait réussir à attirer Ganondorf dans le monde de la Triforce. Je ne suis même pas sûr qu’il pourrait franchir la barrière qui sépare la dimension. Néanmoins, ça faudrait le coup d’essayer. Pour le moment, cependant, il te faut être prêt à l’affronter. Allez, debout ! Il est temps pour toi de t’entraîner !

   Le héros poussa un soupir, mais il obéit quand même sur-le-champ, car il savait que ce n’était pas pour rien qu’il se conditionnait physiquement. Avant qu’il ne se dirige vers le mannequin de fortune d’un pas las, sa sombre moitié lui dit pour lui remonter le moral :

   - Ne désespère pas ! Si tu continues à t’exercer avec le même rythme, je pourrai commencer à te montrer quelques-uns des sortilèges que j’ai appris dans le monde des ombres dans moins d’une semaine.

   Encouragé par l’idée de manier de nouvelles formes de magie, le garçon se mit à frapper la pierre qui lui servait de mannequin de son épée torsadée. L’écho métallique qu’il produisait se répercutait dans toute la montagne. Ça ne dérangeait pas les Gorons, bien au contraire, car le bruit éloignait les créatures nuisibles qui infestaient de plus en plus leur territoire. À Cocorico, cependant, les gens commençaient à être ennuyés. Or, personne n’osait importuner le jeune homme.

   Sous l’éminence rocheuse, le vacarme était à son comble. La princesse était exaspérée.

   - Mais qu’est-ce qui peut bien produire ce bruit ? questionna-t-elle un jour Naec, qui venait dans sa direction.

   La recrue l’embrassa tendrement avant de répondre :

   - Un de mes subalternes m’a annoncé qu’un énergumène qui prétendait s’appeler Link – mais qui ne lui ressemblait pas du tout, semblait-t-il – était venu s’installer à la montagne il y a de cela quelque jours. C’est certainement lui.

   - Quoi !? s’exclama Zelda. Pourquoi ne m’as-tu pas avertie avant ?

   Le commandant lui fit signe de se calmer.

   - Je viens tout juste d’apprendre la nouvelle. Tu  ne comptes tout de même pas venir à la rencontre cet individu ? Écoute le bruit qu’il fait ! Il pourrait être dangereux!

   - Et si c’était vraiment lui ?

   Une larme perla la joue de la fille de Daphnes. Son amant lui jeta un regard désemparé.

   - Mais… pourquoi, pleures-tu, ma chérie ?

   Le soldat essuya le pleur de sa bien-aimée du revers de sa main.

   - Cela fait presque une semaine que je n’ai pas eu de nouvelles de lui, fit la princesse. Je m’inquiète énormément pour lui. J’espère qu’il n’est pas mort. Je tenais beaucoup d’affection envers lui. De plus, il est un des trois possesseurs du triangle sacré. S’il advenait qu’il mourût, nous ne pourrions probablement jamais venir à bout de la tyrannie de Ganondorf. Naec, il est le héros qui nous a tous sauvé il y a de cela quelques années. Je ne veux pas le laisser tomber.

   Le commandant demeura longuement silencieux. C’est la princesse qui rompit l’absence de paroles échangées :

   - C’est décidé. J’irai immédiatement à la rencontre de la personne qui se terre dans la montagne.

   - Immédiatement !? Tu courrais un grave danger si tu irais seule à l’extérieure. Je ne te permettrai pas de risquer ta vie.

   - Ne tente pas de me retenir !

   - Dans ce cas, j’irai avec toi, se décida la recrue.

   Ensemble, ils se mirent en route vers le refuge qui abritait Oni-Link. Ils ne se doutaient pas de la surprise qu’ils allaient avoir…


18-Une dure réalisation

   Le héros pratiquait maintenant son archerie sur les araknons qui commençaient à pulluler sur le Chemin du Péril quand une voix le héla. Il crut d’abord que c’était sa sombre moitié qui voulait attirer son attention, mais le bruit venait de derrière lui. Soudain, une des bestioles qu’il pourchassait bondit en sa direction. Il leva vivement son arc, et décocha un trait en sa direction. L’insecte géant s’écrasa au sol. Pour s’assurer qu’il était vraiment mort, il le tira une nouvelle fois d’une de ses flèches. Or, le projectile dévia et vint se ficher dans un mur de roche, à quelques centimètres seulement… du visage de la princesse d’Hyrule. Celle-ci poussa un cri de surprise, sursautant. Naec la couvrit d’un bras protecteur. C’est alors qu’il aperçut le garçon.

   Lorsque le regard de Zelda et celui du jeune homme se croisèrent, la jeune femme à la chevelure dorée resta sans voix pendant un instant. Puis, elle demanda en balbutiant :

   - Link… est-ce… est-ce bien toi ?

   Ce dernier prit un moment à Link pour répondre :

   - Oui, c’est moi, même si ça peut être difficile à croire. Tu te demandes probablement comment j’ai pu changer autant en si peu de temps. Si tu le permets, je te raconterai ce qui m’est arrivé depuis que je suis disparu, il y a presque une semaine.

   La fille de Daphnes fit quelques pas en sa direction. Son amant posa une main sur son épaule.

   - Tu est sûre que c’est véritablement le Héros du Temps ? Il n’a que bien peu de points en commun avec celui que j’ai connu, si ce n’est que son épée et la tunique qu’il porte.

   - Oui, je sais que c’est lui. Je le vois dans son regard.

   - Veux-tu que je te laisse seule avec lui ?

   - Eh bien… oui… il me ne confierait peut-être pas certaines choses si tu venais avec moi.

   - Sois prudent, alors…

   La recrue alla chercher un baiser sur ses lèvres, puis il s’en fut vers Cocorico.

   C’est alors que le garçon comprit que le soldat s’était épris de la princesse, et que celle-ci l’aimait aussi. Sa séparation avec A’guì avait déjà ouvert une plaie en lui. Elle s’était peu à peu cicatrisée, mais cette fois, elle se rouvrit. Le jeune homme serra fortement le pommeau de son épée. Il dit à faible voix :

   - Va-t-en, Zelda.

   - Que... quoi ? bredouilla celle qu’il avait sommée.

   - Va-t-en, je t’en prie.

   Confuse, la fille de Daphes se retourna lentement et, déçue de la réaction qu’elle avait eu sur Link, elle descendit le flanc de la Montagne de la Mort d’un pas indécis, jusqu’à disparaître du champs de vision du héros.

   Le garçon lâcha son arc et alla se réfugier dans son abri de fortune. Il ne pouvait tolérer de voir toutes celles dont il tombait amoureux dans les bras d’un autre homme. Il avait toujours sur que la princesse avait un petit faible pour Naec, mais il croyait que ce désir s’était évanoui lors de leur dernière discussion, à la fin de laquelle ils avaient bien failli s’embrasser. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il essaya de se retenir, mais il en fut incapable. Il laissa pendant un moment libre cours à ses sentiments. Sa partie obscure jugea mieux de ne pas faire de commentaire.

   La rage qui sommeillait en lui s’éveilla alors. Il essuya furtivement ses pleurs du revers de sa main. Il se leva et vint se placer devant ce qu’il appelait son «mannequin», ce qui n’était qu’en vérité une grossière pierre rappelant vaguement la forme d’un humanoïde. Empoignant «Excalibur des Fées», c’est-à-dire sa longue lame torsadée, il la leva au-dessus de lui et l’abaissa avec vigueur en laissant entendre un cri de colère. Le choc fut si puissant que la roche se sectionna en deux morceaux.


19-L’Union d’Hyrule

   Cela avait pris quelques jours à Zelda pour se remettre de ses émotions. Elle avait décidé d’oublier Link, pour le moment du moins. Le commandant avait essayé de la consoler, mais il n’y avait rien à faire. La princesse pleura de temps en temps, à intervalles toutefois de plus en plus longues. Naec se dit que le temps arrangerait les choses. Au moins, ils n’entendaient plus l’écho métallique fatiguant provenant de la montagne.

   Tapie dans l’ombre, une forme obscure les épiait (car, ne l’oublions pas, elle était pénétrée dans le refuge quelques journées auparavant, lorsque le couple avait eu le coup de foudre). Il s’agissait en fait du Sheikah qui prenait la relève d’Impa, après que celle-ci soit trépassée. Le nouveau protecteur de la famille royale portait le nom de Yujan. Il était l’un des derniers représentants de sa race ; contrairement à ce que la majorité des Hyliens pensaient, quelques-uns d’entre eux vivaient encore à des endroits qui étaient inconnus de tous sauf eux. Celui qui faisait partie du peuple de l’ombre ne faisait que surveiller la fille de Daphnes ; il ne prêtait pas grande attention à ses discussions avec les autres personnes. Tant qu’elle serait là, le mal ne pourrait jamais l’atteindre…

***

   Après sa malheureuse rencontre avec Zelda, Oni-Link s’était mis à s’entraîner beaucoup plus fort qu’avant. Il était résolu d’abattre Ganondorf le plus rapidement possible. S’il sauvait pour une nouvelle fois Hyrule, il pourrait peut-être reconquérir le cœur de la princesse. Enfin, c’est ce qu’il s’imaginait… Maintenant qu’il avait appris à contrôler son épée et ses flèches et à maîtriser sa force, le héros pouvait s’attaquer à la magie. Pour ce faire, Link Noir lui montrait certaines incantations, qu’il pratiquait le plus souvent qu’il pouvait.

   Le premier sortilège autre que la boule d’énergie que lui enseigna sa partie obscure fut le maniement de feu. Grâce à une concentration suffisante, le garçon pouvait faire apparaître une flamme à l’endroit qu’il voulait, tant que c’était dans son champ de vision. S’il le voulait, il pouvait même contenir le flamboiement dans le creux de sa main, et il pouvait ensuite projeter la matière brûlante devant lui. Au début, il se brûla de nombreuses fois, mais ses blessures se refermèrent étonnement rapidement. En quelques jours à peine, l’élément n’avait plus de secrets pour lui.

   Vint par la suite l’apprentissage de la magie du vent. Grâce à des incantations, le jeune homme put envoyer une bourrasque devant lui et faire lever une brise. Il réussit aussi à former des tourbillonnements d’air semblables à des petites tornades. Avec beaucoup d’efforts, il parvint à demeurer quelques secondes en suspension dans les airs. Cette partie de la magie fut maîtrisée en aussi peu de temps que le feu.

   L’eau et la terre vinrent subséquemment. Oni-Link apprit à faire lever des rochers du sol et à contrôler l’onde. Une journée de pluie, il s’entraîna à l’extérieur. C’était le moment idéal pour mettre ses dons en pratique. En moins de deux semaines, la magie élémentaire était maîtrisée. À la fin, en combinant par exemple les forces de l’air et de la terre, il put faire lever un nuage de sable du sol, ce qui lui serait peut-être d’une utilité à un moment donné. Sa sombre moitié lui conseilla d’utiliser ses pouvoirs avec modération lors du combat final avec le prince de l’obscurité, sinon il épuiserait toute son énergie. Le héros devrait canaliser ses forces sur le combat de corps à corps et l’archerie.

   Ils touchèrent un peu à la magie noire, mais très légèrement. Le garçon apprit uniquement à contrer certains pouvoirs maléfiques et à projeter des nuages d’obscurité. Entre ses leçons de sorcellerie, le jeune homme continuait à faire de l’exercice pour garder sa forme.

   Près de trois semaines s’étaient écoulées depuis les retrouvailles entre Link et Zelda qui s’étaient mal terminées. Un jour, Link Noir dit à sa bonne partie :

   - Voilà, je t’ai enseigné tout ce que je savais sur la magie. Maintenant, il te faut attendre le bon moment d’agir et te pratiquer. Il faudra trouver une façon d’attirer le maître des ténèbres dans la dimension du triangle sacré. Ganondorf a été bien calme ces temps-ci. Je suppose qu’il est en train de préparer quelque chose. Il faut s’attendre à tout…

   Le lendemain fut une journée semblable à toutes les autres. Le héros ne se décidait pas à entreprendre de se rendre à la tour du seigneur du mal. Le surlendemain fut similaire. Cependant, la journée d’après, le garçon fut surpris de voir un jeune Zora apparaître à l’entrée de son refuge. Il tenait absolument à s’entretenir avec lui. Ne sachant pas à quoi s’attendre de lui, le jeune homme accepta sa demanda. Il fit entrer l’homme-poisson dans son rudimentaire abri.

   Son invité affirma s’appeler Edalic. Oni-Link fut surpris de constater qu’il faisait face au prince des Zoras, mais il ne laissa pas paraître son étonnement.

   - Je viens vous voir pour vous annoncer que ma défunte amante Ruto, la Sage de l’Eau est morte. Elle a été assassinée par Ganondorf il y a près d’un mois. Ça m’a prit tout ce temps pour décider à venir vous voir et vous trouver, fit l’homme-poisson.

   Le héros resta stupéfait.

   - C’est étrange car, environ au même moment, le Sage du Feu, le vénérable Darunia, aussi vu le trépas, informa-t-il Edalic. J’espère qu’il n’est pas arrivé la même chose aux autres anciens gardiens des Médaillons.

   - Vos inquiétudes ne sont pas vaines. J’ai appris que pas uniquement eux, mais bien tous les Sages ont été éliminés, fit ce dernier d’un air triste.

   Le garçon resta béat. Quand il se décida à parler, ce fut pour demander :

   - Saria… Saria est-elle comprise dans ce monde ?

   - Hélas ! soupira l’héritier au trône du Domaine. Et Rauru aussi…

   Un silence malaisé prit place entre eux. Au bout d’une minute, le jeune homme questionna celui qui était venu le voir :

   - Merci de m’avoir averti. C’est de bien tristes nouvelles que vous m’apprennez là.

   - Les temps n’ont jamais été aussi sombres, approuva le Zora. Mais je ne voulais pas m’entretenir avec vous uniquement pour cela. Une rumeur circule que le maître des ténèbres préparerait une immense armée. Je comptais former une grande alliance entre toutes les nations du royaume pour s’opposer au mal, l’Union d’Hyrule. Notre peuple s’est déjà allié aux Gerudos ainsi qu’aux Hyliens. Les Gorons vont sûrement s’ajouter au nombre. Mais il faudrait avoir quelqu’un à notre tête. Et nous avons décidé que ce serait vous.


20-La Marque des Dragons

   Constatant l’immense honneur qu’on lui faisait en le nommant à la tête de tous les peuples d’Hyrule, Oni-Link demeura longuement silencieux. Puis il dit :

   - Je suis honoré qu’on m’ait choisi parmi tous ceux qui auraient pu diriger votre alliance. Par contre, je ne crois pas posséder les compétences nécessaires. Naec, le commandant de tous les soldats du royaume, lui, les a.

   Il laisse échapper un soupir.

   - Je réfléchirai à votre proposition. Je vous répondrai… disons… demain, si ça vous convient.

   - Ça me va.

   - Voilà, vous n’avez rien d’autre à me faire part ?

   Edalic répondit à la négative.

   - Dans ce cas, vous pouvez partir.

   - Je serai au Village Cocorico, si vous me cherchez.

   Oni-Link commença à ôter sa tunique sombre, car il avait chaud. Le Zora s’apprêtait à partir, lorsqu’il se retourna vivement et s’exclama :

   - Mais c’est la Marque des Dragons que vous avez là ! Vous êtes décidemment la personne qu’il faut à notre tête.

   Le héros examina son corps. Sur le devant de son abdomen, même s’il avait changé de corps, se voyait encore la trace du coup de griffe de Proekath, et semblait-il, dans son dos, la lacération du dragon pourpre.

   - La Marque des Dragons ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? C’est vrai que j’ai été touché par deux reptiles volants, mais qu’est-ce que cela a qui vous impressionne tant ?

   L’amant de la défunte Ruto expliqua :

   - Chez les Zoras, une prophétie dit que «celui qui possédera la Marque des Dragons aidera à éradiquer le mal d’Hyrule, lorsque le moment sera venu».

***

   Au sommet de la tour de Ganondorf, A’guì, Kuy et Luryo se tenaient immobile, sous l’emprise du maître des ténèbres, qui les avaient laissé là une heure auparavant. L’autochtone avait été heureuse d’apercevoir son bien-aimé, mais étant dans l’incapacité de bouger, ils ne pourraient rien faire s’il advenait quelque chose à l’ombre. Ils échangeaient des regards inquiets, leurs yeux étant leur seul organe mobile. Kuy se tenait un peu plus loin, se demandant comment il pourrait se libérer du joug du seigneur du mal qui guidait chacun de ses gestes.

   Soudain, il eut une idée. S’il adoptait sa forme bestiale, peut-être pourrait-il retrouve le contrôle de son corps ? Il tenta le coup. A son grand soulagement, il se transforma en marcassin sans difficulté. Lorsqu’il reprit son enveloppe humaine, l’Onoadien pouvait à présent bouger à son gré. Il se délia les jambes et s’étira un long moment. Puis, lorsque l’engourdissement de ses muscles diminua, il alla jeter un coup d’œil à Luryo et à A’guì. Comment les libérer eux aussi ? Ils n’avaient pas la capacité de se métamorphoser en animaux. Le jeune homme se dit qu’il descendrait en bas de l’antre du prince de l’obscurité pour aller chercher de l’aide et qu’il reviendrait ensuite à son faîte pour les retrouver.

   L’homme-animal s’approcha du couple et leur dit en chuchotant son plan. L’Hylien et l’indigène clignèrent des yeux. L’ancien habitant d’Onoa prit ce geste pour un acquiescement. Il les salua. Adoptant son corps de sanglier, il se mit à chercher un quelconque escalier qui lui permettrait de se rendre à l’étage inférieur. Il trouva finalement des marches qui, constata-t-il, descendaient en spirale tout en bas de la tour. Les monstres qu’il croisa ne lui prêtèrent pas grande attention, croyant qu’il s’agissait d’une créature de leur maître qu’ils n’avaient pas encore vue. Kuy atteignit sain et sauf la base de l’antre de Ganondorf. Il traversa sans s’en apercevoir la barrière qui l’entourait. Heureusement, on pouvait quitter facilement l’enceinte du repaire du maître des ténèbres, mais on ne pouvait faire l’inverse.

   L’Onoadien arriva au Grand Marché. Il était inutile de chercher de l’aide ici, car il n’y avait plus aucune âme qui y vivait. Il se rendit donc au Village Cocorico, sachant qu’à cet endroit, il y avait de la vie. Il aperçut deux gardes qui surveillaient l’entrée d’une maison. Reprenant sa forme humaine, il se précipita vers eux.

   - Aidez-moi ! s’exclama-t-il. Deux de mes amis ont été hypnotisés par le seigneur du mal et se trouvent maintenant coincés au sommet de sa tour. Il s’agit de Luryo et d’A’guì. J’ignore si vous les connaissez…

   L’homme-animal se rendit alors compte que le soldat ne comprenait rien à ce qu’il disait. Il était vraiment mal pris…

***

   Frane reprenait peu à peu ses esprits. Une migraine atroce l’accablait. Il se demandait ce qu’il lui était arrivé. Il avait beau poser la question aux soldats qui surveillaient sa cellule rudimentaire, ceux-ci demeuraient silencieux.

   - Je vous en prie…, soufflait-t-il. Répondez-moi...

   Mais cela ne donnait aucun résultat. Un jour, Naec vint lui rendre visite. À la grande surprise du chauve, il débarra la porte de la geôle dans lequel il croupissait depuis plus de deux semaines et détacha les menottes qui lui liaient les poignets. La recrue s’expliqua :

   - On vient de m’apprendre que Ganondorf avait acquis le pouvoir de contrôler le corps d’autres gens. Présentement, tu sembles revenu à ton état normal. Néanmoins, nous te surveillerons de près. Tu as quand même essayé d’empoisonner la princesse d’Hyrule, même si tu ne le voulais pas…

   - Moi ? Mais… mais, je n’ai jamais fait cela ! fit Frane, confus.

   - C’est bien ce que je croyais. Tu n’en étais pas conscient. Maintenant, je t’accorde ta liberté. Tu ne dois révéler l’emplacement de cet endroit à personne. Tu seras escorté d’un soldat pendant un certain temps.

   - Merci… merci beaucoup…

   L’Hylien marcha lentement vers l’extérieur du refuge. Il fut soulagé de respirer de nouveau de l’air frais et les rayons du soleil sur son visage, lorsqu’il sortit de l’habitation du village Cocorico qui dissimulait la cachette de Zelda. Naec, quant à lui, vint voir la fille de Daphnes.

   - À partir de maintenant, lui dit-il, il te faudra ne faire confiance à personne, pas même à moi…

***

   Pendant près d’un mois, Ganondorf s’était affairé à préparer une immense armée de monstres qu’il allait envoyer dans le royaume pour tuer tous ses habitants. Sa tour était pleine à craquer de créatures toutes aussi terrifiantes les unes que les autres. Maintenant, il pensait à un plan d’attaque. Le maître des ténèbres avait eu vent de l’Union d’Hyrule. Il avait été choqué de constater que les Gerudos, faisant fi de ses menaces, n’avaient pas suivi ses ordres. Mais il allait s’occuper d’eux en temps et lieu. Bientôt, la terreur règnerait dans l’empire qui serait le sien.


FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE
« Modifié: 02 juillet 2011 à 19:46 par Supersigo »

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Et voilà, je ne suis pas encore certain si c'est vraiment la fin de la deuxième partie de la pentalogie, mais je l'annonce : la voici enfin achevée.  :) (au pire je rajouterai peut-être un chapitre après mais je vous avertirai).

Je ne crois pas que je vais entamer l'écriture de la troisième partie dans un futur proche, mais c'est sûr que c'est cette été (je tombe en vacances bientôt).

Étant donné que je ne reçois presque aucun commentaire, ça fait toujours plaisir d'en recevoir.

Et maintenant voici en grande primeur le titre de la prochaine partie de la pentalogie : The legend of Zelda : Master of Triforce.  :mokona:

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Bonne continuations je vient de là lire et je doit dire que tu as de imaginations débordante. :linkbravo:

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Tu es sûr que tu as tout lu? Car les deux premières parties doivent faire une bonne centaine de pages et doivent bien prendre quelques jours à lire. Mais bon si tu le dis.  :P

Merci quand même, même si j'aurais aimé un plus plus de critiques pour me perfectionner. x) Mais au moins tu as commenté. ^^

D'autres personnes veulent me dire des commentaires?  :D

Hors ligne Perce krane

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Nan, j'ai lu que la deuxième partie et sa ma prit du temps et c'est grâce a cette deuxième partie que je t'es choisi.

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Pour ceux qui ne comprennent pas j'aide Perce krane pour le scénario de son jeu. ^^

Sinon bah drôle de choix de commencer par la deuxième partie, mais si tu l'as aimée, tant mieux.  ^_^

EDIT : Je devrais changer le titre du topic, ça déforme la page d’accueil du forum.  :ninja:

Hors ligne Shield
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Re : Triforce Pentalogy Part II - The legend of Zelda : World of Triforce
« Réponse #14 le: 02 juillet 2011 à 09:07 »
Moi aussi je suis désolé, je voulais lire, mais c'est trop long et trop tout court pour que j'en aie le temps, tu me m'en voudras pas.
Tu ferais mieux d'arrêter l'écriture, et de te tourner vers la peinture impressionniste, tu aurais peut être plus de succès. Va demander conseil à Shigeru.


Bon, assez plaisanté.

J'aime bien le résumé des faits précédents au début du premier chapitre, même ayant lu la première partie, un brin de rappel n'est pas de refus et pour ceux qui débarquent, c'est pas la noyade.

La tournure des évènements est intéressante par la suite, les choses se décantent.

Ce qui m'a choqué, c'est avec quel sang-froid Link abat Adlez. C'est assez surprenant venant de lui, vu ce que j'ai pu comprendre sur sa personnalité jusqu'à présent (bien qu'il en éprouve des remords). Enfin, je sais pas, il y a quelque chose de maladroit dans ce monde Eluryh. D'ailleurs, j'ai une remarque assez marrante sur le Chant du Temps :
Citer
   - Voilà, je l’ai. Quelle mélodie dois-je jouer ?
   - Le Chant du Temps, évidemment.
HE NON ! Le Chant du Temps INVERSE !!! On n'est à Eluryh, espèce de Frodnonga.  :linkXD:

Ensuite, on a droit à de l'exploration d'un bon vieux donjon, j'ai eu du mal à y croire sur le coup x). Par contre, je regrette que cette partie est racontée de façon trop "mécanique". Quand au dernier boss, rien que la première ligne du chapitre 9 est évocatrice pour n'importe quel fan d'OOT qui se respecte ! Classique mais épique !

Après ça part en live, j'ai pas vraiment accroché.
Oni-Dark-Link lol.  :mrgreen:
Imagination débordante, tu l'as dis...  :P

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  - Voilà, je l’ai. Quelle mélodie dois-je jouer ?
   - Le Chant du Temps, évidemment.
HE NON ! Le Chant du Temps INVERSE !!! On n'est à Eluryh, espèce de Frodnonga.  :linkXD:

J'avais pas pensé, je devrais tellement changer cela!  :D

Comme d'habitude merci pour tes commentaires, ça fait toujours plaisir. Eh oui à partir de ce moment, j'ai un peu changé dans la façon d'écrire l'histoire, mais normalement ça redevient normal après quelques chapitres.  :P Pas grave si tu n'as pas accroché, je peux quand même pas être parfait.  :rolleyes: Mais oui c'est vrai que j'ai une imagination débordante.  B)

EDIT : J'ai changé pour le Chant du Temps inversé.  :linkXD:
« Modifié: 02 juillet 2011 à 18:29 par Supersigo »

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  • You've met with a terrible fate, haven't you?
Je relis par hasard ma fic... et je me rends compte que j'ai prédit ALBW des années en avance. B)
Je devrais devenir voyant. :P